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Des bombardements incessants entraînent un exode massif en Syrie

Des enfants déplacés à bord d’une camionnette à Afrin, en Syrie, le 18 février 2020.

Les ONG expliquent que les familles qui fuient sont prises entre la violence, le froid mordant et le manque de nourriture.

Photo : Reuters / Khalil Ashawi

Agence France-Presse

Le régime de Bachar Al-Assad et son allié russe bombardent sans relâche le dernier grand bastion des djihadistes et des rebelles, dans le nord-ouest de la Syrie, poussant à la fuite près d'un million de personnes, un exode à l'ampleur sans précédent depuis le début de la guerre en 2011.

La haute-commissaire de l'ONU, Michèle Bachelet, a réclamé des couloirs humanitaires pour les civils, se disant horrifiée par les violences dans le nord-ouest du pays en guerre.

Environ 900 000 personnes, en vaste majorité des femmes et des enfants, ont fui depuis début décembre l'offensive menée par le régime Assad et Moscou dans la grande région d'Idlib et ses environs, a affirmé l'ONU.

Au cours des quatre derniers jours, 43 000 personnes ont fui l'ouest [de la province] d'Alep, a dit à l'AFP le porte-parole de l'ONU, David Swanson.

Jamais le pays, en guerre depuis 2011, n'a connu un tel exode sur une période de temps aussi courte. Au total, le conflit syrien a poussé à l'exil des millions de personnes et en a tué plus de 380 000.

Et les bombardements ne cessent pas : mardi encore, deux civils ont été tués par un raid aérien de Moscou dans la région d'Idlib et des tirs d'artillerie du régime sur l'ouest de la province d'Alep, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).

Les correspondants de l'AFP sont quotidiennement témoins de la fuite des habitants, qui entassent leurs affaires à la hâte dans des camions et des voitures, et cherchent à tout prix à trouver refuge dans des zones jugées plus sûres, près de la frontière turque.

Exposées à la neige, à la pluie et à des températures hivernales extrêmes, les familles les plus chanceuses trouvent une place dans les camps de déplacés informels où s'entassent déjà des dizaines de milliers de personnes.

Les autres passent la nuit dans leur voiture, ou montent une tente sommaire au milieu des oliveraies.

Sur les 550 structures sanitaires de la région, seule la moitié est encore opérationnelle, a décrié mardi Tedros Adhanom Ghebreyesus, le directeur de l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Des soldats de l'armée syrienne font le signe de la victoire dans une rue.

Les forces syriennes, aidées par la Russie et l'Iran notamment, contrôlent plus de 70 % du territoire syrien.

Photo : Associated Press

Selon l'agence de l'ONU pour l'enfance (UNICEF), les deux derniers hôpitaux opérationnels dans l'ouest de la province d'Alep, dont une maternité, ont été touchés par des frappes. Les enfants et les familles sont pris entre la violence, le froid mordant et le manque de nourriture, a-t-elle déploré.

Étant donné les conditions de vie absolument inhumaines des femmes et des enfants, le nombre de décès dans les camps pourrait augmenter, révèle l'ONG Save the Children, qui fait déjà état de la mort de sept enfants, dont un bébé de 7 mois.

Plus de 400 civils, dont 112 enfants, ont péri depuis la mi-décembre dans les violences du nord-ouest, d'après un nouveau bilan de l'OSDH.

La seule option est un cessez-le-feu, a plaidé lundi le secrétaire général adjoint de l'ONU pour les Affaires humanitaires, Mark Lowcock.

Malgré le tollé, le régime ne semble pas prêt à stopper son offensive.

La bataille pour la libération des provinces d'Alep et d'Idleb se poursuit, a averti lundi le président syrien, Bachar Al-Assad.

Ses forces, aidées par la Russie et l'Iran notamment, contrôlent plus de 70 % du territoire syrien après avoir multiplié les victoires.

Ce sont les djihadistes de Hayat Tahrir al-Cham (HTS, ex-branche syrienne d'Al-Qaïda) qui dominent plus de la moitié de la province d'Idleb et des secteurs attenants dans celles d'Alep, de Hama et de Lattaquié.

Ces territoires accueillent d'autres groupuscules djihadistes, mais aussi des factions rebelles.

L'armée syrienne vise l'ouest d'Alep

Les forces gouvernementales concentrent actuellement leurs opérations dans l'ouest de la province d'Alep, a indiqué l'OSDH.

Les partisans du régime tentent de progresser en direction de la montagne Cheikh Barakat, qui surplombe de vastes régions dans l'ouest d'Alep et le nord d'Idleb, près de la frontière turque, d'après l'OSDH.

La Turquie voit d'un mauvais œil l'avancée du régime. Les tensions syro-turques ont suscité des frictions entre Ankara et Moscou, qui soutiennent des camps opposés.

Mardi, les deux pays ont mené des discussions à ce sujet, mais celles-ci n'ont rien produit de satisfaisant pour l'instant, selon la présidence turque.

Si le régime reprend Cheikh Barakat, ces régions pourraient se retrouver à portée de l'artillerie du régime, prédit l'OSDH.

Or, c'est là que se trouvent des camps de déplacés qui accueillent des dizaines de milliers de personnes.

Dimanche, les forces du régime ont conquis toutes les localités aux abords de la ville d'Alep, éloignant ainsi djihadistes et rebelles qui tiraient des roquettes et des obus meurtriers.

Cette libération ne signifie pas la fin de la guerre, a martelé lundi M. Assad, parlant cependant d'un prélude à la défaite totale, tôt ou tard de ses ennemis.

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