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Commission Laurent : « 70 % du temps est alloué à la paperasse »

Un ourson en peluche à côté d'un affiche de la Commission Laurent.

La Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse sera à Sherbrooke jusqu'à jeudi.

Photo : Radio-Canada / Martin Bilodeau

Radio-Canada

Lors de son passage, mercredi, à la Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse (CSDEP), une intervenante de la DPJ Mauricie-Centre-du-Québec, Nathalie Pépin, a fait état de ses conditions de travail lors de son témoignage.

70 % de mon temps est alloué à de la paperasse, a-t-elle expliqué aux commissaires, en plaidant pour un meilleur soutien aux intervenantes.

Elle a expliqué être constamment préoccupée par des enjeux de sécurité et a déploré que, depuis 10 ans, aucun téléphone cellulaire ne lui ait été fourni par l'employeur. C’est mon téléphone personnel que j'utilise et je peux vous dire qu'il a fait le 911 souvent, a-t-elle précisé.

Une situation qui a suscité l'étonnement de la présidente de la commission, Régine Laurent. Je vais m'abstenir de commenter, ce serait disgracieux de ma part, s'est-elle exclamée.

Mme Pépin estime que la fusion des établissements publics de santé a amené une surcharge de travail. Il y a 10 ans, je n'étais pas dans l'état que je suis là, a-t-elle confié.

Les audiences de la commission se poursuivent mercredi à Sherbrooke.

D'autres intervenants prendront la parole en après-midi, dont Sylvain Bourdon, professeur titulaire de la Faculté d'éducation de l'Université de Sherbrooke. Des citoyens se feront également entendre, mais à huis clos pour assurer la confidentialité de leur identité.

Le Dr Poirier veut plus d’investissements dans la prévention

Le Dr Alain Poirier, directeur par intérim de Santé publique de l'Estrie, a réclamé quant à lui plus d’investissements dans la prévention de la part du gouvernement.

La moitié du budget de l’État actuellement va dans les soins et les services de santé. Dans cette moitié-là, c’est 98 % qui va dans les soins. Il faut avoir le courage d’en mettre un peu plus à l’intérieur du réseau pour des activités préventives, a expliqué le Dr Poirier lors d’une mêlée de presse.

Quand quelqu’un saigne, quand quelqu’un souffre, quand quelqu’un a besoin de soin, il faut le maintenir. On commence par les services et les soins. Mais dans une société riche comme la nôtre (...) il faut aussi avoir le courage d’investir en amont de la consultation, en amont de la salle d’urgence.

Dr Alain Poirier, directeur de Santé publique de l'Estrie par intérim

Selon M. Poirier, l’Organisation mondiale de la santé recommande que dans les systèmes de soin mettent au moins 5 % de leurs budgets pour la prévention. Lorsque j’étais au ministère, on était entre 3 et 4 %. On est moins que 2 maintenant, regrette le Dr Poirier.

Il faut avoir le courage d’investir en prévention, sans arrêter de soigner les gens.

Dr Alain Poirier, directeur de la santé publique de l'Estrie par intérim

La santé publique de l'Estrie souhaite protéger les agents de milieu

La prévention mais aussi le rôle essentiel des agents de milieu étaient au cœur du discours du Dr Poirier.

Des agents qui travaillent dans la communauté, qui prennent le besoin de la famille sans jugement pour accompagner les gens.

Présentement, il y a 19 agents de milieu en Estrie, mais les besoins réels ne sont pas chiffrés par la santé publique.

Interrogé par la présidente de la commission, Régine Laurent, le médecin a donné l'exemple d'un agent de milieu qui, pour favoriser l'estime de soi et le développement de jeunes immigrants, a trouvé de l'argent afin d'acheter des ballons de soccer.

Le Dr Alain Poirier, directeur par intérim de la santé publique de l'Estrie, a présenté un mémoire contenant 7 recommandations lors des audiences de la commission.

Mettre en place des conditions organisationnelles pour les enfants plus vulnérables et créer un fonds régional destiné au financement d'interventions prometteuses, par exemple un programme de scolarisation des mères, sont au nombre de ces recommandations.

Dre Irma Clapperton et Dr Alain Poirier.

La Dre Irma Clapperton, médecin en santé publique, et le Dr Alain Poirier, directeur de la santé publique de l'Estrie par intérim, à la commission Laurent

Photo : Radio-Canada / Martin Bilodeau

Le projet de pédiatrie sociale du CIUSSS de l'Estrie-CHUS

Deux pédiatres généraux du CIUSSS de l'Estrie-CHUS, la Dre Geneviève Beaulieu et le Dr Francis Livernoche, ont présenté plus tard en matinée leur projet pilote de pédiatrie sociale.

Depuis 2012, cette approche leur a permis de faire 1000 interventions auprès de 150 enfants.

Notre but, c'est de rejoindre les enfants vulnérables, de leur offrir des services que requièrent leurs conditions et de les amener par patience et bienveillance à intégrer le système, a expliqué le Dr Francis Livernoche.

Présentement, des pédiatres travaillent dans six écoles, ce qui permet d'évaluer l'environnement des enfants.

Régine Laurent.

La présidente de la Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse (CSDEP), Régine Laurent

Photo : Radio-Canada / Martin Bilodeau

Les commissaires entendaient parler pour la première fois, dans le cadre des audiences, de pédiatrie sociale en milieu scolaire. Un aspect que les pédiatres souhaitent développer.

Le Dr Francis Livernoche mentionnait que des discussions avaient aussi été entamées avec la DPJ pour que les pédiatres se positionnent comme filet de sécurité dans le suivi des patients.

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