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Plus de 2000 ex-employés demandent le départ du procureur général des États-Unis

Bill Barr, qui porte des lunettes, regarde devant lui, la main levée.

William Barr s'est permis une rare critique à l'égard du président.

Photo : Associated Press / Susan Walsh

Condamnant sa gestion du dossier de Roger Stone, plus de 2000 anciens procureurs et responsables du département de la Justice appellent, dans une lettre, Bill Barr à démissionner et encouragent les employés actuels à rendre public tout cas d'ingérence.

Rendue publique dimanche, la lettre totalisait lundi après-midi plus de 2000 signatures d'anciens employés du département, qui disent avoir servi sous des administrations républicaines et démocrates.

Ceux-ci condamnent fermement l'ingérence du président américain et du procureur général dans le dossier de Roger Stone, un ami et collaborateur de longue date de Donald Trump, y voyant une menace grave à l'administration équitable de la justice.

Un individu ne devrait pas bénéficier d'un traitement spécial dans une poursuite pénale parce qu'il est un proche allié politique du président, écrivent les anciens employés du département.

Les gouvernements qui utilisent l'énorme pouvoir de l'application de la loi pour punir leurs ennemis et récompenser leurs alliés ne sont pas des républiques constitutionnelles; ce sont des autocraties.

Extrait de la lettre

Dans un geste inusité, le département de la Justice, sous l'impulsion de Bill Barr, a fait marche arrière la semaine dernière, et a recommandé une peine moins lourde que celle initialement proposée par les procureurs chargés du dossier et que le président Trump avait condamnée sur Twitter.

Le département a jugé excessive et injustifiée la peine de sept à neuf ans d'emprisonnement que l'équipe de procureurs avait recommandée pour Roger Stone, reconnu coupable, en novembre 2019,de sept chefs d'accusation liés à l'enquête sur l'ingérence russe lors de la présidentielle de 2016.

Après que trois d'entre eux se furent retirés du dossier et qu'un autre eut démissionné, M. Barr a défendu l'indépendance du système judiciaire dans une entrevue à ABC News, exhortant du même souffle le président à retenir ses salves contre le système judiciaire.

L'entrevue accordée jeudi dernier par Bill Barr n'a pas convaincu les ex-employés du département.

Les actions de M. Barr, qui se plie aux ordres personnels du président, sont malheureusement plus éloquentes que ses paroles. Ces actions, et le préjudice qu'elles causent à la réputation du département de la Justice en matière d'intégrité et de règle de droit, obligent M. Barr à démissionner.

Extrait de la lettre

Appel aux employés du département de la Justice

Disant douter du départ du procureur général, les signataires invitent les employés du département à signaler les futurs abus à l'inspecteur général du département et au Congrès, à refuser d'exécuter des directives incompatibles avec leur serment d'office et, si nécessaire, à démissionner et à rendre compte publiquement des raisons de leur départ.

Les démocrates, qui ont invité Bill Barr à comparaître devant le Comité judiciaire de la Chambre des représentants le 31 mars prochain, l'ont accusé à plusieurs reprises d'agir comme l'avocat personnel du président Trump et non comme le procureur général du pays. Ils lui ont entre autres reproché d'avoir présenté une version trompeuse des conclusions du rapport du procureur spécial Robert Mueller, qui enquêtait sur l'ingérence de la Russie dans la présidentielle de 2016.

Ce n'est pas la première fois que d'anciens employés du département de la Justice effectuent une sortie publique. En mai 2019, dans la foulée du rapport Mueller, un millier d'ex-procureurs avaient signé une lettre affirmant que ses conclusions justifieraient des poursuites judiciaires contre Donald Trump pour entrave à la justice si celui-ci n'était pas président des États-Unis.

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