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Explosion du nombre d’armes à feu artisanales dans les rues de Winnipeg

Des tuyaux, des outils et divers morceaux de ferraille sont déposés sur une table.

Des outils, quelques bouts de tuyaux et des pièces de vélo suffisent à certains artisans pour fabriquer des armes à feu.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Les armes à feu de fortune prolifèrent à Winnipeg, où la police soutient en avoir saisi 86 en 2019, contre 53 en 2018, une augmentation que les policiers associent avec le trafic de méthamphétamine.

Cet intérêt grandissant pour les armes artisanales peut s’expliquer par l’état de psychose ou de paranoïa de plusieurs vendeurs et utilisateurs de drogue ou d’arme, soutient l’inspecteur Max Waddell, de l’unité antidrogue et antigangs du Service de police de Winnipeg.

« Ils ont l’impression d’avoir besoin d’une certaine forme de protection pour eux et leurs biens. »

Un art prisé, pour certains

Parmi les artisans de ces objets potentiellement mortels, Leslie Beaulieu jouissait d’une réputation enviable.

L’homme de 27 ans pouvait fabriquer une arme à feu à partir de bouts de tuyaux et de pièces de vélo ou d’autres objets à l’aide de quelques outils.

Alors que se développait sa dépendance à la méthamphétamine, il peaufinait sa production d’armes jusqu’à ce qu’un coup de feu le blesse au pied par accident, quelques semaines avant d’être arrêté et accusé de fabrication d’armes et de possession de drogue.

Il avait alors chez lui une dizaine d’armes à feu en production.

« Je paranoïais et je me disais que je devais aider d’autres personnes, mais, en même temps, j’étais en train ruiner ma vie et celle des autres », a-t-il raconté à la cour en décembre.

Il a alors reconnu sa culpabilité et a été condamné à 4,5 ans de prison. Il se dit aujourd’hui heureux d’être sobre et d’être sorti de la rue.

« Une réalité winnipégoise »

Selon la procureure de la Couronne au procès de Leslie Beaulieu, Vanessa Gama, les armes artisanales sont « une réalité winnipégoise » dont l’élaboration est un sport dangereux.

« Il n’y a pas de chambre régulière ni de mécanisme de sécurité, ce qui rend [ces armes] intrinsèquement dangereuses », explique-t-elle.

Elle ajoute que ces armes sont parfaites pour commettre des crimes, parce qu’elles « sont pratiquement impossibles à retracer, qu’elles ne portent aucun numéro de série et qu’elles ne sont pas encadrées.

Il est également possible de se procurer ce genre d’armes ou leurs plans directement sur internet, explique l’avocate de M. Beaulieu, Wendy Martin White.

« C’est facile à faire et l’idée est en vogue. Les gens en fabriquent, c’est tout, parfois juste parce qu’ils veulent se défendre. »

Le défi de la justice

La prolifération de ces armes de fortune pose également certains défis au système de justice, note Mme White.

Elle cite notamment le cas de l’un de ses clients poursuivi pour possession d’arme à feu artisanale. L’une de ces armes a été testée par un spécialiste qui a déclaré qu’elle ne correspondait pas à la définition légale d’une arme à feu, entraînant l’abandon des accusations.

Ce cas illustre d’ailleurs l’une des demandes récurrentes de l’Association canadienne des chefs de police. « Les répliques d’armes à feu sont utilisées pour terroriser les victimes et minent la sécurité des Canadiens », soulignait une résolution adoptée en l’an 2000.

L’association cherche depuis à les faire interdire et à en criminaliser la possession, explique la porte-parole de l’association, Natalie Wright. Un comité se penche d’ailleurs sur la question afin de formuler des recommandations aux législateurs.

Avec les informations de Bryce Hoye

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Manitoba

Armes à feu