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Pipeline Coastal GasLink : des manifestants près du pont de la Confédération

Manifestation sur la pont de la Confédération, du côté de l'Île-du-Prince-Édouard, le 16 février 2020.

Photo : CBC / Sarah MacMillan

Radio-Canada

Des autochtones de l'Île-du-Prince-Édouard ont manifesté pacifiquement dimanche après-midi près du pont de la Confédération entre l'Île-du-Prince-Édouard et le Nouveau-Brunswick.

Ils se sont rassemblés pour démontrer leur appui aux chefs héréditaires de la Première Nation de Wet'suwet'en, en Colombie-Britannique, qui s'opposent au projet de gazoduc Coastal GasLink (GCL).

Manifestation près du pont de la Confédération à l'Île-du-Prince-Édouard le 16 février 2020.

Manifestation près du pont de la Confédération à l'Île-du-Prince-Édouard le 16 février 2020.

Photo : Radio-Canada

Quelques dizaines de manifestants se sont rassemblés dimanche en début d'après-midi du côté de l'Île-du-Prince-Édouard. Ils occupaient le terre-plein central sur la route menant au pont d'environ 13 km.

La circulation automobile n'a pas été bloquée et s'est effectuée normalement sur le pont, avec un léger ralentissement à l'endroit où se trouvent les manifestants. Les camions de marchandise pouvaient aussi circuler librement.

Les voitures passent, ralentissent, ils [les automobilistes] ont le temps de lire nos affiches et ils reçoivent des informations sur tout ce qui se passe. C'est une façon pour nous de nous assurer que tout le monde est au courant de ce qui se passe [en Colombie-Britannique], indique Gilbert Srak, un manifestant de la Première Nation mi’kmaw de Lennox Island, à l'Île-du-Prince-Édouard.

Nous ne sommes pas ici pour nous dresser les citoyens contre nous, seulement le gouvernement canadien et les compagnies, a remarqué de son côté un autre manifestant, Kyler Peters, également de Lennox Island.

La crise expliquée

Coastal GasLink et Wet'suwet'en : La crise expliquée

Le chantier de l’entreprise Coastal GasLink est situé sur le territoire ancestral de la Première Nation de Wet’suwet’en, en Colombie-Britannique. Les chefs héréditaires de la communauté s’opposent au projet. Une vingtaine de conseils de bande élus, le long du tracé du gazoduc, ont approuvé ce projet et signé des ententes avec Coastal GasLink.

Une situation « complexe », selon des chefs autochtones

En après-midi dimanche, les chefs Darlene Bernard et Junior Gould ont déclaré, au nom de l’Assemblée des conseils Epekwitk, leur soutien à cette manifestation d’appui de la part des Mi’kmaq des Maritimes, tout en précisant que la situation entourant ce gazoduc dans l’ouest du pays est complexe.

Nous respectons les préoccupations environnementales des chefs héréditaires Wet’suwet’en et nous reconnaissons et respectons les décisions prises par plus de 20 Premières Nations, incluant la plupart des Premières Nations Wet’suwet’en, qui ont signé des ententes avec CGL et soutiennent le gazoduc. Nous respectons aussi l’autorité et le processus décisionnaire des peuples Wet’suwet’en, écrivent les chefs Bernard et Gould.

Ils exhortent toutes les parties à poursuivre le dialogue. Surtout, nous croyons que cette question doit être résolue pacifiquement, sans violence et dans le respect de la loi, indiquent-ils.

Des policiers sont arrivés sur place et surveille la scène.

La GRC a surveillé le rassemblement pacifique.

Photo :  CBC / Sarah MacMillan

Le mouvement de protestation que l’on observe actuellement ne se limite pas à la seule question des Wet’suwet’en, indiquent Darlene Bernard et Junior Gould, mais plutôt aux siècles durant lesquels les peuples autochtones du Canada se sont vu interdire l’accès à leurs terres et à leurs ressources, et à des siècles de marginalisation économique et sociale.

La règle de droit au Canada inclut le respect et la reconnaissance des droits conférés par les traités [signés] avec les Autochtones, soulignent-ils.

Les manifestants.

Rassemblement près du pont de la Confédération le 16 février 2020, à l'Île-du-Prince-Édouard.

Photo : Radio-Canada / Rose St-Pierre

Le rassemblement qui s'est organisé en début d'après-midi dimanche a fait suite à une manifestation plus tôt dans la journée à Charlottetown devant Province House, le bâtiment qui abrite l'Assemblée législative de l'Île-du-Prince-Édouard.

Près de l'entrée du pont, les automobilistes passaient devant des bannières, des affiches et des drapeaux.

Gilbert Srak a expliqué que des gens s'étaient arrêtés pour leur offrir du café et que les protestataires se tiennent au chaud avec un petit feu qu'ils ont allumé à l'entrée du pont.

Des agents de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) étaient sur les lieux.

On a également observé la présence de quelques citoyens non-autochtones venus démontrer leur appui.

Un petit drapeau mi'kmaw planté sur un véhicule.

Un drapeau mi'kmaw près du pont de la Confédération à l'Île-du-Prince-Édouard le 16 février 2020.

Photo : Radio-Canada

Le projet

Le gazoduc Coastal GasLink est la phase finale du projet de terminal et d'exportation LNG Canada, dans le port de Kitimat en Colombie-Britannique. Estimé à 40 milliards de dollars, le terminal est conçu pour acheminer le gaz naturel vers les marchés internationaux. Il se trouve sur le territoire de la Première Nation de Haisla, qui soutient le projet.

D'une longueur de 670 km, le gazoduc Coastal GasLink doit relier Kitimat, qui fait face à l'océan Pacifique, et Dawson Creek, à l'autre extrémité de la Colombie-Britannique, près de la frontière avec l'Alberta. Le gazoduc en construction depuis le début de 2019 devrait faciliter l'exportation de près de 700 000 litres de gaz naturel par jour.

Avec des renseignements de Rose St-Pierre et Jessica Savoie

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