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43 Canadiens ont contracté le COVID-19 sur le Diamond Princess

Onze passagers canadiens supplémentaires du paquebot en quarantaine ont été déclarés porteurs du coronavirus depuis lundi. L'OMS concède que la transmission de la maladie sur le bateau est supérieure à ce qui était prévu.

Un caméraman filme le Diamond Princess depuis le rivage.

Un caméraman filme le Diamond Princess depuis le rivage.

Photo : La Presse canadienne / AP/Koji Sasahara

Radio-Canada

Le nombre de Canadiens qui ont contracté le COVID-19 à bord du Diamond Princess, toujours en quarantaine au Japon, a bondi de 32 à 43, a annoncé mardi Affaires mondiales Canada. Cela représente 17 % des 256 croisiéristes canadiens qui sont à bord.

La nouvelle risque d'alimenter l'angoisse des Canadiens qui croyaient que leur mésaventure à bord du paquebot, actuellement stationné près de Yokohama, tirait à sa fin.

Ces derniers avaient déjà appris au cours des dernières heures que le vol nolisé par Ottawa pour les rapatrier au pays ne devrait pas décoller de l'aéroport Haneda de Tokyo avant la fin de la semaine, plutôt que mardi comme cela était initialement prévu. Il devront finalement attendre à vendredi matin.

L'avion est parti pour le Japon, avait indiqué Affaires mondiales Canada dans une déclaration, tout en spécifiant que la date de départ [serait] confirmée une fois que les arrangements définitifs [auraient été] confirmés avec le gouvernement japonais et la compagnie de croisière.

Dans un courriel envoyé plus tôt aux passagers canadiens du Diamond Princess, le ministère des Affaires étrangères soulignait qu'il était important que tous ceux qui veulent être rapatriés demeurent sur le bateau d'ici à ce que le vol soit prêt.

Cela s'applique même si vous avez la permission de partir parce que vous avez terminé la quarantaine sur le bateau, précisait le courriel dans sa version anglaise, obtenu par CBC.

Veuillez noter que si vous quittez le bateau avant d’avoir reçu l’instruction de le faire, il ne sera pas possible d’embarquer sur le vol canadien, ajoute le message d’Affaires mondiales Canada.

Le dernier bilan des autorités japonaises faisait état de 542 cas confirmés de COVID-19 parmi les 3700 passagers et membres d'équipage du Diamond Princess. Ce bilan a toutefois été fourni avant l'augmentation du nombre de cas parmi les Canadiens.

Le bateau de croisière est actuellement le principal foyer d’infection au coronavirus à l’extérieur de la Chine continentale.

Manon Trudel, le visage masqué, sur un pont du Diamond Princess

Manon Trudel et son conjoint sont coincés sur le bateau de croisière Diamond Princess, près du port japonais de Yokohama (archives)

Photo : Julien Bergeron

L'angoisse des Canadiens se poursuit

Avant même le bilan publié par Ottawa, un couple de Québécois, Manon Trudel et Julien Bergeron, avaient témoigné de leur anxiété face à l'évolution de la situation. M. Bergeron avait appris quelques heures plus tôt qu'il avait contracté la maladie.

Mme Trudel a expliqué qu’elle souhaiterait que son conjoint puisse embarquer à bord du vol canadien, mais Affaires mondiales Canada a clairement indiqué lundi que cela ne serait pas possible : tous les Canadiens qui ont le COVID-19 seront pris en charge par le système de santé japonais.

Mme Trudel souligne que les États-Unis ont fait le choix inverse. Un vol affrété par Washington a effectivement ramené 300 Américains au pays lundi, dont 14 étaient positifs au coronavirus. Ces derniers ont été isolés des autres passagers à bord de l’appareil.

On voudrait faire comme les Américains. Prendre l’avion. Les Américains ont embarqué sur leur avion les passagers qui avaient été détectés [positifs] au coronavirus. […] On voudrait vraiment retourner au Canada pour être soignés.

Manon Trudel

En entrevue à RDI, aux côtés de Mme Trudel, il s'étonnait d'être toujours dans sa cabine, environ 10 heures après avoir appris la mauvaise nouvelle.

Ils m’ont demandé quand je voulais partir. Demain? Après-demain? J’ai dit : "Non. Si je suis malade, je veux me faire soigner tout de suite".

Julien Bergeron

Il dit en outre avoir reçu une lettre lui demandant de se préparer un petit sac avec ses objets de valeurs pour son départ. Le message indique qu'il devra quitter le navire seul, mais sans préciser quand.

M. Bergeron est également surpris que la lettre ne lui interdise pas formellement d'aller se promener sur le pont du bateau, comme cela est permis à certains moments aux passagers, à condition qu'ils portent un masque.

À Québec, la ministre des Relations internationales, Nadine Girault, a demandé au ministre fédéral des Affaires étrangères, François-Philippe Champagne, de faire tout ce qui est en son pouvoir pour aider les Québécois malades à bord du navire.

Des passagers portent des masques de protection respiratoire.

Des passagers américains, qui étaient à bord du navire de croisière Diamond Princess, ont choisi de revenir dans un vol nolisé aux États-Unis le 17 février 2020.

Photo : Reuters

500 passagers sur le point de quitter le Diamond Princess

En théorie, la période de quarantaine des passagers du Diamond Princess, qui a commencé le 5 février, s'achève mercredi. Seront autorisés à descendre du navire ceux et celles qui affichent un test négatif et n'ont pas eu de contact proche avec une personne contaminée.

Le nombre exact [de personnes qui vont partir mercredi] varie encore, mais il sera d'environ 500 personnes, a estimé mardi un responsable du ministère japonais de la Santé.

Dans les autres cas, la période d'isolement devrait se prolonger. Ce serait le cas de Mme Trudel, si elle devait décider de ne pas prendre le vol canadien. Pour les individus déclarés positifs, comme M. Bergeron, cette quarantaine se poursuivra à l'hôpital.

Tous les Canadiens qui seront évacués du Diamond Princess à bord de l'avion nolisé par Ottawa devront cependant se soumettre à une nouvelle période de quarantaine de 14 jours à leur arrivée au pays, peu importe leur état de santé.

Ils seront examinés à la base militaire de Trenton, en Ontario, où sont déjà en quarantaine des Canadiens rapatriés de la ville chinoise de Wuhan, épicentre de l'épidémie de coronavirus.

Ils seront ensuite transportés à l'Institut de formation de NAV Canada, à Cornwall, en Ontario, pour cette nouvelle période de quarantaine.

Affaires mondiales Canada recommande à tous les Canadiens qui le peuvent de prendre l'appareil nolisé par le gouvernement.

Selon le ministère, ils pourraient avoir de la difficulté à embarquer dans un vol commercial, étant donné des restrictions de voyage décidées par de nombreux transporteurs aériens.

Les Canadiens qui choisiraient de revenir malgré tout par un vol commercial seront tout de même soumis à leur retour à la Loi sur la mise en quarantaine, conformément à une décision qui sera prise par l'Agence de la santé publique du Canada, a par ailleurs prévenu Affaires mondiales Canada.

Le Royaume-Uni, l'Australie, Hong Kong, la Corée du Sud et l'Italie et le Royaume-Uni ont aussi décidé de rapatrier leurs citoyens du navire, actuellement immobilisé près de Yokohama.

Des caméramans et photographes devant le navire.

Le Diamond Princess transportait environ 3700 passagers et membres d'équipage au départ.

Photo : Getty Images / Carl Court

La situation n'a pas évolué comme prévu, concède l'OMS

Lors de son point de presse quotidien à Genève, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a convenu que la situation sur le Diamond Princess constituait l'un des rares exemples de transmission locale soutenue du coronavirus.

À l'évidence, la situation sur le terrain a changé. Il y a clairement eu plus de transmission [de la maladie] sur le bateau que ce qui était attendu, a admis le Dr Michael Ryan, responsable des programmes sanitaires d'urgence de l'OMS.

Le spécialiste a toutefois peiné à expliquer pourquoi.

Ce sera très important d'étudier cet événement particulier, et de voir ce qui a pu mener à cette transmission parmi les gens qui sont sur le bateau.

Dr Michael Ryan, responsable des programmes sanitaires d'urgence de l'OMS

L'idée initiale des autorités japonaises, a-t-il expliqué, était qu'il était préférable de garder les croisiéristes en observation à un seul et même endroit, où ils pourraient recevoir des services, que de les laisser se disperser.

Malgré tout, le spécialiste de l'OMS a réitéré sa confiance envers les autorités japonaises.

La grande majorité des gens sur le bateau n'ont pas le COVID-19. Un bon nombre de personnes l'ont, et un bon nombre de personnes n'ont que de très légers symptômes, a-t-il fait valoir.

Alors, il faut mettre ça en perspective. C'est un événement malheureux qui se produit sur ce bateau.

Avec les informations de La Presse canadienne, et Agence France-Presse

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