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Blocage des voies ferrées : le dialogue et l’urgence du retour à la normale

Justin Trudeau descend un escalier entouré de journalistes.

Justin Trudeau s'est fait avare de commentaires à la sortie de la rencontre de travail qu'il a eue avec ses ministres.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Radio-Canada

Le premier ministre fédéral, Justin Trudeau, a réuni lundi son Groupe d’intervention en cas d’incident, afin de trouver une solution pacifique au blocage des voies ferrées qui perturbe le transport de marchandises et de passagers.

Depuis 13 jours, un mouvement de contestation est en cours pour exprimer le refus des chefs héréditaires de la Première Nation Wet’suwet’en de laisser la construction du projet Coastal GasLink aller de l’avant.

Outre le premier ministre, les ministres Marc Miller (Services aux Autochtones), Carolyn Bennett (Relations Couronne-Autochtones), Marc Garneau (Transports), Bill Blair (Sécurité publique), Chrystia Freeland (Affaires intergouvernementales) Pablo Rodriguez (leader du gouvernement aux Communes), Bill Morneau (Finances), Seamus O’Regan (Ressources naturelles) et David Lametti (Justice) étaient de la partie.

Dans un communiqué du Cabinet du premier ministre, ils ont indiqué qu’il était nécessaire d'aborder cette situation urgente de manière à établir la confiance et le respect en vue d'une résolution immédiate avec toutes les parties.

Marc Garneau, ministre fédéral des Transports.

Marc Garneau prône le dialogue, mais insiste sur la nécessité d'une solution rapide.

Photo : Radio-Canada

En entrevue à ICI RDI, le ministre des Transports, Marc Garneau, a insisté sur l'importance du dialogue et de l’écoute, mais on ne va pas prendre une éternité, a-t-il souligné.

On veut résoudre cela de la bonne façon, c’est l’approche qu’on prend, mais on réalise aussi qu’à un moment donné, il pourrait y avoir des impacts économiques qui ne sont pas acceptables.

Marc Garneau, ministre fédéral des Transports

Aux conservateurs qui suggèrent d’imposer une solution par la force au besoin, M. Garneau réplique qu’ils ne comprennent vraiment pas la complexité de cette situation.

Dans un communiqué publié lundi après-midi, le ministre Garneau rappelle quand même que les voies ferrées et les gares de triage sont des endroits dangereux pour les personnes n’ayant pas une formation adéquate.

Interférer avec l’équipement, les voies ferrées, le matériel roulant ou la signalisation est illégal et extrêmement dangereux.

Marc Garneau, ministre fédéral des Transports, dans un communiqué

Justin Trudeau a pour sa part convenu que la situation était inquiétante pour de nombreux Canadiens et a qualifié la séance de travail de la matinée de fructueuse.

J’ai fait des appels à des premiers ministres. J’ai fait des appels à des leaders autochtones. On va continuer de travailler pour résoudre cette situation de façon paisible, mais aussi de façon rapide.

Justin Trudeau, premier ministre du Canada

Aucun autre ministre n'a offert de commentaires à la presse à la sortie de la rencontre.

Le gouvernement privilégie une solution négociée

Même s’il reconnaît que le blocage des voies ferrées, toujours en cours près de Belleville, en Ontario, est une activité illégale, le gouvernement Trudeau préconise une solution négociée à ce conflit. Les démarches entreprises jusqu’ici sont toutefois demeurées vaines.

Samedi, le ministre Miller n’a rapporté que de modestes progrès au terme de sa rencontre avec les manifestants mohawks de Tyendinaga après avoir discuté avec eux pendant près de huit heures dans un centre communautaire situé non loin de leur campement.

Selon le bureau du premier ministre, Mme Bennett a eu pour sa part plusieurs conversations avec les chefs héréditaires Wet'suwet'en au cours des derniers jours. Elle s'est engagée à les rencontrer au moment qui leur convient, a-t-il révélé dans une déclaration publiée dimanche.

La ministre Carolyn Bennett et son homologue provincial de la Réconciliation et des Relations avec les autochtones, Scott Fraser, se sont rencontrés.

Nous convenons que le dialogue est le meilleur moyen, et le moyen préféré, de traiter ces questions, ont-ils déclaré. Ils font état d'une lettre conjointe adressée aux chefs héréditaires des Wet'suwet'en pour une rencontre dès que possible.

Signe que la situation se corse dans ce dossier, le premier ministre Trudeau a annulé dimanche son voyage à la Barbade, qui s’inscrivait dans la campagne de son gouvernement pour obtenir un siège non permanent au Conseil de sécurité des Nations unies. Il est remplacé par le ministre des Affaires étrangères, François-Philippe Champagne.

Blocages ferroviaires : de lourds impacts économiques

Les partis de l’opposition s’impatientent

Le gouvernement fédéral a tardé à réagir et le résultat de la réunion de crise n’impressionne pas la classe politique à Ottawa.

On ressort de là sans aucune indication claire pour sécuriser la population et leur dire que les choses vont retourner à la normale, lance le conservateur Alain Rayes.

Le Nouveau Parti démocratique insiste sur la nécessité de discuter avec tous les acteurs de ce dossier.

Il faut rassembler les gens autour d’une table, il faut avoir les chefs héréditaires, le conseil de bande des Wet’suwet’en, le gouvernement provincial. Il faudrait peut-être avoir la compagnie aussi est derrière ce gazoduc-là pour voir ce qu’on peut faire pour sonner de l’espoir à ces chefs héréditaires qui ont la responsabilité de la protection de leur territoire, lance Alexandre Boulerice, chef adjoint du NPD.

Simon-Pierre Savard-Tremblay, député du Bloc québécois, estime qu’il ne fallait pas ajourner la rencontre avant d’obtenir une solution.

Legault continue de faire pression sur Trudeau

Le premier ministre du Québec, François Legault, a répété pour une énième fois lundi que le premier ministre canadien devait s’engager davantage dans le dossier, qui a d'importantes répercussions dans sa province comme ailleurs au pays.

Je pense que Justin Trudeau doit s’impliquer, il faut se donner des limites, a-t-il dit depuis Montréal, où il signait un protocole d’entente sur le développement économique de la région d’Eeyou Istchee Baie-James avec le grand chef du Grand Conseil des Cris, Abel Bosum.

Je comprends qu’il faut le faire en discutant avec les nations autochtones. Mais en ce moment, il commence à y avoir des pénuries dans plusieurs secteurs, surtout le transport des marchandises, qui [ont] un impact très important sur notre économie.

François Legault, premier ministre du Québec

Le chef Bosum n’a pas voulu dire s’il appuyait les manifestants, mais il a clairement souligné qu’il importait que les Premières Nations et les différents gouvernements du pays apprennent à mieux dialoguer.

Il y a moyen de planifier un avenir commun. Ça consiste à s’asseoir ensemble, a-t-il dit en prenant pour exemple la Convention de la Baie-James, qui a jeté les bases d'une coopération entre Québec et les Cris en 1975.

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