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Le combat d’un diabétique pour le remboursement de sa pompe à insuline

un homme

Martin Paré

Photo : Radio-Canada

Sarah Désilets-Rousseau

Martin Paré est atteint d’une forme complexe de diabète de type 1. Sa pompe à insuline lui permet de mener une vie normale, mais à un fort prix. C'est une injustice, selon lui, puisque d'autres dans sa situation n'ont pas à payer.

La pompe de Martin Paré, un chauffeur de taxi de 45 ans de Trois-Rivières, n'est pas remboursée par le gouvernement du Québec. L’appareil au coût de 7200 $ lui a pourtant sauvé la vie, n’hésite-t-il pas à affirmer.

C'est que la régulation de son taux de sucre est plus difficile que pour la moyenne des diabétiques. Et comme un véritable pancréas artificiel, sa pompe à insuline capte sa glycémie et injecte automatiquement des microdoses d'insuline, ce qui lui évite une quinzaine de prises de sangs et d'injections chaque jour.

Pour moi, c’est fondamental. Je ne peux pas m’en passer.

Martin Paré, diabétique

Sa glycémie est maintenant très stable, mais son appareil lui coûte, avec les accessoires, au moins 520 $ par mois. Un poids financier si important pour lui, qu’il en change les aiguilles deux fois moins souvent qu’il le faudrait, pour épargner 100 $. Des économies qui lui causent toutefois de l’inconfort et provoquent des infections.

J'avais des problèmes de baisses de sucres qui étaient dangereuses, carrément. Les dernières années, j'ai failli mourir cinq à six fois dans les mégas baisses que j'ai faites. Heureusement, la personne avec qui je vis me connait et a réussi à réagir correctement, souffle-t-il.

Malgré cela, Martin Paré n’a pas été admis au programme d’accès aux pompes à insuline du gouvernement du Québec, créé en 2011, parce que seuls les mineurs peuvent y adhérer.

Victime de discrimination

Ce programme-là est autorisé pour les jeunes en bas de 18 ans, mais ils peuvent continuer à participer à ce programme-là après 18 ans, explique-t-il. Le ministère de la Santé confirme ces critères d'admissibilité au Programme d'accès aux pompes à insuline.

Pour Martin Paré, c’est de la discrimination. L’avocat constitutionnaliste Félix-Antoine Michaud partage son point de vue.

Lorsqu’on analyse le cas, on se rend bien compte qu’il y a une différence de traitement basée sur l’âge. Les différences de traitement basées sur l’âge, ce qu’on appelle de la discrimination, sont interdites en fonction de l’article 10 de la Charte québécoise des droits et libertés, déplore Me Michaud.

Martin Paré est bien conscient que la pompe n'est pas essentielle pour tous les diabétiques. Son cas, comme d'autres au Québec, se distingue.

Un appel à l'aide, sans succès

Il s'est adressé successivement aux ministres Yves Bolduc et Gaétan Barrette, par lettre, mais sans succès. La Régie de l'assurance maladie du Québec lui a aussi refusé l'accès à la pompe.

Le ministère de la Santé ne compte pas élargir les critères d'admissibilité au programme. On indique que la littérature scientifique n'a pas démontré d'avantage significatif de la pompe par rapport aux injections. Le cabinet de la ministre Danielle McCann donne sensiblement la même réponse.

Pour Martin Paré, le remboursement de sa pompe éviterait des coûts supplémentaires à la société. Les décideurs, je pense qu'il va falloir qu'ils soient conscients qu’actuellement c'est un investissement dans la santé de ces diabétiques-là qui sont un poids énorme pour le système de santé, croit-il.

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Mauricie et Centre du Québec

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