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Logement social : Montréal lorgne 300 terrains

Valérie Plante et Roger Beaudry s'adressent aux journalistes.

La mairesse Valérie Plante et le membre du Conseil exécutif Roger Beaudry ont annoncé que la Ville de Montréal se réservait un droit de préemption sur 300 lots pour y développer du logement social et communautaire.

Photo : Radio-Canada / Benoît Chapdelaine

Radio-Canada

La Ville de Montréal a sélectionné 300 terrains sur lesquels elle se réserve un droit de premier achat pour 10 ans afin de construire du logement social et communautaire.

Un texte de Pierre Chapdelaine de Montvallon

Ce droit de préemption obligera les propriétaires de ces lots à vendre en priorité leur terrain à la Ville, qui aura 60 jours pour présenter une offre à la valeur du marché.

Avec cette annonce, la mairesse Valérie Plante explique vouloir que la Ville devienne plus agile pour répondre à la pénurie de logements qui touche la métropole.

Le marché immobilier est en pleine effervescence à Montréal. Il n’y a donc pas beaucoup de terrains et de bâtiments qui sont offerts sur le marché, et lorsqu’il y en a, ils s’envolent très vite.

Valérie Plante, mairesse de Montréal

Les 300 lots identifiés par la Ville se situent dans des arrondissements suivants :

  • Côte-des-Neiges—Notre-Dame-de-Grâce,
  • Ville-Marie,
  • Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension,
  • Le Sud-Ouest,
  • Verdun,
  • Le Plateau-Mont-Royal.

Les propriétaires de ces lots recevront une lettre de la Ville dans les prochains jours.

Une centaine de ces 300 terrains se situent près du nouveau Campus MIL de l’Université de Montréal, notamment dans le quartier de Parc-Extension, où la pression sur le logement locatif s’est accrue avec l’ouverture du nouveau campus.

Une priorité d’achat, mais avec quel argent?

Faiz Abhuani, directeur de Brique par Brique, un organisme montréalais qui développe des projets de logements communautaires, salue l’annonce de la Ville.

Mais selon lui, le droit de préemption ne règle qu’une partie du problème.

C’est un bon outil pour développer du logement social, mais seulement si les fonds sont disponibles. Sans budget conséquent pour acheter les terrains et construire les logements, le droit de préemption n’est pas vraiment utile.

Faiz Abhuani, directeur de Brique par Brique

Durant sa conférence de presse, Valérie Plante a d’ailleurs réitéré sa demande à Québec et à Ottawa de s’entendre sur les fonds destinés au logement social, afin que Montréal puisse en bénéficier. Ce qui nous manque, ce sont les ressources financières, a expliqué la mairesse.

Une mesure coûteuse

Du côté de la Corporation des propriétaires immobiliers du Québec (CORPIQ), le scepticisme est de mise : La Ville fait de la politique, résume Hans Brouillette, son directeur des affaires publiques. Valérie Plante veut réaliser les 12 000 logements sociaux qu’elle a promis et elle cherche les moyens de le faire.

Mais le coût pour réaliser l’acquisition d’une partie de ces lots et le coût de construction des logements va être exorbitant, prédit Hans Brouillette.

LA CORPIQ craint par ailleurs que les terrains de ses membres visés par le droit de préemption de la Ville perdent de la valeur. Pour le vendeur, vous venez de limiter, sinon d’empêcher des offres de se faire, estime Hans Brouillette. Des acheteurs potentiels pourraient bien détourner le regard ou ne pas se pointer.

Augmenter l’offre générale de logements

Tant du côté de la CORPIQ que de Brique par Brique, un aspect fait l’unanimité : il faut augmenter l’offre de logement privé − et dans la mesure du possible, abordable − pour répondre à la pénurie de logements, et non miser simplement sur le logement social.

La majeure partie des personnes à faibles revenus ne vivent pas dans des logements subventionnés, mais dans des logements privés, explique Faiz Abhuani. Pour des raisons politiques, la Ville affirme développer plus de logements sociaux, mais la réalité de leurs politiques, c’est que la plupart des personnes à faibles revenus vont continuer à être repoussées hors des quartiers centraux.

Pour la CORPIQ, la solution est limpide : Il faut favoriser davantage de constructions pour augmenter l’offre de logements, et mettre en place des mesures pour aider financièrement les propriétaires à rénover, détaille Hans Brouillette.

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