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Les libéraux veulent renverser le gouvernement Higgs lors du vote sur le budget

Kevin Vickers, souriant, entouré de militants le 11 mai 2019 à Miramichi au Nouveau-Brunswick.

Kevin Vickers a expliqué qu'il ne pouvait pas appuyer le budget étant donné «l'incompétence flagrante» du gouvernement démontrée la semaine dernière dans sa réforme de la santé (archives).

Photo : Radio-Canada / CBC / Hadeel Ibrahim

Radio-Canada

Malgré la volte-face complète du premier ministre Blaine Higgs sur la réforme des soins de santé, le risque d'élections hâtives n'est pas écarté pour autant. Les libéraux veulent toujours faire tomber le gouvernement, et l'ex-ministre Robert Gauvin pourrait avoir un rôle important à y jouer.

Le chef libéral du Nouveau-Brunswick a indiqué mardi que ses troupes voteront contre le budget, le mois prochain, et tenteront de renverser le gouvernement minoritaire conservateur aussitôt que possible.

Kevin Vickers a expliqué qu'il ne pouvait pas appuyer le budget étant donné l'incompétence flagrante du gouvernement démontrée la semaine dernière dans sa réforme de la santé.

Le gouvernement de Blaine Higgs avait annoncé la fermeture des urgences de six hôpitaux la nuit, mais il a finalement reculé dimanche, face au tollé des citoyens et des professionnels de la santé.

Le ministre de la Santé, Hugh Flemming, reconnaît que la réforme a été mise sur la glace pour des motifs politiques.

Puisqu'une majorité de députés allaient voter contre le gouvernement, cela ne valait plus la peine d'aller de l'avant, a-t-il expliqué.

Pourtant, la semaine dernière, le premier ministre répétait qu'il irait de l'avant avec la réforme, malgré le risque de perdre le pouvoir.

Mais face à l'évidence que le gouvernement perdait l'appui de la majorité de l'Assemblée législative, Blaine Higgs s'est ravisé.

Le chef libéral estime que le premier ministre Higgs ne fait que blâmer les bureaucrates et les gens du système de santé pour l'échec de son plan, de sa décision.

Il a manqué de courage, comme leader, d'admettre ses erreurs, a indiqué M. Vickers mardi, en point de presse à Fredericton.

Nous allons faire notre mieux de faire tomber ce gouvernement aussitôt que possible.

Kevin Vickers, chef du Parti libéral du Nouveau-Brunswick

Et les libéraux peuvent compter, semble-t-il, sur Robert Gauvin, qui a annoncé qu'il voterait contre le budget.

Interrogé à savoir s'il serait prêt à accueillir le député progressiste-conservateur dissident Robert Gauvin, le chef libéral a répondu que la porte de son parti est ouverte à tous ceux qui partagent ses valeurs.

L'appui des verts nécessaire

Afin d'obtenir les voix suffisantes pour renverser le gouvernement lors du vote sur le budget, prévu le 20 mars, Kevin Vickers demandera par ailleurs, si nécessaire, au député libéral Daniel Guitard d'abandonner la présidence de l'Assemblée législative afin d'assurer une voix de plus aux libéraux.

Daniel Guitard debout en Chambre lit un document

Le député libéral de Restigouche-Chaleur, Daniel Guitard, est président de l'Assemblée législative depuis octobre 2018.

Photo : Radio-Canada / Nicolas Steinbach

Même dans ce cas, le sort du gouvernement progressiste-conservateur dépendrait du vote des verts, mais le chef du Parti vert, David Coon, veut attendre le dépôt du budget avant de se prononcer. Il reproche à Kevin Vickers de faire de la politique avec l'enjeu de la santé.

Les verts demandent aussi la décentralisation des décisions en santé, une idée à laquelle le ministre Flemming s'est aujourd'hui montré ouvert.

« Il y a un combat à faire et je n’arrêterai pas »

Pour sa part, Robert Gauvin exprime un soulagement à la suite de la mise en veilleuse la réforme controversée des soins de santé, mais est-ce que la volte-face de Blaine Higgs change son opinion sur la manière dont son gouvernement fait les choses? Non, a-t-il dit, en posant ensuite une question aux électeurs.

Robert Gauvin en entrevue dans un studio radiophonique

« On ne joue pas à la politique avec les soins de santé », affirme le député indépendant Robert Gauvin.

Photo : Radio-Canada / Marc-André Haché

Si je n'étais pas parti vendredi, est-ce que vous pensez qu’il aurait reculé dimanche? Cette question, je la pose à tous les auditeurs et c’est à vous d’y répondre. Si votre réponse est non, ça veut dire qu’il a joué à la politique avec la santé. Alors, c’est aux gens de se faire l’idée, a affirmé Robert Gauvin à l’émission radiophonique La matinale, d’ICI Acadie.

Le député Robert Gauvin a fait entendre dimanche qu’il songeait à la retraite politique, mais il reste bien en poste entre-temps.

Je me sentais comme ça dimanche. Mais là, avec les événements qui se sont passés dimanche soir. Moi, j’ai répondu à la question que j’ai posée à vos auditeurs. Je me suis dit : ''il y a un combat à faire et je n’arrêterai pas'', a expliqué Robert Gauvin.

Même un appel du Parti progressiste-conservateur, dimanche, ne l’a pas fait changer d’avis.

Il y a quelqu’un qui m'a appelé du parti conservateur: “On va vous appeler. On recule ce soir.” Mais je n'ai pas répondu parce que je ne voulais pas embarquer là-dedans, parce qu’on ne joue pas à la politique avec les soins de santé, a souligné le député indépendant.

Le gouvernement compte présenter son budget 2020-2021 à l’Assemblée législative le 10 mars. Si tous les partis d’opposition votent contre le budget, le gouvernement minoritaire tombera et des élections devront être déclenchées.

Robert Gauvin croit que le gouvernement va tomber à cette occasion. Je pense que oui, a-t-il dit en soulignant qu’il a lui-même l’intention de voter contre le budget.

Gildard Chiasson en entrevue à l'extérieur

« On avait un gars qui était prêt à rester debout pour nous défendre », souligne le président de l’Association conservatrice de Shippagan-Lamèque-Miscou, Gildard Chiasson, au sujet du député Robert Gauvin.

Photo : Radio-Canada / Alix Villeneuve

Le député ajoute que les chances sont de plus en plus grandes pour qu’il se porte candidat aux prochaines élections, mais il ne sait pas encore s’il ferait campagne à titre de candidat indépendant ou comme membre d’un autre parti. Il s’attend à des discussions à ce sujet avec le Parti vert et le Parti libéral.

Mais, il y a une chose par exemple. Peu importe ce qui va se passer par la suite, ma priorité numéro un sera ma famille, a conclu Robert Gauvin.

Déception des conservateurs de Shippagan-Lamèque-Miscou

La défection de Robert Gauvin déçoit le président de l’Association progressiste-conservatrice de Shippagan-Lamèque-Miscou, Gildard Chiasson. Et bien, mon Dieu, on avait un bon député et on l'a perdu, déplore-t-il.

Gildard Chiasson ne compte pas imiter Robert Gauvin. Nous, l'Association, on supporte le Parti conservateur. Puis, quand tu supportes un parti, on ne peut pas parler contre le chef. Ça fait qu’on supporte le Parti conservateur parce qu'il y a beaucoup de bons conservateurs à Fredericton, dit-il.

La décision du gouvernement Higgs de mettre en veilleuse la réforme a été prise un peu tard, ajoute M. Chiasson. J'aurais aimé qu'il fasse ça avant que Robert démissionne.

Les progressistes-conservateurs doivent maintenant trouver un nouveau candidat.

Avec les informations de Michel Corriveau, d'Alix Villeneuve de La Presse canadienne

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