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analyse

Escalade dans le Donbass malgré la reprise des pourparlers

Volodymyr Zelensky et Vladimir Poutine côte à côte.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky et le président russe Vladimir Poutine lors du sommet de Pris sur l'avenir de l'Ukraine.

Photo : Getty Images / Ian Langsdon

Cela faisait des mois, sinon des années, que les forces en présence dans l’est de l’Ukraine n’avaient pas assisté à des combats aussi violents dans la région du Donbass.

Mardi matin, la situation semble bel et bien avoir dégénéré quand d’intenses combats ont éclaté entre l’armée ukrainienne et celle des séparatistes prorusses près de la ville de Zolote, en territoire contrôlé par les forces de l’Ukraine.

Les tirs de mortiers de l’armée ukrainienne ont duré des heures et étaient à ce point intenses qu’ils ont été entendus jusque dans la ville de Louhansk, selon des témoins.

Un soldat ukrainien a perdu la vie et quatre autres ont été blessés, selon l’armée de Kiev, qui accuse les séparatistes d’avoir bombardé une de ses positions pour tenter de la faire reculer.

Les forces rebelles, soutenues par Moscou, affirment de leur côté que les Ukrainiens sont responsables de l’attaque, qui a été qualifiée de provocation cynique par le président de l’Ukraine Volodymyr Zelensky.

Ce n’est pas seulement une provocation cynique, c’est une tentative de faire dérailler le processus de paix qui avance à petits pas.

Le président de l’Ukraine Volodymyr Zelensky
Le président de l’Ukraine Volodymyr Zelensky

Le président de l’Ukraine Volodymyr Zelensky

Photo : Associated Press / Efrem Lukatsky

Le président ukrainien a aussitôt convoqué son conseil de sécurité pour analyser ces derniers développements qui surviennent alors que Moscou et Kiev tentent de préparer un deuxième sommet d’ici le mois d’avril pour discuter du plan de paix.

Une première rencontre entre Vladimir Poutine et Volodymyr Zelenskly s’est déroulée à Paris en décembre dernier, et ce, en présence de la chancelière allemande et du président français.

Bien qu’une grande percée en soi, le sommet n’avait pas réussi à réconcilier les positions de Moscou et Kiev, qui demeurent diamétralement opposés sur la façon de rétablir la paix et sur le sort de la région disputée.

Une guerre qui dure

La guerre dans le Donbass entame d’ailleurs sa sixième année et a fait plus de 14 000 morts, d’un côté comme de l’autre.

À Moscou, le porte-parole du Kremlin a déclaré avoir pris connaissance des nouvelles attaques et affirme ne pas savoir l’origine de l’escalade.

Les bombardements d’aujourd’hui illustrent la complexité de ce confit interminable et surtout l’incapacité de Kiev et de Moscou d’instaurer le cessez-le-feu mis en place, il y a des années, en vertu des accords de Minsk.

Les accords de Minsk devaient d’ailleurs servir de feuille de route pour la relance des pourparlers de paix et prévoyaient l’octroi d’un statut d’autonomie provisoire aux territoires contrôlés par les séparatistes prorusses.

Mais l’Ukraine veut désormais au préalable reprendre le contrôle de ses frontières, une condition non négociable, selon le président Zelensky, qui, pas plus tard que vendredi, réitérait sa position dans le cadre de la conférence sur la sécurité à Munich.

Les habitants du Donbass ont besoin d’élections libres qui seront reconnues par l’Ukraine et par la communauté internationale, et ces élections seront possibles seulement si l’Ukraine contrôle les frontières.

Le président de l’Ukraine Volodymyr Zelensky
Les quatre chefs d'État s'apprêtent à s'asseoir autour d'une table ronde, sous le regard de nombreux conseillers.

Emmanuel Macron invite Volodymyr Zelensky, Vladimir Poutine et Angela Merkel à prendre place autour de la table pour les négociations à Paris, en décembre dernier

Photo : Reuters / Christophe Petit Tesson/Pool

Une situation figée sur le terrain

Pour l’instant, Moscou refuse d’accepter cette condition, qui serait en pratique l’équivalent de capituler dans la région.

Le ministre des Affaires étrangères de la Russie, qui assistait à la même conférence à Munich, a pour sa part prévenu qu’un deuxième sommet entre Kiev et Moscou est loin d’être garanti en avril.

La Russie ne constate pas pour le moment le progrès nécessaire pour aller de l’avant, a déclaré Sergei Lavrov.

Malgré la reprise du dialogue entre Moscou et Kiev et l’échange de centaines de prisonniers entre les deux pays depuis l’automne, la situation est figée sur le terrain.

La seule guerre d’Europe continue, et il est de plus en plus difficile d’imaginer que 2020 sera l’année où la paix sera rétablie.

Même si à la sortie de sa réunion d’urgence en fin d’après-midi le président Zelensky s’est dit convaincu de la capacité des troupes ukrainiennes de répondre à toute agression.

Seule une armée forte nous permettra d’entamer des négociations. Nous nous dirigeons avec confiance vers la fin du conflit.

Le président de l’Ukraine Volodymyr Zelensky

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