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Fermeture des urgences : le gouvernement Higgs explique sa volte-face

Un homme devant un micro.

Le premier ministre Blaine Higgs lors du point de presse sur l'annulation de la fermeture des urgences.

Photo : Radio-Canada / Rose St-Pierre

Marc-André Haché

Blaine Higgs, le premier ministre du Nouveau-Brunswick, a reconnu que le fait de ne pas avoir consulté les communautés touchées a été une erreur. Plusieurs questions soulevées par celles-ci demeuraient sans réponse.

Dimanche matin, le gouvernement s'est réuni pour faire un retour sur les événements de la dernière semaine et voir quelle serait la prochaine étape. La conclusion a été de ne pas aller de l'avant pour le moment, explique Blaine Higgs.

La décision du gouvernement a été officiellement annoncée dimanche soir alors qu'il a expliqué par voie de communiqué vouloir mettre en veilleuse le projet de réforme le temps de tenir des consultations publiques.

La mise en place des mesures prévues pour le 11 mars a donc été annulée. Le plan original était de fermer les urgences des hôpitaux de Sainte-Anne-de-Kent, de Caraquet, de Grand-Sault, de Sussex, de Sackville et de Perth-Andover de minuit à 8 h.

Nous avons toujours besoin d'un plan pour régler le problème, mais nous avons besoin de l'avis des Néo-Brunswickois, a déclaré Blaine Higgs. Un meilleur processus aurait dû être mis en place pour entendre les gens des communautés touchées, explique-t-il.

La province dit vouloir plutôt tenir des consultations communautaires en avril et mai.

Le député indépendant et ex-progressiste-conservateur Robert Gauvin dénonçait dimanche le manque de consultations avec la population dans la mise en place des nouvelles mesures.

Le premier ministre s'est dit ouvert aux suggestions des autres partis et des intervenants du milieu pour mener à bien une reforme qui permettrait de régler ce qu'il considère comme une crise du système de santé du Nouveau-Brunswick.

Nous devons trouver une solution. Ne rien faire n'est pas une option.

Blaine Higgs, premier ministre du Nouveau-Brunswick

La fermeture des urgences dans six communautés rurales du Nouveau-Brunswick annoncée par le gouvernement Higgs a semé l’indignation et mené à la démission du vice-premier ministre et ancien député progressiste-conservateur Robert Gauvin.

Les manifestations qui avaient déjà été organisées devant les six hôpitaux visés par la mesure initiale ont eu lieu comme prévu lundi, jour férié au Nouveau-Brunswick.

Les réactions abondent

En conférence de presse lundi, Jean-Claude D'Amours, le député libéral d’Edmundston-Madawaska-Centre, a affirmé qu'il croyait que le gouvernement avait finalement réalisé qu'il avait fait une erreur en ne consultant pas les professionnels de la santé, les ambulanciers et la population de la province. C'est la plus grosse gaffe à laquelle ce gouvernement doit faire face, ajoute-t-il.

En soirée dimanche, le Parti vert a dit se réjouir de la volte-face du gouvernement. Le leader du Parti, David Coon, a rappelé que deux des six hôpitaux visés se trouvaient dans les circonscriptions des deux députés qui l’accompagnent à l’Assemblée législative, Megan Mitton et Kevin Arseneau.

Nous avons tous les trois rencontré et parlé avec des leaders communautaires, des citoyens et des professionnels de la santé dans les six régions qui seraient touchées par la dégradation des services de santé dans leurs hôpitaux, a déclaré le chef du Parti vert.

Le premier ministre a fait ce qu'il devait faire en laissant les plans en suspens et en s'engageant à visiter chaque communauté pour discuter des soins de santé, juge M. Coon.

David Coon interviewé devant l'édifice de l'Assemblée législative

Le chef du Parti vert du Nouveau-Brunswick et député de Fredericton-Sud, David Coon

Photo : CBC/Joe McDonald

L’Alliance des gens du Nouveau-Brunswick s'est dite heureuse que le gouvernement ait décidé d’annuler son projet de fermer le service de nuit dans ces six salles d’urgence rurales.

Le parti dirigé par Kris Austin s’était prononcé contre cette mesure, la semaine dernière. Il est essentiel que tous les intervenants participent au processus de création d’un plan qui fonctionne pour tout le monde, a soutenu M. Austin lundi, en réaction au changement de direction du gouvernement Higgs. Il croit les consultations que veut tenir le gouvernement est la bonne chose à faire.

Une décision surprenante

L’analyste politique et éditorialiste au journal L'Acadie Nouvelle, François Gravel, s'est dit étonné. Selon lui, Blaine Higgs tente de sauver la peau de son gouvernement.

Pour François Gravel, c’est une surprise. Il a attendu que tous ses appuis s’effondrent avant de faire volte-face, constate l'analyste.

Robert Melanson, président de la Société de l'Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB), estime que le gouvernement Higgs traite le dossier de la santé avec amateurisme et insensibilité. Il a dénoncé lundi des décisions purement économiques qui ne tiennent pas compte de la réalité des habitants.

Lorsqu'on lui a demandé s'il considérerait un retour du député Robert Gauvin au sein du parti progressiste-conservateur, le premier ministre Higgs a répondu qu'il n'avait pas encore eu le temps d'en discuter avec son caucus. Je devrai rencontrer les membres de mon caucus pour en parler. C'est une situation unique dans laquelle nous nous trouvons, en tant que gouvernement minoritaire, explique-t-il.

Quand il y a des moments difficiles, nous devons travailler en équipe. C'est lui qui a choisi de partir, a conclu le premier ministre.

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