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Les conséquences économiques de la crise ferroviaire en chiffres

Des trains alignés à la gare de triage de Brampton, en Ontario.

Des barrages paralysent le transport ferroviaire depuis près de deux semaines.

Photo : Reuters / Mark Blinch

Radio-Canada

Alors que le campement près de la voie ferrée aux alentours de Belleville persiste, en Ontario, les répercussions économiques sur le secteur ferroviaire canadien s’alourdissent.

14

Cela fait 14 jours que des Mohawks de Tyendinaga bloquent les voies ferrées près de Belleville, en Ontario. Leur campement perturbe le réseau ferroviaire un peu partout au pays, et aucun signe ne montre que la situation est prête de changer pour le moment.

Tandis que Justin Trudeau appelle à la patience, le premier ministre du Québec François Legault demande à ce qu’Ottawa fixe un échéancier pour faire lever le blocage. Si la crise perdure, il n'exclut pas de faire intervenir la Sûreté du Québec.

Des chefs héréditaires wet'suwet'en de la Colombie-Britannique, quant à eux, sont en route vers l'Ontario mercredi pour rencontrer et remercier les membres de la communauté mohawk qui manifestent près des voies ferrées.

450

Le Canadien National (CN) a déjà effectué 450 mises à pied, rendues effectives dimanche soir, et jusqu’à 1000 employés pourraient être touchés dans l’est du pays si la crise continue, selon la compagnie.

Avec plus de 400 trains annulés la semaine dernière et de nouvelles manifestations qui sont apparues à des endroits stratégiques sur notre voie principale, a déclaré la compagnie, nous avons décidé qu'un arrêt progressif de nos opérations dans l'est du Canada était l'approche responsable à adopter pour la sécurité de nos employés et des manifestants.

Cette situation est regrettable pour son impact sur l'économie canadienne ainsi que sur nos cheminots, puisque ces protestations n'ont aucun lien avec les activités du CN et échappent à notre contrôle, estime la société.

103 000

Selon VIA Rail, en date du 18 février, 532 trains ont été annulés et plus de 103 000 passagers ont été touchés en raison des blocages. La compagnie a également dû faire près de 1000 mises à pied en raison de l'annulation des services sur une grande partie de son réseau, à la suite du blocage de Belleville.

Cette interruption générale est une situation sans précédent dans notre histoire. En 42 ans d'existence, c'est la première fois que VIA Rail [...] doit interrompre la plupart de ses services partout au pays, a déclaré Cynthia Garneau, présidente et directrice générale, par communiqué.

Mais c'est aussi l'équivalent de 4500 wagons de train d’habitude remplis par les manufacturiers qui restent bloqués à cause du blocage. Le port de Vancouver, par exemple, déborde de bateaux qui attendent de décharger leurs marchandises.

Le premier ministre du Québec, François Legault, craint des répercussions à Montréal : Si on n'est plus capables d'accueillir des bateaux au port de Montréal parce qu'on ne sait plus où mettre les conteneurs, on va avoir un sérieux problème.

Véronique Proulx, présidente et directrice générale de Manufacturiers et Exportateurs du Québec (MEQ), pense que certaines entreprises devront réduire leurs activités dès vendredi : elles devront ralentir ou fermer des lignes de production et ça pourrait mener à des mises à pied temporaires, comme le CN et VIA Rail ont dû le faire.

425 000 000

Ce sont en fait des marchandises d'une valeur de 425 millions de dollars qui ne peuvent circuler chaque jour au Canada, explique Mme Proulx.

L’entreprise CKF, qui fabrique des produits de restauration, ressent bien les effets du blocage. C’est un peu le chaos dans notre chaîne d'approvisionnement en ce moment, admet son président, Ian Anderson.

Le Conseil canadien du commerce de détail (CCCD) confirme que plusieurs centres de production régionaux sont en train d'épuiser leurs réserves.

J'ai vu des produits en rupture de stock, décrit Sylvain Charlebois, professeur en distribution et politiques agroalimentaires à l’Université Dalhousie. Du ketchup est un exemple assez clair - c'est pas normal d'en manquer en février - de la sauce à spaghetti, du jello, des épices…

Le CCCD espère que le gouvernement Trudeau, dans ses négociations avec les Autochtones, réussira à négocier le passage de certains trains de marchandises contenant des denrées essentielles.

Avec les informations de Julie-Anne Lamoureux et Olivier Lefebvre

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