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Des offres patronales qui rendraient les enseignants malades, selon la FAE

Des élèves lèvent la main dans une classe.

Le syndicat soutient que le gouvernement tient un discours déshumanisant à l'égard des enseignants dans ses propositions visant à renouveler leur convention collective.

Photo : iStock

La Presse canadienne

Un syndicat d'enseignants estime que les offres patronales déposées dans le cadre du renouvellement des conventions collectives rendront ses membres encore plus malades si elles sont mises en place.

Mardi, la Fédération autonome de l'enseignement (FAE) — qui représente plus de 45 000 enseignants au Québec — a rappelé que les profs souffrent déjà de détresse psychologique et qu'ils sont plus atteints que les travailleurs du secteur de la santé.

Un enseignant sur quatre au Québec quitte la profession avant sa cinquième année de pratique.

Il donne un point de presse à Québec.

L'enseignant en histoire Sylvain Mallette est le 3e président de la FAE, qui a été fondée en 2006.

Photo : Radio-Canada

Le président de la FAE, Sylvain Mallette, a dit s'appuyer sur un avis que la fédération a commandé à des chercheurs de l'Université Laval pour exiger le retrait des offres patronales, qui ne font qu'aggraver une situation déjà insoutenable, selon lui.

Or, la FAE ne souhaite pas interrompre les négociations avec le gouvernement pour l'instant, a-t-il précisé.

Des offres violentes

Le dépôt qui a été fait le 17 décembre témoigne d'un regard très méprisant à l'endroit des profs, a lancé le chef syndical lors d'un point de presse à Québec.

Il y a quatre mots dans le dépôt patronal qui résument la vision qu'ont ces gens-là de ce que nous sommes : utilisation optimale des enseignants. Ce sont quatre mots qui sont d'une violence! On dit ça d'un véhicule!

Sylvain Mallette

Quand on dit par exemple qu'il va y avoir encore plus de raisons pour dépasser les maxima [d'élèves par groupe], c'est quoi le message qu'on envoie? C'est que finalement, le prof va être seul dans la classe à répondre aux besoins de tous les élèves. C'est cette violence-là qui est traduite dans les offres patronales, a-t-il renchéri.

Six enjeux liés à la santé mentale

M. Mallette était en compagnie, mardi, de Simon Viviers, professeur à la Faculté des sciences de l'éducation de l'Université Laval et chercheur en santé mentale au travail. Ce dernier a qualifié les offres patronales de pathogènes, dans la mesure où elles engendrent la maladie.

Selon M. Viviers, les offres qui sont faites aux enseignants accentueront non seulement les phénomènes de pénurie de personnel, de désertion professionnelle et des départs précipités à la retraite, mais aussi leurs problèmes de santé mentale.

Un homme d'âge moyen, barbu, portant une chemise à carreaux.

Le professeur Simon Viviers a consacré ses travaux de maîtrise et de doctorat à la santé psychologique dans des milieux professionnels.

Photo : Université Laval

Six situations font souffrir les enseignants, a-t-il dit : la lourdeur du travail, la complexité et la confusion des rôles, la bureaucratie et la désorganisation, le non-respect et la violence, les pressions du temps et la précarité d'emploi.

Devant la souffrance pathogène, les enseignants utilisent des stratégies défensives, dont certaines ont pour effet d'en faire toujours plus pour pallier individuellement les déficiences de l'organisation du travail, a affirmé le chercheur.

À son avis, les enseignants sont vus actuellement comme des objets, un moyen de production profitable et susceptible d'être optimisé [...] dans le but de produire de la réussite éducative. Les élèves, eux, sont vus comme des clients.

Cette conception du personnel enseignant risque fort de donner lieu à une organisation qui produit de la souffrance pathogène, a-t-il tranché.

Simon Viviers recommande au gouvernement Legault d'embaucher davantage de ressources professionnelles et de soutien, de reconnaître le jugement professionnel des enseignants et de clarifier les rôles et les responsabilités de chacun.

Le président du Conseil du Trésor réagit

Christian Dubé s'est dit parfaitement conscient des défis auxquels font face les enseignants en 2020.

C'est un groupe sur lequel on veut porter toute notre attention, a-t-il déclaré mardi en mêlée de presse à l'Assemblée nationale.

Il a cependant refusé de retirer ses offres et en a profité pour inviter la FAE à participer aux forums mis en place par son gouvernement dans le cadre de la négociation du secteur public.

La semaine dernière, la FAE a emboîté le pas à la FTQ, à la FIQ, à l'APTS, à la CSQ et à la CSN, qui avaient toutes décidé de s'abstenir de participer à ces forums de discussion, préférant discuter aux vraies tables de négociations.

Il y a deux forums qui se rapportent à eux : le forum sur l'enseignement et celui sur la santé globale. Quand vous regardez les six points qui sont mis dans leur communiqué de presse, vous prenez ces points-là, point par point, et vous reconnaissez exactement les enjeux que l'on veut adresser, a soutenu M. Dubé.

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