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Trump distribue des commutations de peine et des pardons dans des affaires de corruption

Le président Trump, les bras ouverts, dehors, tout près de l'avion présidentiel.

Le président Trump s'est adressé aux reporters avant d'embarquer à bord d'Air Force One.

Photo : Reuters / Kevin Lamarque

Donald Trump a gracié sept individus qui avaient déjà purgé une peine de prison, en plus de commuer la peine de quatre personnes toujours emprisonnées, dont l'ancien gouverneur démocrate de l'Illinois Rod Blagojevich, qui avait monnayé le siège de sénateur de l'ex-président Barack Obama.

Le président des États-Unis, qui avait fait campagne contre la corruption, a utilisé ses pouvoirs présidentiels de réhabilitation, mardi, notamment à l'égard de criminels à cravate qui se sont rendus coupables de corruption.

La Maison-Blanche a procédé à ces annonces surprises alors que le président Trump est sur la sellette pour ses commentaires sur le dossier de son ami et conseiller de longue date Roger Stone, qui attend sa peine.

M. Blagojevich, un ancien concurrent de l'émission de téléréalité de Donald Trump Celebrity Apprentice, est l'une des figures les plus connues parmi celles qui ont bénéficié de la clémence du président.

Il pourra retourner dans sa famille après avoir purgé huit ans de prison, ce qui était une peine puissante et ridicule à mon avis, a déclaré M. Trump avant d'embarquer à bord d'Air Force One.

En début d'année, Rod Blagojevich avait critiqué avec virulence, dans une lettre ouverte à un média conservateur, l'enquête en destitution lancée par les démocrates.

Le président Trump avait indiqué à plusieurs reprises qu'il envisageait de commuer sa peine, notamment l'an dernier, après que la femme du politicien déchu, Patti Blagojevich, eut plaidé pour la libération de son mari sur les ondes de Fox News.

Donald Trump s'était dit impressionné par Mme Blagojevich, qui avait louangé le président et comparé l’enquête ayant mené à la condamnation de son mari à l’enquête sur l'ingérence de la Russie dans la présidentielle américaine de 2016.

Il avait erronément affirmé que Rod Blagojevich avait été traité de façon incroyablement injuste [...] par le gang de [l'ancien directeur du FBI James] Comey, qui ne travaillait pas pour le FBI à l'époque.

Rod Blagojevich, en compagnie de sa femme, s'adressant aux journalistes (archives).

Rod Blagojevich avait déposé une demande de commutation de peine, après que le président Trump eut lancé l'idée de le gracier.

Photo : Reuters / Jeff Haynes

Condamné en 2011 pour extorsion de fonds, pots-de-vin et autres actes de corruption, Rod Blagojevich purgeait une peine 14 ans d'emprisonnement. Il avait entre autres tenté de vendre la nomination du siège de sénateur laissé vacant par Barack Obama après son élection à la présidence en 2008. Enregistré à son insu par le FBI, il avait déclaré qu'il ne laisserait pas aller pour rien cette occasion en or.

Lorsqu'un siège du Sénat est vacant en raison d'une démission ou d'un décès, par exemple, il incombe au gouverneur de l'État de le pourvoir.

Dans un communiqué, la Maison-Blanche a soutenu que lui et trois autres accusés ayant vu leur peine commuée avaient payé leur dette à la société et travaillé pour améliorer leur vie et celle des autres pendant leur incarcération.

Des individus complètement graciés

La clémence du président s'est également étendue à l'ancien commissaire de police de New York Bernie Kerik, qui avait été condamné à quatre ans de prison en 2009 après entre autres avoir été reconnu coupable de fraude fiscale et de mensonge à des responsables de la Maison-Blanche. Le communiqué de la Maison-Blanche précise que l'avocat personnel du président, Rudy Giuliani, figure parmi ceux qui ont plaidé pour un pardon présidentiel.

D'après le Washington Post, M. Kerik est un invité régulier à Mar-a-Lago, le club privé de Donald Trump en Floride, ainsi qu'un collaborateur de Fox News.

Le président américain a aussi gracié le financier Michael Milken, qui avait reconnu sa culpabilité à des accusations de fraude dans les années 1990, ainsi que l’ex-propriétaire des 49ers de San Francisco Edward DeBartolo, qui avait été condamné pour son implication dans une affaire de corruption dans les années 1990.

Avant l’investiture de Donald Trump, M. DeBartolo avait été l’un des organisateurs d’une réception visant notamment à rendre hommage à certains des collaborateurs du président élu, dont Michael Cohen, qui était alors son avocat personnel. M. Cohen purge depuis une peine de trois ans, entre autres pour avoir acheté le silence de deux ex-maîtresses présumées de Trump pendant la campagne 2016 – en violation des lois électorales –, fraudé sur ses impôts et menti au Congrès.

Trump se présente erronément comme le chef de l'application des lois

Réitérant sa confiance à l'endroit du procureur général Bill Barr, qui l'a appelé la semaine dernière à utiliser moins Twitter pour commenter le fonctionnement du système de justice, Donald Trump a répété qu'il n'était pas intervenu auprès de lui en vue d'obtenir une peine plus clémente pour son ami Roger Stone.

Le procureur général est un homme d'une grande intégrité. J'ai choisi de ne pas être impliqué. J'ai le droit d'être impliqué. Je peux être impliqué si je le veux, a-t-il martelé avant de s'engouffrer à bord de l'avion présidentiel.

Je suis en fait, je suppose, le chef de l'application des lois.

Donald Trump

Légalement, ce rôle est en fait celui du procureur général, comme le souligne le site de la Maison-Blanche.

Interrogé sur la possibilité qu'il gracie Roger Stone et Michael Flynn, ex-conseiller du président à la sécurité nationale, Donald Trump a répondu qu'il n'y avait pas réfléchi pour le moment, invoquant le processus en cours.

Roger Stone.

Roger Stone est un allié de longue date du président américain Donald Trump.

Photo : Reuters / Leah Millis

Toute l'affaire Mueller est une arnaque, a-t-il ajouté, affirmant que ses deux anciens collaborateurs et plusieurs autres visés par l'enquête Mueller avaient été traités injustement.

Les deux hommes ont été accusés dans la foulée de l'enquête sur l'ingérence russe dans la présidentielle de 2016, menée par l'ex-procureur spécial Robert Mueller.

Roger Stone a été reconnu coupable, en novembre dernier, de sept chefs d'accusation, dont avoir menti au Congrès, avoir fait obstacle aux travaux d'un comité de la Chambre des représentants et avoir corrompu des témoins.

Michael Flynn a pour sa part avoué avoir menti au FBI, mais ses nouveaux avocats contestent sa reconnaissance de culpabilité. Récemment, plusieurs médias américains ont rapporté que le procureur général Barr avait demandé à un procureur de réexaminer son dossier.

Dans une série de tweets publiés dans la journée, Donald Trump a en outre renouvelé ses attaques envers le système de justice, en insistant entre autres sur l'enquête sur la Russie. Si je n'étais pas président, je poursuivrais tout le monde, a-t-il écrit sur Twitter, menaçant de le faire quand même.

Avec les informations de Washington Post, et New York Times

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