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La DPJ de l’Estrie veut qu'un poste de directeur national de la DPJ soit créé

Le service de la Direction de la protection de la jeunesse en Estrie.

La DPJ de l’Estrie souhaite la création d’un poste de directeur national de la protection de la jeunesse.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Lors de son passage, mardi, à la Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse (CSDEP), la directrice de la protection de la jeunesse de l’Estrie, Johanne Fleurant, a recommandé la création d’un poste de directeur national de la protection de la jeunesse, à l'instar du poste de directeur de la santé publique nationale.

Mme Fleurant a également souligné l’importance d’améliorer les conditions de travailleurs de son service, lors de son témoignage devant la CSDEP. La charge de travail est importante et augmente sans cesse, a-t-elle martelé. Elle a précisé qu'elle souhaitait que cet aspect soit pris en considération par le gouvernement.

Fort taux de judiciarisation des dossiers

Le fort taux de judiciarisation des dossiers des enfants qui sont traités par la DPJ de l’Estrie a retenu l’attention des commissaires.

Selon Mme Fleurant, le taux est de 50 %. On travaille avec les équipes pour faire comprendre la plus-value d’aller vers la collaboration, a-t-elle déclaré. Les alternatives ne sont pas suffisamment utilisées. C’est très très rares qu’on va utiliser cette façon de faire en Estrie.

On doit être capable de réfléchir autrement pour amener nos familles à mieux collaborer avec nous.

Johanne Fleurant, directrice de la protection de la jeunesse de l’Estrie

La Commission scolaire de Val-des-Cerfs veut de meilleurs canaux de communication

Le directeur de la Commission scolaire du Val-des-Cerfs, Éric Racine, qui était de passage, mardi après-midi, devant la CSDEP, pense impératif qu’il y ait « une modification législative et des changements systémiques dans le fonctionnement et la coordination des interventions ».

Les barrières de communication et d’interrelation entre la santé, les services sociaux, la famille, la justice et l'éducation doivent être abaissées afin de permettre une réelle communication et cohésion pour assurer la sécurité de nos enfants, croit-il.

Pour Marlène Bouchard, conseillère pédagogique et psychoéducatrice à la Commission scolaire du Val-des-Cerfs, également présente à la commission, les nombreuses restructurations qui ont eu lieu notamment dans le système de santé amènent à fragiliser cette communication.

C’est important que les gens se parlent.

Marlène Bouchard, conseillère pédagogique et psychoéducatrice à la commission scolaire Val-des-Cerfs

Il faut regarder les listes d’attente. J’ai souvent des enfants qui attendent pour avoir des services à l’externe au niveau des CLSC et la de la pédopsychiatrie et ils doivent faire face à des lignes d’attente de 12, 13, 16 mois. Et là on voit des enfants qui continuent à vivre des difficultés et des parents qui sont un peu découragés, continue Mme Bouchard.

Ce n’est pas un manque de volonté, mais ça alourdit parfois les choses, avance-t-elle.

Selon cette dernière, les intervenants scolaires ont parfois l’impression de ramer seuls et de ne pas avoir d’écoute de la part des différents paliers. D’où l’importance de mettre en place une collaboration interministérielle pour que les gouvernements puissent travailler ensemble pour ne pas avoir l’impression de toujours travailler en silo.

La DPJ de l'Estrie réclame un meilleur accès aux services de première ligne

Le président-directeur général du CIUSSS de l’Estrie – CHUS , Stéphane Tremblay, a amorcé son allocution en dressant un portait de la vulnérabilité des jeunes dans la région. 30 % de nos jeunes qui entrent à l’école présentent une ou des vulnérabilités et pour la population qui s’exprime en anglais et celle qui est issue de l’immigration, c’est 50 %, a-t-il déclaré.

M. Tremblay a expliqué aux commissaires que selon lui, les failles du système de la protection de la jeunesse sont en partie causées par des lacunes dans les services de première ligne.

Les failles en protection de la jeunesse sont en bonne partie causées par les lacunes en amont, par une première ligne qui peine à agir efficacement en prévention et à constituer un filet de protection autour des enfants vulnérables.

Extrait du mémoire du CIUSSS de l’Estrie – CHUS

Un point de vue partagé par la directrice de la protection de la jeunesse de l’Estrie, Johanne Fleurant, qui a recommandé la création d’une porte unique pour que les citoyens puissent réclamer des services. Pour qu’il y ait un seul endroit pour demander de l’aide, a-t-elle souligné.

Régine Laurent s'attend à des annonces dès le prochain budget

La présidente de la commission, Régine Laurent, s'attend à des annonces du gouvernement du Québec au dépôt du prochain budget. C'est ce qu'elle a déclaré à l'ouverture des audiences publiques de la commission à Sherbrooke.

Régine Laurent s'adresse aux médias lors d'un point de presse.

Régine Laurent s'est dite consciente de la "sensibilité" régionale pour les enjeux de protection de la jeunesse.

Photo : Radio-Canada / Martin Bilodeau

Quand nous avons déposé les recommandations le 18 décembre dernier, le ministre Carmant a dit qu’il les recevait de façon très positive. On attend de voir comment ça va se traduire dans le budget, a-t-elle souligné.

Rappelons qu'en décembre dernier, la CSDEPJ avait formulé une première série de recommandations au gouvernement Legault. Régine Laurent avait notamment proposé la mise en place d’un système des avis de grossesse à l’échelle provinciale, comme cela a notamment été instauré en Estrie. Mme Laurent réclame également un réinvestissement gouvernemental pour soutenir les services aux familles, qui selon elle, ont souffert des compressions budgétaires.

Une trentaine de témoignages

Une trentaine de personnes seront entendues à Sherbrooke, dont plusieurs à huis clos lors des audiences qui vont se conclure le 20 février. Des représentants de la commission scolaire de Val-des-Cerfs témoigneront mardi après-midi.

Mercredi, des citoyens témoigneront notamment à huis clos. Des représentants des forces de l’ordre seront entendus jeudi matin. La commission poursuivra ensuite ses audiences à Montréal, à partir du 25 février.

Rappelons que suite au décès d’une fillette de 7 ans à Granby en avril 2019, le gouvernement du Québec a décidé de créer une commission spéciale pour faire le point sur les services de protection de la jeunesse.

On est très conscient de la sensibilité au système de protection de la jeunesse dans la région. On prend cela en considération et on comprend les préoccupations de la population, a déclaré Mme Laurent lors de son allocution d’ouverture des audiences à Sherbrooke

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