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Des intervenants communautaires s'inquiètent de la hausse de surdoses dans la région

Une seringue usagée et des médicaments d'ordonnance sont éparpillés de façon désordonnée.

Trois surdoses ont été rapportées aux intervenants communautaires de Gatineau au cours des deux dernières semaines.

Photo : iStock / Darwin Brandis

Radio-Canada

Des travailleurs de rue sont intervenus à plusieurs reprises dans la région pour des surdoses. Ils appellent les consommateurs de drogue à redoubler de vigilance.

Au cours des deux dernières semaines, trois surdoses ont été signalées aux intervenants communautaires de l'Outaouais. Mais ce qui les inquiète, au-delà du chiffre, c'est de constater que dans les trois cas, il s'agissait de substances différentes, comme de la cocaïne contaminée ou des comprimés de méthamphétamine.

Yves Séguin, le directeur général du Centre d’intervention et de prévention en toxicomanie dans la région de l’Outaouais (CIPTO), face à la caméra.

Yves Séguin dirige le Centre d'intervention et de prévention en toxicomanie de l'Outaouais et il appelle les consommateurs de drogue à redoubler de vigilance.

Photo : Radio-Canada

On a tendance à dire : "C'est de la faute des opioïdes, c'est de la faute du Fentanyl". Mais quand on sait qu'il y a d'autres types de surdoses qui surviennent, on se dit que ce n'est pas seulement ces messages-là qu'il faut faire passer, explique Yves Séguin, le directeur général du Centre d’intervention et de prévention en toxicomanie dans la région de l’Outaouais (CIPTO).

Les travailleurs de rue du Bureau régional d'action sida (BRAS) Outaouais ont eux aussi détecté davantage de substances.

On a détecté par exemple un comprimé de speed avec un logo d'une marque de liqueur connue, et il y avait du Fentanyl à l’intérieur. Il y avait aussi du Xanax de rue et deux autres substances que le BRAS n'a pas été capable d'identifier et les utilisateurs n'arrivaient pas non plus à dire ce qu'ils avaient pris, relate Annie Castonguay, la directrice adjointe de l'organisme.

Les visites aux urgences restent stables

Les autorités de la santé, de leur côté, ne constatent pas d'augmentation des hospitalisations. Selon le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de l'Outaouais, le nombre de morts par surdoses et le nombre de visites aux urgences pour intoxication aux opioïdes restent stables.

Du côté de Santé publique Ottawa, on constate même que le nombre de visites aux urgences pour des surdoses a diminué l'an dernier, passant de 33 visites en janvier 2019 à 14 visites en janvier 2020.

Annie Castonguay, directrice adjointe à BRAS Outaouais, face à la caméra.

Annie Castonguay, directrice adjointe à BRAS Outaouais, explique que les travailleurs de rue de son organisation ont dû intervenir dans le cas d'une surdose récemment.

Photo : Radio-Canada

Les intervenants communautaires rappellent que les personnes en surdose évitent généralement de se rendre à l'hôpital. Souvent, un ami va leur donner de la Naloxone et ça en reste là. Ils ne veulent pas appeler le 911 parce qu'ils ont encore peur d'être stigmatisés par les services de police, indique Mme Castonguay.

Par ailleurs, si on regarde l'évolution sur une plus longue période, le nombre de visites à l'urgence pour intoxication aux opioïdes est passé de 44 en 2014 à 113 en 2018, ce qui constitue une augmentation significative.

Un appel à la vigilance

Suite à ces trois cas de surdose, tant les autorités de la santé que le milieu communautaire appellent les consommateurs de drogue à la vigilance.

On avait peut-être un peu relâché sur le message, mais il est important de le répéter. On incite les gens à ne pas consommer seul, à réduire leurs doses et à avoir une trousse de Naloxone, rappelle Mme Castonguay.

Le CIPTO, de son côté, continue à plaider pour obtenir un meilleur appareil de détection des substances. Ce dont on a besoin en Outaouais, c'est d'avoir un spectromètre. Ils en ont un dans le centre d'injection d'Ottawa [...] Les bandelettes de test que nous utilisons, ce n'est pas assez, il nous faut un autre outil pour savoir ce que contiennent plus précisément les substances consommées, plaide Yves Séguin, qui explique être en discussion avec les autorités de santé publique et Santé Canada pour pouvoir disposer d'un tel appareil.

Avec les informations de Yasmine Mehdi

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