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Une « culture d'impunité » à la prison de sécurité maximale pour hommes d'Edmonton

Plan serré de l'épaule d'un gardien devant une porte à l'intérieur d'une prison.

Le rapport annuel du Bureau de l'enquêteur correctionnel du Canada révèle qu'une culture toxique en milieu de travail persiste à l'établissement d'Edmonton.

Photo : La Presse canadienne / Lars Hagberg

Fuat Seker

Le résultat du rapport annuel du Bureau de l'enquêteur correctionnel du Canada sur la prison de sécurité maximale pour hommes d'Edmonton est accablant et fait froid dans le dos. Cette prison serait un lieu de travail toxique pour le personnel, où il y règne une « culture d'impunité » qui conduit à des agressions coordonnées contre certains détenus par leurs pairs, selon le rapport.

Tous ces termes péjoratifs se trouvent dans un document rendu public, mardi par Ivan Zinger, l'enquêteur correctionnel du Canada, qui fait un rapport chaque année sur le système carcéral fédéral.

Dans le rapport 2018-2019 de M. Zinger, il existe une section entière intitulée « Dysfonctionnement à l'établissement d'Edmonton ».

« Une culture d'impunité semble toujours bien ancrée à l'établissement d'Edmonton, et il ne s'agit pas d'un simple cas d'incidents isolés », écrit-il.

L'enquêteur y détaille également la « culture de la peur » qui perdure parmi le personnel pénitentiaire.

Le rapport met à la lumière les agressions entre détenus, au cours desquelles le groupe de détenus bénéficiant d'un statut protégé a été à plusieurs reprises bombardé de nourriture chaude et d'autres objets pendant qu'ils se déplaçaient d'une section de la prison à une autre.

Le rapport indique que les agents correctionnels étaient au courant des attaques, mais qu’ils n'ont rien fait pour les arrêter.

« Il est assez troublant et ironique qu'une institution qui est censée appliquer la loi soit, en fait, sans loi », déclare Tom Engel, un avocat de la défense pénale d'Edmonton.

Un problème qui ne date pas d’hier

Le problème, c'est que l'enquêteur correctionnel et d'autres ont dénoncé ce problème pendant des années, et malgré cela, le Service correctionnel du Canada n'a pris aucune mesure efficace pour y remédier, selon Tom Engel.

Le rapport note que les problèmes à l'établissement d'Edmonton ont été soulevés pour la première fois en 2016.

Des enquêtes ultérieures avaient déjà révélé qu'il s'agissait d'un endroit « sans loi, toxique et insensible ».

Des agents pas épargnés

Plus troublant encore, certaines agentes correctionnelles ont déclaré se sentir suicidaires à la suite du traitement de leurs pairs. Un gardien de sexe masculin a été inculpé au criminel en 2019 pour ses actes, mais l'accusation a ensuite été suspendue.

Un sondage interne datant de l'année dernière a révélé que 17 employés ont déclaré avoir été agressés sexuellement par un collègue et 65 répondants ont déclaré avoir été harcelés sexuellement par un collègue. De nombreux membres du personnel ont déclaré avoir plus peur de leurs collègues que des détenus.

Recommandations

Bien que la « gestion de la population » soit un problème permanent à l'établissement d'Edmonton, le rapport indique qu'il y a au moins huit groupes différents à la prison qui ne peuvent pas se mélanger ou s'intégrer les uns aux autres.

Ivan Zinger assis à une table devant des drapeaux du Canada.

L'enquêteur correctionnel du Canada, Ivan Zinger, lors de la conférence de presse présentant son dernier rapport, mardi, à Ottawa.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Ivan Zinger écrit être consterné par les agressions contre des détenus.

« Bien que je ne m'attendais pas à ce que la culture à l'Établissement d'Edmonton se transforme du jour au lendemain, le fait que le personnel semble avoir fermé les yeux lorsque ces incidents se sont produits est très troublant », indique le rapport.

Ivan Zinger recommande au Service correctionnel du Canada, de faire appel à un expert indépendant afin d'évaluer la culture de la prison d'Edmonton et d'élaborer des stratégies potentielles pour la changer.

Avec les informations de La Presse canadienne.

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