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Le PLQ prône une taxe pour ralentir la spéculation immobilière

Le député debout en Chambre.

Selon Carlos Leitão, porte-parole de l'opposition officielle en matière de finances, une taxe « dissuasive » est nécessaire pour freiner la spéculation immobilière dans la région de Montréal.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

La Presse canadienne

L'opposition officielle à l'Assemblée nationale réclame une taxe pour freiner la spéculation immobilière dans la région de Montréal.

On n'est pas encore comme à Toronto il y a cinq ans, mais la mécanique est la même : si on ne fait rien, la propriété deviendra inabordable, a déclaré le porte-parole du Parti libéral du Québec (PLQ) en matière de finances, Carlos Leitão. Le PLQ tient ainsi à contribuer au débat sur la pénurie de logements qui a eu cours la semaine dernière à l'Assemblée nationale.

À quelques semaines du dépôt du budget, le député de Robert-Baldwin propose donc au gouvernement caquiste d'instaurer une taxe sur la propriété vacante. Cette taxe viserait les propriétaires qui achètent des propriétés à titre d'investissement sans les occuper ni les louer, ou encore qui les achètent pour les louer à court terme sur des plateformes comme Airbnb.

Taxe « dissuasive »

Tout ce parc immobilier d'appartements qui ne sont pas loués à long terme crée une rareté, ce qui pousse les prix à la hausse, a-t-il expliqué.

Ça met de la pression sur les loyers. Si on mettait une taxe dissuasive sur les propriétés non occupées, ça ramènerait beaucoup de propriétés sur le marché locatif et ça pourrait soulager la rareté qui est très réelle. Éventuellement, cela permettrait de faire baisser la pression et mener à un peu moins d'activité spéculative.

Carlos Leitão, porte-parole du Parti libéral du Québec en matière de finances

Mais à quel taux?

Quel est le taux de la taxe proposée par le Parti libéral? Cela reste à être calibré, a indiqué M. Leitão, qui dit ignorer quel serait le taux idéal actuellement.

La Ville de Vancouver a adopté une taxe sur la propriété vacante en 2017, tandis que l'Ontario a également imposé aux acheteurs étrangers de propriétés une taxe qui est mise en oeuvre sur une bonne partie de son territoire.

À Vancouver, la taxe sur les propriétés vacantes est de 1 % de la valeur du bien immobilier. En un an, la taxe a fait diminuer de 15 % le nombre de propriétés vacantes sur le territoire.

Selon M. Leitão, il faut tirer des leçons de l'expérience britanno-colombienne, qui a connu des ratés. Par exemple, il ne faut pas pénaliser ceux qui sont propriétaires de résidences secondaires, comme un chalet.

Également, il faudrait laisser un délai raisonnable d'inoccupation avant de taxer une propriété, un délai de grâce de trois à six mois, soit le temps qu'il faut pour trouver un locataire, a-t-il précisé.

Un sommet et non un moratoire

La semaine dernière, le PLQ a voté au côté du gouvernement caquiste contre une motion de Québec solidaire (QS) appuyée par le Parti québécois (PQ) sur la crise du logement. Cette motion réclamait le dépôt d'un projet de loi imposant le plafonnement du taux d'augmentation des loyers ainsi qu'un moratoire sur les évictions de logement.

On ne va pas régler ça à coups de moratoire, a commenté M. Leitão. Le Parti libéral recommande en fait la tenue d'un grand sommet sur l'habitation regroupant toutes les parties prenantes.

Car le problème du marché locatif au Québec est beaucoup plus large, estime le porte-parole libéral. À titre d'exemple, il y a peu d'incitatifs à construire ou rénover des appartements actuellement, a-t-il évoqué, ce qui explique en partie le manque de logements locatifs.

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