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Transport médical adapté : une entrée jugée dangereuse à l’IUCPQ

Le derrière d'un camion de transport médical adapté dans un stationnement.

Le nouveau débarcadère pour le transport médical adapté à l'IUCPQ est situé dans une pente.

Photo : Radio-Canada / Marie-Pier Bouchard

Marie-Pier Bouchard

Des chauffeurs de transport médical adapté menacent de cesser de desservir l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec (IUCPQ), parce qu'ils estiment que leur nouveau débarcadère est dangereux. Ils craignent pour leur sécurité et celle des patients.

La nouvelle entrée que les chauffeurs doivent utiliser depuis quelques semaines est située dans une pente abrupte, ce qui, selon eux, n'est pas sécuritaire ni pour les patients, ni pour eux-mêmes. Auparavant, le transport médical adapté passait par l'urgence de l'hôpital.

Un homme pousse un fauteuil roulant dans une pente devant une bâtisse.

À leur arrivée à l'IUCPQ, les chauffeurs de transport médical adapté doivent pousser le patient dans le fauteuil dans une pente abrupte pour entrer à l'intérieur.

Photo : Radio-Canada / Marie-Pier Bouchard

Je suis arrivé la semaine passée avec un patient qui pesait à peu près 250 lb, plus le poids de la chaise, quand on pousse et qu’il y a de la neige, essayez de monter la côte, déplore Roger Rioux. Il venait chercher un patient.

On a de la misère à descendre la côte, alors imaginez la monter avec un patient de 250 lb et ça, ça arrive souvent.

Roger Rioux, chauffeur
Un homme debout devant un camion dont la porte est ouverte.

Roger Rioux, chauffeur pour Dessercom

Photo : Radio-Canada

Un autre chauffeur, Alain Voghell, abonde dans le même sens.

C’est toujours en pente. On a de la difficulté à les monter. Surtout quand il y a de la neige, ça glisse, fait-il remarquer.

En moins d’un mois, trois chauffeurs se seraient blessés, selon le vice-président du syndicat des chauffeurs de Dessercom, Denis Forgues, dont un plus sérieusement. Le syndicat pense aussi à la sécurité des patients.

Un homme debout dans un stationnement devant un édifice.

Denis Forgues, vice-président du syndicat des chauffeurs du transport médical adapté chez Dessercom

Photo : Radio-Canada

Si jamais un patient se blessait, qu’est-ce qui arriverait? C’est nous autres qui sommes responsables, c’est nous autres qui le transportons. C’est inacceptable, ajoute-t-il, attirant notre attention sur la longueur de la pente.

Un camion dans un stationnement en hiver.

Les chauffeurs de transport médical adapté craignent aussi de perdre pied et glisser en bas de la pente.

Photo : Radio-Canada / Marie-Pier Bouchard

M. Forgues mentionne qu’une rencontre doit avoir lieu mercredi après-midi à ce sujet avec l’employeur, Dessercom, la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST), la direction de l’hôpital et la Société québécoise des infrastructures (SQI).

Ce dernier espère qu’au terme de cette rencontre, on trouve carrément un autre endroit plus adapté pour les chauffeurs, sans quoi ils menacent de ne plus desservir l’IUCPQ.

Il y a déjà des chauffeurs qui refusent de venir. On va l’interdire parce que c’est trop dangereux, prévient M. Forgues.

Une pente moins abrupte au printemps?

Dessercom n'a pas souhaité accorder d'entrevue, répondant par courriel être au fait de la situation et assurant que certaines améliorations ont été apportées en collaboration avec l’IUCPQ.

Entre autres, l’hôpital a fait installer un tunnel couvert pour protéger la pente des intempéries, ainsi qu’une ouverture de porte automatique afin de faciliter le travail des chauffeurs qui doivent entrer avec les patients et leurs bagages, écrit-on.

Un camion de transport médical adapté devant un hôpital.

Le nouveau débarcadère pour le transport médical adapté est situé dans une pente et difficile d'accès.

Photo : Radio-Canada / Marie-Pier Bouchard

L'IUCPQ ajoute que grâce à cet abri, la pente est moins abrupte, «  car elle se situe à 6 % au lieu de 9 % », ce qui respecte les normes du code du bâtiment prévoyant une inclinaison maximale de 10 %.

Or, selon ce que Radio-Canada a pu constater sur les lieux et selon les chauffeurs, l'installation de l'abri n'a rien réglé. Avant, on montait directement jusqu'à la porte avec le camion, c'était plus simple. On n'était pas pogné dans les côtes. C'était moins dangereux qu'à l'heure actuelle, affirme Denis Forgues.

Par ailleurs, Dessercom dit vouloir aussi s’assurer que ses chauffeurs soient désormais accompagnés pour se rendre à l’IUCPQ.

Nous sommes à travailler les horaires pour que ce soit graduellement instauré dès cette semaine, indique la porte-parole, qui confirme la présence de l’entreprise à la rencontre de mercredi afin de discuter de la problématique et finaliser le dossier.

L'entreprise, qui assure la majorité des transports de ce genre dans la région, n'exclut pas l'ajout ou la bonification de certaines mesures à la suite de cette rencontre.

Ce nouveau débarcadère permet de libérer de l'espace à l'urgence, indique l'IUCPQ. Le porte-parole ajoute qu'il a été construit avec de l'asphalte temporaire (saison hivernale oblige) et une réfection permanente est prévue au printemps, ce qui permettra également de diminuer légèrement l'inclinaison de la pente actuelle.

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