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Après ses avions commerciaux, Bombardier vend ses trains

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Un train suisse passe devant une publicité de Bombardier placardée sur un mur d'une gare de Berne en Suisse.

La division Transport de Bombardier est basée en Allemagne.

Photo : Reuters / Denis Balibouse

Radio-Canada

La multinationale québécoise Bombardier se recentre et vend sa filiale Transport au géant français Alstom dans une transaction de 8,2 milliards de dollars américains. La rumeur de la transaction courait depuis plusieurs semaines.

Bombardier a annoncé lundi avoir pris la décision stratégique de se concentrer exclusivement sur ses activités dans le secteur des avions d'affaires.

Pour l'entreprise québécoise, cette transaction allonge la liste des actifs cédés, tels que sa participation au programme A220 – anciennement connu sous le nom de C Series– à Airbus et au gouvernement du Québec.

Je suis très fier d’annoncer l’acquisition de Bombardier Transport, qui représente une opportunité unique de renforcer notre position mondiale sur le marché en forte croissance de la mobilité, a déclaré Henri Poupart-Lafarge, président du conseil et directeur général d’Alstom. Cette acquisition renforcera notre présence internationale ainsi que notre capacité à répondre à la demande toujours plus importante de solutions de mobilité durable.

La réalisation de l'opération est attendue pour le 1er semestre 2021, a indiqué l'entreprise française.

Cette vente devrait permettre à Bombardier de toucher entre 4,2 et 4,5 milliards de dollars américains.

La Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ), qui détient 32,5 % de Bombardier Transport, vend ses parts à Alstom pour acquérir une part minoritaire – qui devrait atteindre environ 18 % – de la nouvelle entité sous l’aile de la firme française. Cela fera de la Caisse l'actionnaire le plus important d'Alstom et devrait lui permettre, selon une déclaration faite par voie de communiqué, de nommer deux représentants et un observateur au conseil d'administration de la société.

La Caisse a annoncé un investissement additionnel dans Alstom de 700 millions d'euros (environ 1 milliard de dollars canadiens). Le montant total de l'investissement de la CDPQ pourrait approcher 2,8 milliards d'euros (près de 4 milliards de dollars canadiens), selon les conditions de financement et de clôture.

C'est un investissement dans une société très bien positionnée pour tirer parti de la croissance d'un secteur porteur. Celui-ci s'inscrit aussi directement dans notre stratégie et produira des rendements attrayants pour nos déposants à long terme, a déclaré Charles Emond, président et chef de la direction de la Caisse.

Alstom compte renforcer sa présence au Québec.

Après l’opération, Montréal deviendra le siège des opérations d’Alstom pour les Amériques, menant l’ensemble des activités du groupe ainsi que son expansion dans ces géographies, indique un communiqué.

De plus, en s’appuyant sur les forces reconnues du Québec en matière d’innovation et de mobilité durable, Alstom installera un centre d’excellence pour la conception et l’ingénierie, ainsi que pour les activités de R&D de haute technologie, qui se concentrera notamment sur le développement de solutions de mobilité durable, est-il ajouté.

Bombardier Transport en chiffres :

  • Siège social à Berlin, en Allemagne
  • Revenus de 8,3 milliards en 2019
  • Nouvelles commandes de 10 milliards en 2019
  • Carnet de commandes de 35,8 milliards en 2019
  • Quelque 36 050 employés dans le monde, dont environ 1000 au Québec

Aval de la Commission européenne

L'acquisition de l'activité ferroviaire de Bombardier permettra à Alstom de mieux se positionner sur le marché face à la compagnie chinoise CRRC, chef de file mondial dans la vente de rails.

Ensemble, Alstom et Bombardier Transport généreraient des revenus d'environ 18 milliards, selon l'analyste Benoit Poirier, de Desjardins Marchés des capitaux. Mais cela demeure toutefois loin du chiffre d'affaires de quelque 34 milliards du géant chinois CRRC.

En 2017, Alstom avait tenté une fusion avec l'entreprise allemande Siemens, transaction qui avait été bloquée par les autorités européennes.

Cette alliance aurait notamment porté atteinte à la concurrence sur les marchés des systèmes de signalisation et des trains à grande vitesse, avait rapporté la Commission européenne.

Les responsables européens scruteront également le potentiel mariage entre Alstom et Bombardier Transport, ce qui pourrait notamment retarder la conclusion de la transaction.

En entrevue au micro de Midi Info, le directeur associé et spécialiste des secteurs du transport au sein du cabinet de conseil parisien Sia, Arnaud Aymé, a toutefois fait valoir que la Commission s’était assouplie depuis cette décision, notamment sous l’effet de pressions exercées par les gouvernements français et allemand.

Le consultant est d’avis que la transaction pourra se concrétiser, bien qu’Alstom pourrait devoir céder quelques activités sur le Vieux Continent.

Il fait d’ailleurs valoir que la Caisse de dépôt est un actionnaire stable déjà connu et bien vu en Europe.

Avec les informations de La Presse canadienne, et Reuters

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