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Le Dr Jérôme Leis au coeur de la lutte contre le coronavirus

Jérôme Leis répondant à une entrevue

Jérôme Leis a rencontré ces dernières semaines les ministres fédéral et provincial pour évoquer les mesures à mettre en place au pays en cas de pandémie.

Photo : Radio-Canada

Alexis Lalemant

Pendant que le coronavirus prend chaque jour plus d’ampleur dans le monde, le médecin qui a supervisé et traité le premier cas de COVID-19 au Canada explique la manière dont il a vécu les premiers instants de cette urgence médicale.

C'est entre mise en garde et apaisement que le Dr Jérôme Leis, originaire de la Saskatchewan, décrit la situation mondiale actuelle liée au coronavirus.

La plupart des patients infectés par ce nouveau coronavirus ont une infection qui se résorbe d’elle-même, et beaucoup de patients ne nécessitent pas d’être hospitalisés. [...] Mais nous sommes dans un scénario où la pandémie est une possibilité et il faut être prêt pour ça.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que le médecin connaît son sujet sur le bout des doigts. Le Fransaskois de Saskatoon est aujourd’hui chef de la prévention et du contrôle des infections au Centre des sciences de la santé Sunnybrook, à Toronto, ainsi que professeur de médecine dans la division des maladies infectieuses à l’Université de Toronto.

Ce sont ces responsabilités qui l’ont amené à être présent face au premier cas de coronavirus au Canada, dans les jours où les incertitudes au sujet du nouveau virus étaient au plus fort.

Les premiers moments

Le 23 janvier, alors que le Dr Leis s’apprête à quitter le travail, il est appelé pour le cas inquiétant d’un patient : un quinquagénaire revenu un jour plus tôt de son voyage dans la région de Wuhan, en Chine, épicentre de l’épidémie.

Immédiatement, l’homme est soumis à un dépistage. Des mesures que le médecin décrit minutieusement et qui démontrent une sorte d’excitation professionnelle. Dans mon domaine, on s’intéresse évidemment à l’infection et à ces cas cliniques. Ma réaction est donc un peu une réponse passionnée par le sujet. Mais ma priorité, c’était de s’assurer que ce patient, nous nous occupions bien de lui, raconte-t-il.

Une urgence traitée en 48 heures

Au même moment, le Dr Leis et son équipe doivent immédiatement avoir des contacts avec le laboratoire de microbiologie et le laboratoire provincial, car, à ce moment-là, le 23 janvier, on n’avait pas encore bien testé le nouveau test provincial pour le coronavirus.

Le soupçon était très élevé et, heureusement, les membres du laboratoire ont travaillé beaucoup d’heures, pendant toute la nuit même, pour pouvoir avoir un test qui serait fiable, dit-il.

Les contacts se multiplient aussi avec la Santé publique, qui doit rapidement mener l'enquête sur le patient pour savoir s’il y a d’autres personnes qui pourraient avoir été exposées et qui devraient être isolées et testées.

Grâce au travail acharné du laboratoire provincial pour mettre le test en place, les résultats tombent 48 heures plus tard, le 25 janvier. Le quinquagénaire reçoit un diagnostic d'infection au coronavirus. Il est atteint de COVID-19.

L’homme est alors placé dans une chambre isolée à pression négative, à l’hôpital Sunnybrook, et y restera pendant huit jours. Une hospitalisation due au fait que ce cas était un peu plus [grave] que les autres, explique le Dr Leis. La plupart des patients infectés par ce nouveau coronavirus ont une infection qui se résorbe d’elle-même, et beaucoup de patients n'ont pas besoin d’être hospitalisés, rappelle-t-il.

Un risque très bas au Canada

C’est d’ailleurs l’une des particularités de ce virus, qui provoque la peur au sein de la population mondiale. Le risque de mortalité est pas mal plus bas que ce que l’on a vu pour le SRAS, mais [l'état de] certains patients peut se détériorer. Évidemment,des décès sont bien signalés, mais c’est vraiment la minorité des patients, dit le Dr Leis.

Au moment d'écrire cet article, seulement 8 cas ont été détectés au Canada, et le risque d’infection y demeure très bas, dit Jérôme Leis.

Le médecin fransaskois rappelle toutefois ceci : Nous sommes dans un scénario où la pandémie est une possibilité et qu’il faut être prêt pour ça. Une possibilité en partie due au fait qu’il n’existe pour le moment aucun traitement.Donc, on ne peut pas offrir une prophylaxie à ceux qui sont exposés, et ça, ce sont des défis importants, ajoute-t-il.

Le spécialiste en maladies infectieuses affirme que les recherches ont beaucoup évolué depuis ces deux derniers mois. Il reste du travail à faire, dit Jérome Leis, notamment grâce à toute une équipe consacrée à la recherche sur le virus, dont plusieurs chercheurs en santé publique et en microbiologie à l’Université de Toronto.

Selon le Dr Leis, le plus grand risque infectieux au Canada demeure la grippe saisonnière, qui tue un grand nombre de personnes au pays.

Malgré l'absence de vaccin contre le coronavirus, ses conseils pour se protéger sont par ailleurs les mêmes que pour la grippe. Il rappelle qu'il faut avoir une bonne hygiène des mains et éviter les endroits trop peuplés si on veut éviter la transmission.

Avec des informations d'Omayra Issa

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