•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Pourquoi les artistes se tournent-ils vers le sociofinancement?

Phil Comeau, Chloé Breault et Jean-Marie Nadeau

Phil Comeau, Chloé Breault et Jean-Marie Nadeau ont tous fait appel au sociofinancement pour un projet.

Photo : Radio-Canada

Camille Bourdeau

Albums de musique, livres, pièces de théâtre, documentaires. De nombreux projets de création ont vu le jour grâce à des campagnes de sociofinancement.

Qu’ils soient artistes émergents ou qu’ils jouissent d’une certaine notoriété, de nombreux créateurs se tournent vers cette forme de financement participative afin de réaliser leur projet.

Nous avons demandé à des artistes de différents statuts et domaines artistiques d'expliquer pourquoi ils ont opté pour ce type de financement.

Chloé Breault, auteure-compositrice-interprète

En 2017, la chanteuse de Bertrand, au Nouveau-Brunswick, lançait une campagne de sociofinancement afin de réaliser son premier album de format EP, intitulé Love.

Je n’aurais peut-être pas eu besoin du sociofinancement pour mon premier EP, admet-elle, indiquant qu’elle souhaitait inclure le public dans son aventure.

Grâce à des subventions et à une soixantaine de donateurs, elle a pu enregistrer cet album qui a lancé sa carrière professionnelle.

Faire mon premier EP, ça m'a apporté un paquet de belles choses, j'ai eu la chance de faire des spectacles à l'international, au Canada, j'ai fait beaucoup de vitrines, j'ai gagné des prix avec cet album-là, presque toutes mes chansons ont passé à la radio.

Chloé Breault, auteure-compositrice-interprète

Faute de subventions, elle sollicite à nouveau l’aide du public pour financer son prochain album.

Des fois on applique pour des subventions, et des fois on ne les a pas. Le sociofinancement cette fois-ci, c'était pour m'aider à débuter l'enregistrement de mon album, parce que jusqu'à présent j'ai juste une place qui m'a subventionnée, donc j'avais besoin d'un peu d'aide pour pouvoir commencer l’enregistrement.

Chloé Breault, auteure-compositrice-interprète
Chloé Breault .

Chloé Breault

Photo : Facebook / Chloé Breault / Julie D'Amour-Léger

Elle est reconnaissante de l’appui du public et perçoit ces dons, non pas comme une forme de pression, mais plutôt comme forme d'encouragement.

Il y a un paquet de monde qui croit en toi, tu n’as pas le choix de faire un album qui torche!

Chloé Breault, auteure-compositrice-interprète

Jean-Marie Nadeau, auteur et activiste acadien

Fervent défenseur de l’Acadie, Jean-Marie Nadeau souhaite écrire son autobiographie.

Jean-Marie Nadeau, essayiste et patriote acadien.

Jean-Marie Nadeau, essayiste et patriote acadien.

Photo : Radio-Canada / Francis Pilon

Plusieurs jeunes me disaient : ''Jean-Marie, tu as eu une vie intéressante, tu as travaillé pour toutes sortes de causes'', explique l’Acadien.

Il admet avoir eu de la difficulté à trouver du financement pour ce type d’ouvrage.

Pour les autobiographies, il n'y a pas grande marge de manœuvre, il n'y a pas de bourses qui existent à ma connaissance, dit-il, incertain.

Vivant avec l’équivalent du salaire minimum, il s'est tourné vers le sociofinancement afin d'amasser les fonds nécessaires pour l'impression de son livre.

C'est difficile de déposer un manuscrit, ça coûte 4500 dollars. Je ne peux pas sortir ça du jour au lendemain. En plus, si tu veux faire moindrement de promotion par après, tourner à travers le Nouveau-Brunswick [...] Ça demande des sous, et tu ne deviens pas riche en écrivant des livres.

Jean-Marie Nadeau, activiste acadien
Jean-Marie Nadeau, travaillant sur son autobiographie.

Jean-Marie Nadeau, travaillant sur son autobiographie.

Photo : Radio-Canada / Francis Pilon

Loin de lui l’envie de s'enrichir, il souhaite simplement obtenir les moyens de faire oeuvre utile, en nourrissant la mémoire collective à travers son histoire.

Il émet toutefois des réserves quant à l'aspect numérique des cagnottes en ligne.

Il y en a qui sont très [réticents] à donner leur carte de crédit, explique-t-il.

Phil Comeau, cinéaste

Le réalisateur Phil Comeau est bien connu dans le monde du cinéma, il navigue entre le documentaire et la fiction.

Le cinéaste acadien Phil Comeau

Le cinéaste acadien Phil Comeau

Photo : Radio-Canada / Patrick Lacelle

Pour le documentaire Belle Île en Acadie, la suite de Belle Île en Mer, il a lancé une campagne de sociofinancement.

Il indique qu’il s’agissait de l’option la plus rapide pour obtenir le financement nécessaire pour tourner son film dans des délais limités.

J'ai juste appris que mes personnages venaient au Congrès mondial acadien un mois à l'avance, justifie-t-il.

Je n'avais pas le temps de faire des demandes aux institutions, parce que les institutions c'est souvent des mois d'attente avant d’avoir une réponse. Donc, je me suis dit : ''de quelle façon puis-je faire ce film-là?'' Parce que je voulais absolument le faire pendant le Congrès mondial acadien.

Phil Comeau, réalisateur
Des Bellilois, sifflets à la bouche, portant des chandails de l'Acadie et arborant des drapeaux de l'Acadie.

Le documentaire Belle-Île en Acadie est sorti en grande première à Moncton, en novembre 2019.

Photo : Gracieuseté Phil Comeau

Le succès du film est la preuve qu'il est possible d'aller loin avec l'argent des donateurs, puisqu’il a remportéune vingtaine de prix depuis son lancement, il y a trois mois.

Ce qui est drôle, c'est que ce n'est pas un film qui a coûté cher et il est en train de gagner des prix partout en Asie, en Amérique du Sud, partout aux États-Unis.

Phil Comeau, réalisateur

Selon lui, les campagnes de sociofinancement sont une option intéressante, surtout pour les artistes de la relève, qui n’ont pas toujours l’appui des institutions.

Le festival de Jazz et Blues d’Edmundston

Les collectes de fonds en ligne ne servent pas que les intérêts personnels. Elles peuvent aussi contribuer au bien commun, entre autres, en améliorant l’accès aux arts.

C’est d’ailleurs la mission du Festival de Jazz et Blues d'Edmundston, qui mène une campagne de sociofinancement pour permettre à tout le monde d’assister gratuitement au festival.

Affiche du festival Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le Festival de Jazz et Blues d'Edmundston souhaite accueillir 12 000 festivaliers gratuitement cette année grâce au sociofinancement.

Photo : Festival de Jazz et Blues d'Edmundston

Le comité organisateur indique qu’en offrant l’accès gratuit l’an dernier, le festival a connu une croissance considérable avec au-delà de 8500 participants.

Il souhaite attirer une foule encore plus importante cette année, et sollicite l’aide du public pour contribuer au succès de l’événement.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Nouveau-Brunswick

Livres