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Plus d’un demi-million de dollars pour se débarrasser de punaises de lit dans des édifices fédéraux

Un clavier d'ordinateur avec quatre punaises qui se promènent.

Des milliers de dollars ont été dépensés par le gouvernement fédéral en lien avec des punaises de lit.

Photo : Radio-Canada

C’est un problème qui démange le gouvernement fédéral jusque dans son portefeuille. Entre janvier 2017 et décembre 2019, Ottawa a dépensé un peu plus de 620 000 $ pour faire face à des infestations de punaises de lit. Une trentaine d’édifices ont été touchés dans la région de la capitale nationale.

Nettoyage à la vapeur, fumigation avec produit chimique, pièges à phéromones, inspections canines à répétition : le fédéral ne semble pas lésiner sur les moyens pour faire face à son problème de punaises de lit.

Dans une vingtaine de cas, des exterminateurs ont même dû être envoyés au domicile de fonctionnaires. C'est ce qu'on apprend dans un document récemment déposé au Parlement, qui révèle par ailleurs que le problème a commencé bien avant 2019.

On n'avait pas ces chiffres-là, déplore d’emblée la vice-présidente exécutive nationale de l'Alliance de la Fonction publique du Canada (AFPC), Magali Picard. C'est alarmant, c'est très inquiétant pour les travailleurs de l'État qui sont dans les édifices ciblés.

C'est beaucoup plus grand que ce qu'on pensait.

Magali Picard, vice-présidente exécutive nationale de l'AFPC

La porte-parole du syndicat croit que le gouvernement a sous-estimé l'ampleur du problème et demande maintenant que les édifices ciblés soient entièrement fumigés.

Lorsqu'on voit qu'il y a plus d'un demi-million de dollars qui ont été dépensés en trois ans, ça nous dit que le travail aurait dû être fait de la bonne façon dès le départ, fait valoir Magali Picard.

Plus de 300 000 $ pour un seul édifice

Dans la liste des édifices touchés, une adresse sort du lot.

Il s'agit du 70, rue Crémazie, un édifice gouvernemental situé à Gatineau. En octobre, Services publics et Approvisionnement Canada (SPAC) a dépensé 322 302 $ pour nettoyer à la vapeur tout le bâtiment, le traiter avec des pesticides et y installer des pièges.

Dans les autres édifices, les efforts semblent plus modestes et dépassent rarement la barre des 10 000 $. Dans le document déposé au Parlement, SPAC fait d'ailleurs valoir que dans la quasi-totalité des bâtiments infectés, moins de 20 insectes ont été détectés.

Dans un courriel adressé à Radio-Canada, une porte-parole du ministère a par ailleurs indiqué qu’une nette amélioration avait été observée en 2020 et que le ministère n'entrevoyait pas une augmentation des traitements.

Le gouvernement se fonde sur les conseils d'un expert pour déterminer les mesures à prendre contre les punaises de lit, peut-on lire dans ce courriel.

Pas de solution magique, dit un biologiste

Selon un expert en entomologie, Ottawa pourrait encore avoir du pain sur la planche.

Professeur de biologie à l’Université d’Ottawa, Adam Oliver Brown précise que les punaises de lit sont particulièrement durables et qu’elles peuvent survivre plusieurs mois sans nourriture.

Adam Oliver Brown dans son salon.

Le docteur en biologie Adam Oliver Brown est professeur à l'Université d'Ottawa. Il rappelle que les punaises de lit sont particulièrement difficiles à éradiquer.

Photo : Radio-Canada / Yasmine Mehdi

La plupart des interventions peuvent même causer plus de problèmes, ajoute le M. Brown. Si les punaises sont cachées dans les murs et qu’on fait une fumigation, souvent leur réponse sera de s’éloigner [...] et de répandre le problème.

Avant d’avoir une éradication assez importante, ça peut durer des mois, prévient-il.

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Ottawa-Gatineau

Santé publique