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Un week-end sous le signe de la contestation autochtone

Le chef héréditaire Ronnie West, au centre, en compagnie d'autres manifestants lors d'une marche de solidarité envers la Nation Wet'suwet'en, à Smithers, en C.-B.

Plusieurs Premières Nations ont manifesté en appui aux opposants au projet Coastal GasLink au cours de la fin de semaine.

Photo : La Presse canadienne / Darryl Dick

Radio-Canada

Les manifestations et les blocages de voies ferrées et d'autres infrastructures par des groupes autochtones se sont poursuivis ce week-end, un peu partout au pays. Au moment où le gouvernement fédéral tente de trouver une solution à la crise, retour sur un mouvement qui couvait depuis longtemps.

Avant que Justin Trudeau n'annule son voyage officiel dans les Caraïbes prévu lundi, afin de tenter de trouver une sortie de crise qui permettrait la levée des blocages qui paralysent le réseau ferroviaire national, le premier ministre canadien a consacré le week-end à des rencontres avec plusieurs membres influents de son Cabinet, dont les ministres des Transports, de la Sécurité publique et des Relations Couronne-Autochtones.

Samedi, le ministre des Services aux Autochtones, Marc Miller, a passé plusieurs heures à discuter avec des manifestants mohawks rassemblés à Tyendinaga, près de Belleville, en Ontario, et qui ont eux aussi bloqué le chemin de fer. Le ministre n'a toutefois fait état que de « progrès modestes », sans pouvoir indiquer si le blocage serait levé ou non.

Les manifestants de Tyendinaga n'ont toutefois pas caché leur méfiance au ministre lors de leur premier échange samedi, craignant une intervention policière pour les déloger.

D'autres manifestations ont entre autres eu lieu près du pont de la Confédération entre l'Île-du-Prince-Édouard et le Nouveau-Brunswick, à Niagara Falls, en Ontario, où les protestataires ont bloqué le pont transfrontalier Rainbow en direction des États-Unis et en Gaspésie où les Micmacs de Listuguj ont forcé l'immobilisation des trains.

Des impacts économiques

Après bientôt une semaine de blocages de divers liens ferroviaires à la suite de l'échec des négociations entre le ministre britanno-colombien des Affaires autochtones et les chefs héréditaires de la Première Nation Wet'suwet'en, dans l'ouest du pays, sur l'accès au chantier du gazoduc Coastal GasLink, plusieurs entreprises affirment que l'arrêt forcé des trains pourrait avoir d'importantes conséquences économiques.

Déjà le propane, principalement transporté par train, est rationné par plusieurs distributeurs. D'autres compagnies et sites industriels et commerciaux dénoncent l'impossibilité de recevoir ou d'expédier des marchandises, ce qui « nuirait à la réputation du Canada ».

Touché de plein fouet par les blocages, le Canadien National a dû temporairement congédier environ 450 employés, a-t-on annoncé dimanche.

Deux structures de gouvernance

Des membres des Premières Nations de plusieurs régions du pays affirment, eux, que le dossier du gazoduc est symptomatique des erreurs des gouvernements dans la lutte contre les changements climatiques, et du manque de respect des territoires ancestraux.

Certains observateurs soulignent toutefois que le conflit en cours en est également un de représentation. En remettant en question l'autorité des conseils de bande de la nation Wet'suwet'en, qui avaient presque tous donné leur accord en faveur du projet de gazoduc, les chefs héréditaires ont jeté un pavé dans la mare.

Les deux structures de gouvernance, l'une traditionnelle, et l'autre créée en vertu de la Loi sur les Indiens de 1867, coexistent difficilement, quand elles n'entrent pas carrément en opposition.

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