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Découverte de la plus grande carapace de tortue à ce jour

Des tortues nagent, entourée de poissons et d'un grand reptile ressemblant à un crocodile.

Illustration montrant un mâle Stupendemys geographicus dans son milieu naturel.

Photo : Université de Zurich/Jaime Chirinos

Radio-Canada

De nouveaux restes fossilisés de la plus grande tortue à avoir foulé le sol terrestre ont été mis au jour en Colombie et au Venezuela par une équipe internationale de paléontologues.

La Stupendemys geographicus vivait dans les marécages humides du nord de l'Amérique du Sud, il y a entre 13 et 7 millions d'années.

À cette époque, la région aujourd’hui désertique grouillait de vie et possédait une faune diversifiée comprenant des rongeurs et des herbivores géants et de nombreuses espèces de crocodiliens.

La plus grosse tortue de tous les temps

Les premiers fossiles de Stupendemys geographicus ont été mis au jour dans les années 1970. Depuis lors, les paléontologues estiment que cette tortue fut fort probablement la plus grosse de tous les temps.

Les plus récentes découvertes tendent à confirmer cette hypothèse, puisqu’une carapace découverte par le paléontologue Rodolfo Sánchez et ses collègues mesure 2,4 mètres de long et 3 mètres de large.

Selon eux, la bête qui se cachait sous cette carapace devait peser au moins 1145 kg. C’est 100 fois plus que sa plus proche parente actuelle, la tortue Peltocephalus dumerilianus.

Le paléontologue Rodolfo Sánchez allongé à côté de la carapace.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le paléontologue Rodolfo Sánchez et la carapace d'un mâle Stupendemys geographicus.

Photo : Edwin Cadena

Autre découverte digne de mention : les carapaces des mâles possédaient des cornes, une caractéristique inédite chez les tortues.

En fait, c’est le seul exemple connu de dimorphisme sexuel sous forme de carapace cornue chez les tortues de la famille des Chelidae.

Malgré sa taille énorme, cette tortue n’était pas sans ennemis naturels. Dans de nombreuses régions, sa présence coïncide avec celle des Purussaurus, des animaux apparentés aux caïmans qui pouvaient dépasser les dix mètres.

Les traces de morsures dans certaines carapaces laissent à penser que la tortue se trouvait au menu de ce genre éteint de crocodiliens.

L’évolution des tortues, revue et corrigée

La découverte de mâchoires et d'autres parties du squelette des Stupendemys a également permis de revoir les relations évolutives de cette espèce au sein de l'arbre généalogique des tortues.

En étudiant leur anatomie, nous sommes en mesure d’établir que certaines tortues qui peuplent aujourd’hui la région amazonienne sont leurs plus proches parents vivants.

Rodolfo Sánchez, Musée de paléontologie d’Urumaco

Les auteurs de ces travaux publiés dans la revue Science Advances (Nouvelle fenêtre) (en anglais) estiment que la distribution des Stupendemys était beaucoup plus vaste qu’on l’estimait à ce jour, et comprenait toute la partie nord de l'Amérique du Sud.

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