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Chimiothérapie : un traitement pour limiter la perte de cheveux offert à Gatineau, mais pas à Ottawa

La femme de 42 ans est assise à l'Hôpital avec un casque sur la tête.

Nadia Drouin a reçu le traitement gratuitement à l'Hôpital de Gatineau grâce à la Fondation santé Gatineau.

Photo : Fondation Santé Gatineau

Radio-Canada

Un traitement visant à limiter la perte de cheveux pendant une chimiothérapie est offert à Gatineau, mais pas à Ottawa, et ce, en partie parce que la communauté médicale reste divisée sur son efficacité.

Le port d'un casque réfrigérant juste avant, pendant et après une séance de chimiothérapie permet de réduire la température du cuir chevelu et de limiter le flux sanguin vers les follicules pileux.

Bien que les médecins avertissent que les résultats du traitement peuvent varier, il est actuellement offert gratuitement à l'Hôpital de Gatineau pour les patients dont les médecins le recommandent, et ce, grâce au financement de la Fondation santé Gatineau.

Mais de l'autre côté de la rivière des Outaouais, en Ontario, c'est aux patients de s'arranger pour avoir accès aux casques réfrigérants. Ils doivent aussi le payer de leurs propres poches. Actuellement, le traitement n'est offert nulle part à Ottawa.

La perte de cheveux, « pas une chose facile à gérer »

Résidente d'Ottawa et mère d'un enfant, Kelly Richer, 32 ans, aurait aimé avoir plus facilement accès à ce traitement quand elle était soignée en chimiothérapie pour un cancer du foie rare.

La femme de 32 ans n'a plus de cheveux.

Résidente d'Ottawa et mère d'un enfant, Kelly Richer, 32 ans, aurait aimé avoir plus facilement accès à ce traitement quand elle était soignée en chimiothérapie pour un cancer du foie rare.

Photo : Radio-Canada / CBC

J'ai juste l'impression que cette option aurait été phénoménale pour un grand nombre de personnes, soutient Mme Richer, qui a perdu ses longs cheveux blonds à la suite de ses traitements de chimiothérapie.

J’étais sous la douche, je voyais mes cheveux tomber et disparaître dans le drain. Ce n'est pas une chose facile à gérer.

Kelly Richer

Pour Mme Richer, c'est exaspérant de savoir qu'il y a différents soins offerts gratuitement de l'autre côté du pont.

Histoire d'une réussite à Gatineau

Nadia Drouin, 42 ans, a obtenu gratuitement ce traitement à l'Hôpital de Gatineau grâce à la Fondation santé Gatineau. Selon elle, le port d'un casque réfrigérant lui a permis de garder ses cheveux pendant sa chimiothérapie.

La femme coiffe ses cheveux devant le miroir.

Nadia Drouin conserve ses cheveux grâce au casque réfrigérant.

Photo : Radio-Canada / Jean Delisle

Avec mes cheveux, je me sens mieux, parce que quand je n'ai pas de cheveux, je suis un peu maigre, donc j'ai l'air malade.

Nadia Drouin, atteinte d'un cancer

Mais quand j'ai des cheveux, c'est comme si j'avais confiance en ma capacité de survivre au cancer. Ça me rend vraiment heureuse, ajoute Mme Drouin.

La femme de 42 ans est assise à l'Hôpital avec un casque réfrigérant sur la tête.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Nadia Drouin a obtenu gratuitement ce traitement à l'Hôpital de Gatineau grâce à la Fondation santé Gatineau.

Photo : Fondation Santé Gatineau

Quand mon médecin m'a parlé du casque, j'ai dit : "Je vais faire des recherches sur Internet", et j'ai vu que dans certains pays, c'est assez populaire et que les gens le font très fréquemment, explique Mme Drouin, qui a commencé à suivre le traitement en 2018.

Son médecin l'a avertie que le traitement n'est pas toujours efficace. C'était inconfortable au début, selon Mme Drouin qui compare la sensation au fait de se mettre la tête dans un banc de neige. Mais ça a marché, croit-elle.

Même l'infirmière était un peu surprise, car j'étais l'une des premières à l'avoir essayé à Gatineau. Donc c'était amusant de voir mes cheveux continuer à pousser à chaque fois que j'allais me faire soigner, décrit-elle.

C'est la Fondation santé Gatineau qui a acquis l'appareil, au coût de 43 000 $, et qui l'offre gratuitement aux patients du Centre de cancérologie de l'Hôpital de Gatineau depuis 2019.

Le centre de cancérologie nous a demandé de l'acquérir pour l'offrir aux patients. On a analysé l'impact que cela pourrait avoir sur les patients et on a trouvé que ça serait un super projet, explique Caroline Hudon, porte-parole de la Fondation santé Gatineau.

Pas recommandé pour tous les patients

Les médicaments de chimiothérapie ciblent toutes les cellules qui se divisent rapidement dans le corps humain, y compris les cellules ciliées. C'est pour cette raison que certains types de chimiothérapie provoquent la perte de cheveux, selon l'hémato-oncologue au CHU de Québec-Université Laval Julie Lemieux.

La docteure lors d'une entrevue à Radio-Canada.

Selon l'hémato-oncologue au CHU de Québec-Université Laval Julie Lemieux, les casques réfrigérants ne sont pas pour tous les patients.

Photo : Radio-Canada / Hans Campbell

Cette dernière confirme que les résultats du casque réfrigérant peuvent varier, et qu'il s'agit seulement d'une option pour les patients qui reçoivent certains types de chimiothérapie.

Pour certains cancers, vous ne voudriez pas utiliser ce casque. Par exemple, pour un patient atteint de leucémie, parce qu'il y a un cancer dans les cellules sanguines et que le sang traverse votre cuir chevelu, vous ne voulez pas utiliser le casque réfrigérant parce que vous ne voulez pas diminuer l’effet de la chimiothérapie.

La Dre Julie Lemieux, hémato-oncologue au CHU de Québec-Université Laval

La Dre Julie Lemieux, qui traite principalement les femmes atteintes d'un cancer du sein, affirme qu'elle propose depuis 2006 le traitement avec le casque réfrigérant à ses patientes.

Elle n'a pas accès au même système que celui auquel Nadia Drouin a eu recours à Gatineau — il s'agit d’une technologie qui maintient le casque au froid sans devoir le retirer, tandis que les casques que portent les patients de la Dre Lemieux doivent être fréquemment remplacés par d’autres casques conservés au congélateur.

Un traitement qui nécessite des ressources

Selon la Dre Lemieux, le casque est placé sur la tête du patient pendant environ 20 minutes avant le début du traitement, puis il est conservé jusqu'à 90 minutes après, ce qui nécessite des ressources pour le traitement.

S'il y a des ressources nécessaires, [le casque réfrigérant] sera une bonne idée pour les patients. Mais nous devons aussi avoir les ressources nécessaires, car cela prend plus de temps pour chaque patient, déclare-t-elle. Il est difficile de trouver le temps nécessaire.

Ni le ministère de la Santé de l'Ontario ni celui de la Santé et des Services sociaux du Québec ne financent directement ce traitement et la disponibilité de ces casques dans chaque province dépend de chaque hôpital.

À Toronto, par exemple, il existe des casques réfrigérants à l'Hôpital Princess Margaret, au Centre Sunnybrook des sciences de la santé et à l'Hôpital Mount Sinai, mais aucun de ces appareils n'a été acheté par la province. Aucun hôpital à Ottawa n'offre le casque réfrigérant et la Fondation du cancer de la région d'Ottawa a déclaré qu'elle ne finançait pas le traitement.

L'Association médicale de l'Ontario a déclaré qu'elle ne pouvait pas se prononcer sur l'efficacité du traitement. De son côté, le ministère de la Santé a déclaré par voie de communiqué qu'il demanderait à Action cancer Ontario, — le conseiller du gouvernement en matière de cancer —, de se pencher sur l’efficacité du traitement et sur l’utilisation possible pour les patients de l'Ontario, dans tous les établissements.

Le site web de Santé Canada montre que le ministère a octroyé une licence pour le type de casque réfrigérant que Nadia Drouin a utilisé à l'Hôpital de Gatineau. CBC a demandé au ministère s’il menait actuellement des études sur les dispositifs. Santé Canada a répondu qu'il n'examinait pas l'efficacité de ces dispositifs.

Avec les informations de Hillary Johnstone, de CBC

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Santé