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De nombreux joueurs contre l'abolition des bagarres dans la LHJMQ

Un arbitre tente de les séparer.

Anthony Beauvillier des Cataractes de Shawinigan et Tyler Hylland de l'Armada de Blainville-Boisbriand se bousculent lors d'un match en 2015.

Photo : Getty Images / Minas Panagiotakis

Radio-Canada

La LHJMQ pourrait devenir le premier circuit junior majeur au pays (Ouest, Ontario et Québec) à complètement interdire les bagarres. Toutefois, selon ce que Radio-Canada a appris, plusieurs équipes, dont les Cataractes de Shawinigan, suggéreront plutôt de maintenir le statu quo lors du vote décisif de jeudi.

Les bagarres spectacles ont déjà été enrayées et une série de mesures sévères ont été prises pour mieux encadrer les débordements. Sans accorder d’entrevues à ce sujet, le directeur général Martin Mondou affirme que la priorité de son équipe et du circuit demeure la sécurité des joueurs et il se dit encouragé par les résultats des mesures déjà en place.

Le hockey, c’est un sport de contact et la bagarre a sa place, croit Vincent Arseneau, un ancien joueur des Cataractes.

L’athlète roule maintenant sa bosse dans la Ligue américaine de hockey. Il est encore prêt à jeter les gants pour s’assurer que l’on respecte ses coéquipiers. Selon lui, la LHJMQ ferait une grave erreur en abolissant les bagarres.

Le gars qui fait des coups salauds à répétition, il va lui arriver quoi? Il va écoper de cinq matchs de suspension? Tu n’as pas réussi à te faire respecter, la prochaine fois, il va peut-être faire la même chose. Je ne dis pas qu’une bagarre règle tout, mais le jeune va probablement y penser et dire : la prochaine fois, je vais faire plus attention.

Anthony Beauvillier, des Islanders de New York, partage cet avis, tout comme de nombreux joueurs et entraîneurs sondés par Radio-Canada mardi.

Deux joueurs de hockey se battent

Le joueur des Cataractes de Shawinigan Marty Doyle et son adversaire des Olympiques de Gatineau David Starenky se battent lors d'un match en 2004.

Photo : Getty Images / Andre Ringuette

Tommy Tremblay, lui, a jeté les gants plus d’une cinquantaine de fois chez les juniors. Il est maintenant recruteur pour les Huskies de Rouyn-Noranda. Autres temps, autres mœurs : l’aptitude au combat ne fait pas partie de sa grille d’évaluation. Dans ce circuit, il n’y a plus de joueur embauché spécialement pour se battre.

Évidemment, il y a des batailles d’adrénaline. Maintenant, la robustesse, ce n’est plus de jeter les gants. On va parler plutôt d’utiliser son corps pour séparer un joueur de la rondelle, utiliser [son énergie] pour jouer de façon plus dure. C’est la nouvelle réalité du hockey de la LHJMQ et de la LNH. C’est l’intensité des jeunes qu’on observe.

Si les bagarres sont abolies, le préfet de discipline de la LHJMQ pourrait devoir se montrer extrêmement sévère dans ses suspensions. C’est ce qui s’est produit sur le circuit universitaire, dans lequel évoluent les Patriotes de l’Université du Québec à Trois-Rivières. Après l’interdiction des bagarres, des ajustements ont été nécessaires pour enrayer les gestes dangereux.

À un certain moment, notre équipe universitaire avait le double de matchs manqués en raison de commotions cérébrales qu’une équipe de junior majeur qui joue beaucoup plus de matchs, mentionne l’entraîneur-chef des Patriotes, Marc-Étienne Hubert. Cette situation n’était pas normale. Les autorités ont pris les décisions nécessaires pour vraiment resserrer la réglementation et, surtout, augmenter beaucoup les sanctions. Ça a eu un effet positif sur la suite des choses depuis les deux dernières années.

En ce moment, l’instigateur d’une bagarre est expulsé du match. Une grave agression entraîne une suspension automatique de 15 rencontres et un joueur qui est impliqué dans plus de 10 combats écope de 5 matchs de suspensions. Cinq rencontres additionnelles s'ajoutent pour chaque combat. Aux yeux de plusieurs, le tout est suffisamment encadré.

De leur côté, les membres de l’organisation des Cataractes sont unanimes : il faut continuer de calquer la réglementation de la Ligue nationale de hockey pour que les joueurs qui y seront repêchés soient mieux préparés.

Un reportage de Jonathan Roberge

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