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Le chauffage au bois pour sauver l'industrie forestière

Bâtiments sous la neige.

Les 19 bâtiments du campus de Pointe-de-l'église de l'Université Sainte-Anne sont chauffés au bois.

Photo : Michael Gorman/CBC

Radio-Canada

Tandis que l’industrie forestière de la Nouvelle-Écosse tente de s’adapter à la mise en veilleuse de la papetière Northern Pulp, le chauffage au bois est présenté comme un débouché pour du bois inutilisé.

Un appel de soumissions a été lancé récemment pour l’installation de systèmes de chauffage dans six édifices publics qui seront alimentés avec du bois de qualité inférieure coupé dans la région.

Le ministère des Terres et des Forêts a dressé une liste d’une centaine d'édifices publics qui peuvent être convertis au chauffage au bois.

L’idée consiste à créer un nouveau marché pour le bois de qualité inférieure parce que l’usine Northern Pulp était, avant sa mise en veilleuse, le plus grand acheteur de bois à pâte et de copeaux de bois en Nouvelle-Écosse.

L’Université Sainte-Anne, à Pointe-de-l’Église, s’est convertie au chauffage au bois en 2009. Les bâtiments du campus sont chauffés avec des copeaux de bois. L'institution souhaitait ainsi économiser de l'argent, réduire son empreinte écologique et contribuer au développement économique local.

À l’époque, l’Université devait remplacer ses fournaises au mazout. Elle a investi 2,5 millions de dollars pour acheter un système de chauffage au bois fait sur mesure.

Un homme en gros plan.

Allister Surette est recteur de l'Université Sainte-Anne.

Photo : CBC

La conversion a entraîné des économies considérables. Le coût annuel du chauffage a diminué de 400 000 $ à environ 200 000 $, souligne le recteur et vice-chancelier Allister Surette.

La combustion des copeaux de bois produit une substance qui ressemble à de la cendre et qui peut servir d’engrais.

Les systèmes de chauffage faisant l’objet de l’appel de soumissions seront encore plus efficaces en raison des progrès technologiques. Ils produiront plus de chaleur avec la même quantité de bois, selon le ministère des Terres et des Forêts.

Appuyer l’économie à l’échelle locale

L’Université Sainte-Anne achète les copeaux de bois produits par une entreprise locale, Spec Resources, qui transforme du bois récolté dans la région, indique M. Surette.

Spec Resources est aussi un exemple de réinvention. L’entreprise exerce ses activités dans un bâtiment qui abritait autrefois un élevage de porcs. Son bâtiment peut contenir jusqu’à 1000 tonnes de copeaux, dont la majorité est destinée à l’Université Sainte-Anne.

La conversion du campus au chauffage aux copeaux de bois a entraîné des retombées économiques pour les 192 membres de la coopérative forestière Western Woodlot Services, dont les lots boisés sont gérés par l’entreprise North Range Forest Products.

Ce débouché pour les copeaux de bois est fondamental, explique Harold Alexander, de North Range Forest Products. Il estime qu’un quart des revenus de l’entreprise provient de l’entente conclue avec Spec Resources.

Un homme devant des arbres.

Harold Alexander, de North Range Forest Products.

Photo : CBC

Le comté de Digby est éloigné de la plupart des entreprises forestières de la province. Les marges de profit étant faibles, les coûts du transport peuvent facilement rendre inaccessibles certains marchés potentiels.

Mais puisqu’ils vendent du bois de qualité inférieure à une entreprise locale, Harold Alexander et son équipe peuvent faire le nécessaire en forêt pour favoriser la croissance d’arbres de meilleure qualité pour d’autres clients. La majorité du bois expédié à Spec Resources est transportée sur moins de 50 kilomètres.

Sans ce marché, North Range Forest Products ne pourrait faire des travaux d’éclaircissage en forêt, souligne M. Alexander. La totalité du bois que l’entreprise livre à Spec Resources provient de terres boisées locales, dit-il.

La papetière Northern Pulp achetait pour sa part quelque 700 000 tonnes de copeaux de bois par année. L’Université Sainte-Anne a utilisé 2515 tonnes de copeaux en 2019.

Les six projets annoncés par le gouvernement nécessitent de 300 à 2000 tonnes de copeaux chacun par année. C’est peu pour remplacer les achats de la papetière, mais si le changement au chauffage au bois gagne plus de terrain et inclut les hôpitaux, par exemple, Harold Alexander croit que de nouvelles occasions d’affaires se présenteront pour appuyer la diversification de l’industrie.

Avec les renseignements de Michael Gorman, de CBC

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