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Un rapport révèle des lacunes dans la lutte contre le racisme à l'Université d’Ottawa

L'enseigne de l'Université d'Ottawa.

L'Université d'Ottawa.

Photo : Radio-Canada / Jean-Sébastien Marier

Radio-Canada

Un examen sur les règlements universitaires sur les membres des groupes racisés à l'Université d'Ottawa recommande plusieurs changements, y compris plus de formation pour le personnel de sécurité.

Le rapport émet trois recommandations dont recueillir des données sur la race des étudiants afin de mieux comprendre la composition de sa communauté et de mieux cerner les services dont ses membres ont besoin.

Le rapport de l'avocate en emploi de Toronto, Esi Codjoe, est le deuxième des deux rapports qui suivent le fichage et l'arrestation de l'étudiant Jamal Koulmiye-Boyce en juin et le fichage de l'étudiant et conseiller communautaire Wiliston Mason en septembre.

Mme Codjoe suggère que l'institution commence à collecter des données basées sur la race de ses élèves, à fournir plus de formation à ses agents de sécurité, y compris, sur des sujets se rattachant aux communautés marginalisées et à redéfinir ce qui caractérise une personne suspecte sur le campus.

L'avocate recommande également au personnel de sécurité d'avoir des cartes professionnelles pour qu'ils puissent facilement partager leurs coordonnées avec les étudiants interceptés.

L'an dernier, un gardien de sécurité a demandé à Wiliston Mason de s'identifier alors qu'il entrait dans le bâtiment où il vit et travaille.

Le jeune homme noir regarde la caméra devant l'entrée d'un pavillon de l'établissement.

Wiliston Mason, un étudiant de l'Université d'Ottawa en résidence, soutient avoir eu une confrontation avec un gardien de sécurité le 14 septembre 2019.

Photo : Radio-Canada / Matthew Kupfer

Honnêtement, j'y pense presque chaque fois que j'entre dans le bâtiment, a déclaré Mason.

L'étudiant en éducation se demande ce qui a mené le gardien de sécurité à l'arrêter. Il est âgé de 23 ans, mais a l'air plus jeune, soutient-il. Il est également un homme noir.

Ce n'est évidemment pas juste. J'ai littéralement rien fait de mal.

Une citation de :Wiliston Mason, étudiant

Le gardien de sécurité qui a arrêté M. Mason n’est plus employé à l’Université.

Les noms peuvent suggérer un biais

Mme Codjoe a examiné 426 rapports de sécurité de 2014 à 2019 et a constaté, sur la base des noms des personnes arrêtées, que la moitié n'était pas d'origine européenne occidentale traditionnelle.

La population racisée d'Ottawa représente 26 pour cent des étudiants, ce qui suggère que les minorités visibles pourraient être surreprésentés dans le nombre d'étudiants arrêtés par le personnel de sécurité, a-t-elle déclaré dans son rapport.

Elle note cependant que la population de l’Université d’Ottawa peut être plus diversifiée que la ville en général en raison du nombre d'étudiants internationaux.

Il est certain qu'il est important de voir ces chiffres, surtout compte tenu des données du recensement d'Ottawa, déclare Wiliston Mason.

Il a accueilli favorablement les recommandations de Codjoe, en particulier celle qui permettra d’identifier les agents, mais aussi la suggestion de se pencher sur le concept qui généralise le profil type de l'étudiant qui a droit d’être sur le campus.

Il n'y a pas de modèle ou de description d'ensemble qui correspond à ce qu'est un étudiant, a déclaré M. Mason. Je pense que cela doit être explicitement indiqué dans le rapport.

M. Mason garde espoir que les recommandations auront un impact si l'université les transforme en réel action.

Il a déclaré que bon nombre des mêmes points soulevés par l’enquêteuse Codjoe avaient été soulevés dans une lettre ouverte des étudiants en octobre qui, selon lui, n'a pas encore été traitée de manière adéquate.

Le président de l'Université d'Ottawa, Jacques Frémont, a déclaré mardi dans un communiqué que l'école accepte la conclusion du rapport de Mme Codjoe et est déterminée à poursuivre ses efforts pour lutter contre le racisme et la discrimination.

Jacques Frémont prend la parole derrière un lutrin avec derrière lui une toile comptant de nombreux logos de l'Université d'Ottawa.

Le recteur de l’Université d'Ottawa, Jacques Frémont.

Photo : CBC/Francis Ferland

En octobre, M. Frémont a réuni un comité consultatif pour un campus sans discrimination, dont messieurs Koulmiye-Boyce et Mason sont membres.

L'établissement d'études post-secondaire a également adopté des mesures provisoires pour limiter le fichage et a notamment offert une formation sur les préjugés à son personnel de sécurité.

L’avocate Codjoe a décrit les changements comme du bon travail, mais a dit qu'il y a encore place à amélioration.

RAPPORT : Service de la protection de l’Université d’Ottawa by Radio-Canada on Scribd

Avec les informations de Laura Glowacki

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