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Alcool au volant : peu de prévention au Centre-du-Québec

Des véhicules avancent lentement à un barrage routier, un soir d'hiver, sous la supervision de policiers.

La police procède à un contrôle routier visant à déceler les conducteurs dont les capacités seraient affaiblies.

Photo : Radio-Canada / Daniel Coulombe

Radio-Canada

La mort de Mathieu Girouard met en lumière l'accès difficile aux services de raccompagnements dans les régions rurales. L'homme de 44 ans de Drummondville a perdu la vie vendredi à Saint-Célestin lorsqu'un autre conducteur, qui conduisait sous l'emprise de l'alcool, a dévié de sa voie.

Pour Éric Champagne, directeur de Tolérance zéro Centre-du-Québec, qui offre des services de raccompagnement, la raison est simple : l’organisme manque de ressources. Selon lui, les bénévoles se font rares en dehors des grands centres urbains. On n'a pas les ressources nécessaires pour couvrir ces régions-là. Les bénévoles veulent faire beaucoup de raccompagnements et ne pas passer toute la nuit debout à attendre des appels. Ils préfèrent rester dans les grands centres.

Éric Champagne rappelle que son organisme ne reçoit aucune subvention du gouvernement. Avec une aide, on pourrait offrir plus de services aux gens.

Une résidente de Saint-Célestin fait le même constat. J'ai travaillé 25 ans dans les bars de la région, je n’ai presque pas vu de service de raccompagnement. Les gens, ils ne sont pas portés à ça.

Trois accidents mortels ces dernières années

Dans le secteur où le pompier de 44 ans a perdu la vie vendredi soir, l'alcool au volant a été responsable d'au moins trois accidents mortels ces dernières années.

En 2012, Pierrik Houle, un homme de 19 ans, a été happé alors qu'il faisait du jogging à Sainte-Perpétue par un conducteur ayant les facultés affaiblies. Plus récemment, en août 2017, un motocycliste a aussi perdu la vie à Sainte-Perpétue, percuté par un conducteur récidiviste de l’alcool au volant.

Le directeur d’Educ’alcool, Hubert Sacy, donne une première explication. Les Centricois sont parmi les conducteurs les plus téméraires au Québec. Il y a 10 % parmi eux, c'est-à-dire 1 personne sur 10, qui ont admis avoir conduit au moins une fois au cours de la dernière année avec une alcoolémie supérieure à la limite légale. C’est supérieur à la moyenne québécoise, qui est de 8 %.

Dans les zones non urbaines, il y a moins d’alternatives quand on ne veut pas conduire alcoolisé.

Hubert Sacy, directeur d’Educ’alcool

Hubert Sacy souligne aussi le manque de barrages policiers dans la région, alors qu’ils auraient pourtant un effet dissuasif sur la conduite avec les facultés affaiblies. Le trois quarts des conducteurs au Centre-du-Québec n’ont même pas aperçu un barrage qui contrôlait l'alcoolémie au cours de la dernière année. Et il n’y a que 1 conducteur sur 5 qui a été contrôlé. Il est certain qu'il y a un effort à faire de ce côté-là.

Il faut aussi contrer les irresponsables qui utilisent les réseaux sociaux pour handicaper le travail de la police, ajoute-t-il en faisant allusion aux personnes qui signalent la présence des barrages policiers sur les médias sociaux.

L’exemple de la Beauce

Le directeur d'Éduc'alcool donne l’exemple de la Beauce. La région fait bonne figure en termes de sensibilisation et de prévention de l’alcool au volant, selon lui. La police a augmenté les barrages routiers de manière considérable, les bars et les restaurants ont développé des programmes pour les conducteurs désignés à qui des boissons non alcoolisées sont offertes. On a fait aussi des efforts du côté des taxis et des services de raccompagnement.

L’amélioration de la situation ne vient que par un effort collectif

Hubert Sacy, directeur d’Educ’alcool

Chaque année, au Québec, l’alcool au volant est responsable de 110 décès et de plus de 2000 blessés.

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Mauricie et Centre du Québec

Prévention et sécurité