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Un Falardeau au féminin, pour ouvrir la 70e Berlinale

Le nouveau film de Philippe Falardeau, My Salinger Year, donne ce jeudi le coup d’envoi de la 70e Berlinale, une première pour un cinéaste québécois. Le Gatinois d’origine en profite pour réfléchir aux perspectives qu’un réalisateur peut – ou non – dépeindre dans une production.

Philippe Falardeau pose en veston devant les caméras.

Philippe Falardeau deviendra ce jeudi le premier Québécois à ouvrir le Festival international du film de Berlin.

Photo : Reuters / Mario Anzuoni

Caroline Chrétien

Dans son long métrage My Salinger Year, le cinéaste Philippe Falardeau raconte comment l’autrice américaine Joanna Rakoff a abandonné ses études de deuxième cycle pour devenir assistante au sein d’une agence littéraire de New York.

Deux actrices partagent la vedette de My Salinger Year : Margaret Qualley, dans le rôle de Joanna, et Sigourney Weaver, qui incarne l’agente littéraire de l'écrivain américain J.D. Salinger.

Avant ce projet, Philippe Falardeau ne s’était jamais senti en mesure de raconter une histoire d’un point de vue féminin. Tout a changé lorsqu’il a lu les mémoires de Joanna Rakoff, qui donne leur titre à son film.

C’est une voix féminine, forte, intéressante, drôle, touchante, qui s’intéresse aux détails. À partir de là, j’étais confortable, surtout qu’elle était impliquée dans le processus de lecture des différentes versions du scénario.

Philippe Falardeau

Pour le cinéaste, le secret est là : travailler étroitement avec l’autre pour représenter son point de vue de la façon la plus juste possible.

Une petite fille (Sophie Nélisse) face à un professeur (Fellag) dans une classe

Pour son long métrage «Monsieur Lazhar», nommé aux Oscars, Philippe Falardeau s'était rendu en Algérie pour rencontrer des réfugiés.

Photo : Les films Séville

C’est un travail d’empathie que j’avais fait dans d’autres films. Monsieur Lazhar, ça parle d’un immigrant algérien. Je suis allé en Algérie et j’ai interviewé beaucoup de réfugiés algériens. Même chose pour The Good Lie, qui parle de réfugiés sud-soudanais. J’ai côtoyé des réfugiés, je leur ai donné des rôles dans le film, fait-il valoir.

Dans le cas de My Salinger Year, Philippe Falardeau se reconnaissait aussi dans le personnage de Joanna.

Dans cette scène, une jeune femme est assise à un bureau.

Philippe Falardeau s'est reconnu dans les questionnements du personnage de Joanna, incarnée par Margaret Qualley, dans «My Salinger Year».

Photo : Philippe Bossé

J’étais touché par ce moment de la vie où, [au] début vingtaine, on est angoissé, on ne sait pas trop ce qu’on veut faire. On a des rêves, on pense qu’ils sont inaccessibles et on doit prendre des décisions qui nous semblent insurmontables, explique-t-il.

Le réalisateur se destinait à une carrière dans le domaine des relations internationales ou de la politique avant de choisir le cinéma, à peu près à la même époque de sa vie.

Des sujets encore intouchables

S’il ne doute aucunement de sa légitimité à raconter une histoire comme My Salinger Year, Philippe Falardeau ne s’estime toutefois pas en mesure d'aborder tous les sujets. Il n’oserait pas, par exemple, se lancer dans un projet sur les pensionnats autochtones.

Ce n’est pas parce que ça ne m’intéresse pas ou que je ne peux pas le faire, mais je pense que ça prend une charge émotive qui est intime, qui est incarnée. Il y a des sujets comme ça qui doivent être menés par des gens qui sont de l’intérieur.

Philippe Falardeau

Et la diversité dans tout ça?

Questionné sur la question de son rapport à la diversité, le visage de Philippe Falardeau s’anime.

Depuis le début, je fais des films sur les autres. C’est ça qui m’intéresse, s’enthousiasme-t-il. Un intérêt qu’il dit avoir développé lors de sa participation à la Course destination monde, dans les années 1990.

Dans mes scénarios [...], il y a toujours l’autre, l’étranger, celui qui n’est pas moi, alors ça se reflète sur mes plateaux.

Philippe Falardeau

Le cinéaste estime d’ailleurs que les réalisateurs ont le pouvoir d’exiger davantage de diversité dans les productions sur lesquelles ils travaillent et qu’ils doivent utiliser ce pouvoir à bon escient.

Le film My Salinger Year devrait prendre l’affiche au pays dans les mois suivant sa présentation en grande première mondiale à Berlin.

Avec les informations de Kevin Sweet

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