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Bombardier « n’avait pas les moyens de faire vivre » la C Series seule, admet son PDG

Alain Bellemare sur le plateau d'« En direct avec Patrice Roy ».

Alain Bellemare soutient que, sans l'aide de Québec à l'époque, il y avait des risques que Bombardier ferme le programme de la C Series, devenue A220 avec son partenaire Airbus.

Photo : Ivanoh Demers

Radio-Canada

Le patron de Bombardier, Alain Bellemare, admet qu’il ne s’attendait pas, lorsqu'il est arrivé dans l'entreprise, à devoir céder coup sur coup sa filiale Transport et ses activités dans les avions commerciaux.

Le défi était plus grand, une dette importante qui a grandi avec le temps, a-t-il expliqué à l’émission En direct avec Patrice Roy, lundi, quelques heures après l'annonce officielle de la transaction de 8,2 milliards de dollars américains qui voit Bombardier céder sa division ferroviaire au géant français Alstom.

Sur les raisons qui ont mené Bombardier à se démanteler en grande partie, M. Bellemare a expliqué que la C Series était un projet audacieux. C’est un avion spectaculaire qui va avoir du succès, on va protéger les emplois pour les années à venir. Mais c’est un programme qui nous a coûté 7 milliards de dollars, une très lourde charge sur notre endettement, a-t-il poursuivi.

Il a ajouté que l’entreprise traînait des programmes vieillissants comme le Q400, le CRJ, des programmes qui étaient vraiment en bout de piste, où on devait réinvestir, et ces programmes perdaient de l’argent.

M. Bellemare a indiqué que, dès son arrivée, un plan de redressement avait été établi sur un horizon de cinq ans, mais la charge de dette continuait à croître. Ce qu’on a toujours dit, c’est qu’en 2020, on devait adresser cette dette-là.

Il a expliqué que, dès les premiers mois de 2015, il s'était rendu compte que l’entreprise n’avait pas les moyens de faire vivre ce programme-là seule.

Au sujet du 1,3 milliard de dollars accordés par Québec au programme, M. Bellemare ajoute que les programmes de cette taille sont risqués, mais il y avait une façon de sauver le programme, de le faire fonctionner avec un partenaire. Et l’investissement du gouvernement du Québec à l’époque créait un pont vers un partenariat avec un grand joueur.

M. Bellemare insiste sur le fait que cela a permis de créer 3300 jobs, donc 3300 familles qui sont à chaque jour nourries. On a du travail pour eux. Ce n’est pas rien. Il y a un impact économique direct. Après ça, il y a un impact économique indirect sur le réseau qui entoure ce programme-là.

Le patron de Bombardier croit que, lorsque le gouvernement du Québec retirera ses billes du programme, en 2026, il y a des chances que le programme ait une plus grande valeur. On peut retrouver même cet investissement.

M. Bellemare a précisé que, sans l’investissement de Québec, il y avait des chances qu’on ferme le programme.

Il a insisté pour souligner l’engagement d’Airbus de garder le siège social de ce créneau d’avion de 100 à 150 places à Mirabel pour 25 ans.

Un contenu vidéo est disponible pour cet article
M. Bellemare lors de son entrevue avec Patrice Roy.

Entrevue avec le patron de Bombardier

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Je prends ce qu’on me donne

M. Bellemare répète que Bombardier n’avait pas la capacité de supporter la charge de cette dette de 12 milliards de dollars. On avait deux belles business, les avions d’affaires et les trains. On devait prendre une décision à savoir comment on pouvait accélérer le remboursement de la dette.

À la suite de cette série de transactions, Bombardier gardera la division des avions d’affaires. C'est beaucoup, affirme M. Bellemare. C’est 10 000 personnes ici au Québec, c’est 13 000 personnes au Canada, a-t-il ajouté.

On est le plus grand joueur mondial dans les avions d’affaires.

Alain Bellemare, PDG de Bombardier

M. Bellemare estime que Bombardier tourne la page et ouvre un nouveau chapitre qui va être focussé sur une entreprise qui est solide, les avions d’affaires, et créatrice de richesse. On est capable de continuer à croître. On a une situation financière qui est adressée, qui est plus saine, poursuit-il.

M. Bellemare voit la vente des divisions avions et trains d’un bon œil. Il y a un propriétaire différent, qui est Airbus, qui va continuer à faire croître ce programme. Le carnet de commandes est de 700 avions. Il y a du travail pour les prochaines années.

En ce qui concerne sa rémunération, qui a été sujette à polémique, notamment à la suite de la divulgation des rémunérations des dirigeants de Bombardier après que Québec eut injecté 1,3 milliard de dollars dans l'entreprise, M. Bellemare répond que ce n’est pas lui qui l'établit. C’est décidé par le conseil d’administration, c’est basé sur des comparables dans l’industrie, s’est-il défendu.

Quant à savoir si les dirigeants de Bombardier recevront des bonis à la suite de la transaction avec Alstom, M. Bellemare a répété que c’est le conseil d’administration qui décide de sa rémunération.

Je prends ce qu’on me donne, a-t-il dit.

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