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Rivales il y a 15 ans, Tracadie et Caraquet s’unissent contre les fermetures d’urgences

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Un groupe de gens devant les portes de l'hôpital

Les urgences de six hôpitaux, dont l'Hôpital de l'Enfant-Jésus de Caraquet, fermeront de minuit à 8 h chaque jour.

Photo : Radio-Canada / Alix Villeneuve

Radio-Canada

Il y a une quinzaine d’années, le transfert de services médicaux de Caraquet vers Tracadie avait provoqué une levée de boucliers dans la Péninsule acadienne. En 2020, les chicanes du passé ont fait place à un front commun des deux collectivités dans le dossier des fermetures des urgences la nuit dans six hôpitaux du Nouveau-Brunswick.

Tracadie appuie Caraquet dans ses revendications. Le député indépendant de Shippagan-Lamèque-Miscou, Robert Gauvin, qui a annoncé vendredi qu’il quittait le Parti progressiste-conservateur, a salué cette réaction à la fermeture, chaque jour de minuit à 8 h, du service d’urgence de l’Hôpital de l'Enfant-Jésus de Caraquet.

J'ai su par l'entremise du maire de Caraquet que la ville de Tracadie, qui n'a rien à gagner ou à perdre dans cette réforme, a accepté de supporter Caraquet, a M. Gauvin.

Je les félicite, ajoute celui qui occupait la fonction de vice-premier ministre dans le gouvernement de Blaine Higgs.

Deux réformes, deux réactions différentes

Manifestation à Caraquet le 19 janvier 2005.

Manifestation à Caraquet le 19 janvier 2005.

Photo : Radio-Canada

Cette unité entre les deux localités s'est manifestée jeudi à la Commission des services régionaux qui s'oppose à l'amputation des services de nuit. Philippe Ferguson, conseiller municipal à Tracadie, s’en réjouit.

J'apprécie ça, c'est ce genre de discussions qu'on veut avoir, dit-il.

Vétéran de la politique municipale, M. Ferguson se souvient bien du conflit de 2004-2005. Lorsque le gouvernement de Bernard Lord avait mis en marche sa propre réforme de la santé en transformant l’Hôpital de l'Enfant-Jésus de Caraquet en centre de santé communautaire, 2000 personnes avaient pris les rues d’assaut pour s’y opposer à Caraquet.

Le ministre de la Santé de l’époque, Elvy Robichaud, avait été accusé de vouloir favoriser sa propre région de Tracadie-Sheila, qu’il représentait à l’Assemblée législative, en y transférant certains services médicaux offerts à Caraquet.

Il nous a dit qu'il voulait léguer un héritage politique à sa circonscription de Tracadie, l’avait accusé le maire de Caraquet, Antoine Landry. M. Robichaud avait nié avoir tenu de tels propos.

Elvy Robichaud dans un fauteuil.

Ancien député de Tracadie-Sheila, Elvy Robichaud a été ministre de la Santé du Nouveau-Brunswick de 2001 à 2006.

Photo : Radio-Canada / Nicolas Steinbach

Dans une rare entrevue depuis son retrait de la vie politique, Elvy Robichaud persistait la semaine dernière : sa réforme était pour le bien commun des citoyens de la province.

Ce n'était pas une question d’être pour ou contre Caraquet, ou Tracadie [versus] Caraquet. C'était une question d'essayer de restructurer pour offrir plus de services aux gens du Nouveau-Brunswick, a-t-il dit à Radio-Canada.

Évidemment, il y avait des confrontations, se rappelle Philippe Ferguson.

Je pense que Tracadie et toute la Péninsule, il va falloir commencer à travailler de concert, ensemble.

Philippe Ferguson, conseiller municipal, Tracadie
Keith Chiasson interviewé dans son bureau

Keith Chiasson est député de Tracadie-Sheila depuis 2018.

Photo : Radio-Canada

Je ne sens pas la même dynamique aujourd'hui, affirme Keith Chiasson, le député libéral de Tracadie-Sheila. Dans le temps, quand l'annonce a été faite, si le ministre de la Santé avait été de la région de Sussex, ça n'aurait pas alimenté cette guerre de clocher. Je pense que le fait qu'il venait de Tracadie, c'est dans ça : il y avait une lutte entre Tracadie et Caraquet, croit-il.

Aujourd’hui, Tracadie et Caraquet font front commun dans la réforme de la santé du gouvernement Higgs. Plutôt que d’être pris à partie par les gens de Caraquet, le député de Tracadie-Sheila compte se joindre au rassemblement, prévu le 17 février, en faveur du maintien des services d’urgence.

D’après le reportage d’Alix Villeneuve

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