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Coronavirus : premier décès en Europe, le bilan mondial dépasse les 1600 morts

Un membre du personnel médical d'un hôpital habillé d'une combinaison de protection au chevet d'un malade.

Plus de 1700 médecins et infirmiers travaillant au contact des malades ont contracté la maladie, selon la Commission nationale de la santé de Chine.

Photo : Reuters / China Daily CDIC

Agence France-Presse

La France a fait état samedi du premier décès dû au nouveau coronavirus en dehors d'Asie, alimentant les inquiétudes sur l'épidémie mondiale dont le bilan a désormais dépassé les 1600 morts.

Un touriste chinois de 80 ans hospitalisé en France depuis fin janvier est mort vendredi soir, a annoncé samedi la ministre française de la Santé, Agnès Buzyn. Ce décès est le premier hors d'Asie, le premier en Europe, a-t-elle précisé.

La Chine continentale [qui ne comprend pas Hong Kong et Macao] a pour l'heure recensé 1662 morts dus au coronavirus, selon des chiffres diffusés samedi.

Seuls quatre décès ont été enregistrés ailleurs dans le monde : un sur le territoire chinois semi-autonome de Hong Kong et les trois autres respectivement au Japon, aux Philippines et en France.

La Chine a par ailleurs fait état samedi de plus de 68 000 cas de contamination sur son territoire, principalement dans la province du Hubei (centre), le foyer de l'épidémie de pneumonie virale COVID-19. Dans son bilan quotidien, la commission sanitaire de la province a fait état de 1843 nouveaux cas, ce qui marque une chute par rapport à samedi.

Tandis que le Hubei reste coupé du monde depuis trois semaines et que plusieurs villes de l'est du territoire chinois ont pris des mesures de confinement draconiennes, Pékin a à son tour renforcé vendredi ses restrictions pour endiguer la propagation du virus.

La capitale oblige désormais toutes les personnes arrivant de l'extérieur à s'auto-imposer une quarantaine de 14 jours à leur domicile ou leur hôtel, sous peine de sanctions, a rapporté le Beijing Daily, un quotidien officiel. L'activité dans la ville reste largement paralysée et de nombreuses entreprises imposent le télétravail à leurs employés.

L'homme installe une pellicule plastique entre les sièges avant et les sièges arrière.

Un homme offrant des services de taxi se protège pour éviter d'être contaminé par le coronavirus, à Taiyuan, dans la province du Shanxi.

Photo : Reuters / China News Service

Ce règlement aux modalités d'application non détaillées intervient au moment où, à l'issue de vacances du Nouvel An lunaire prolongées, beaucoup de Chinois rentrés dans leur région d'origine pour les fêtes doivent désormais retourner chez eux.

Quelque 283 millions de trajets ont ainsi été accomplis dans le pays entre le 25 janvier et le 14 février, selon le vice-ministre des Transports Liu Xiaoming.

L'épidémie de COVID-19 maintient le monde en alerte, avec près de 600 cas confirmés de contamination dans plus de vingt pays.

L'Égypte a annoncé vendredi avoir enregistré le premier cas sur le continent africain.

Des Québécois contaminés, les Américains rapatriés

Le principal foyer d'infection à l’extérieur de la Chine reste le paquebot de croisière Diamond Princess, qui est en quarantaine au Japon : un total de 285 cas de contamination y ont été confirmés sur les 3700 passagers et 67 nouveaux cas ont été annoncés samedi, dont font partie deux Québécois, Diane et Bernard Ménard. Cela porte à 15 le nombre de Canadiens à avoir contracté le virus sur le bateau.

Quelque 3700 passagers et membres d'équipage restent confinés dans leurs cabines. Un porte-parole du département d'État américain a annoncé que les 400 ressortissants des États-Unis se trouvant à bord seraient évacués et subiraient une quarantaine de deux semaines à leur retour sur le sol américain.

Selon la chaîne de télévision publique japonaise NHK, les Américains devraient quitter l'aéroport Haneda, à Tokyo, aux premières heures lundi.

De retour au pays, ils seront hébergés à la base aérienne de Travis, en Californie, où l'avion en provenance du Japon atterrira, et à la base de San Antonio-Lackland, au Texas, où certains passagers pourront ensuite être transportés par avion.

Des passagers portant des masques regardent un homme et une femme saluer derrière une bannière sur laquelle ils ont peint un cœur et l'inscription : « Trump 2020, USA ».

Des passagers du bateau de croisière Diamond Princess affichent une bannière sur l'un des ponts du paquebot.

Photo : Reuters / Kyodo

L'état de santé des ressortissants américains sera contrôlé avant d'embarquer. Ceux qui présentent des symptômes devront rester au Japon s'ils ne sont pas en état de prendre l'avion, selon les autorités américaines.

Si certains croisiéristes refusaient de partir, il ne leur sera pas possible de retourner aux États-Unis pendant un certain temps, ont-elles aussi indiqué.

Si de nombreux de passagers américains réclamaient une évacuation, la quarantaine supplémentaire qui leur sera imposée a immédiatement suscité des critiques. Il est probable que, si nous restions ici, nous soyons testés négatifs la semaine prochaine et que le Japon nous laisse partir, a tweeté le croisiériste américain Matthew Smith.

Par ailleurs, la quarantaine sur le bateau, qui devait se terminer le 19 février, pourrait se prolonger, selon un message diffusé samedi par le commandant.

Xi Jinping veut plus de contrôle

En Chine même, la lutte contre le virus constitue un grand test pour le système et les capacités de gouvernance du pays, a reconnu vendredi le président chinois Xi Jinping.

Le gouvernement doit renforcer son contrôle des médias en ligne, a-t-il par ailleurs insisté dans un discours publié samedi par la presse étatique, après que les internautes ont formulé de multiples critiques à l'égard des autorités quant à la gestion de la crise.

Le président chinois portant un masque, la main levée, accompagné de plusieurs personnes portant des masques.

Le président chinois Xi Jinping admet que la lutte contre le virus constitue un grand test pour le système et les capacités de gouvernance du pays.

Photo : Reuters / Xinhua Xinhua

Signe des mesures draconiennes prises en Chine, la banque centrale a annoncé samedi que les billets usagés étaient désormais désinfectés et placés en quarantaine jusqu'à 14 jours, avant d'être remis en circulation.

Après avoir initialement félicité Pékin pour son « travail très professionnel », les États-Unis avaient déploré jeudi un manque de transparence de la part des Chinois.

Nouvelle méthode de comptabilisation des personnes atteintes

Les autorités sanitaires du Hubei avaient annoncé jeudi à la surprise générale un élargissement de leur définition des personnes atteintes de la pneumonie virale COVID-19.

Jusqu'à présent, un test de dépistage était indispensable pour déclarer un cas « confirmé ». Dorénavant, les patients « diagnostiqués cliniquement », notamment avec une simple radio pulmonaire, seront aussi comptabilisés.

La nouvelle définition a automatiquement gonflé le nombre des personnes officiellement infectées, avec l'annonce d'une envolée de plus de 15 000 nouveaux cas de contamination jeudi.

Des experts de l’OMS dépêchés à Pékin

Zhong Nanshan, un expert médical chinois vétéran de la lutte contre le SRAS (2002-2003), a déclaré s'attendre à un pic de l'épidémie d'ici à la mi- ou la fin février.

Plus prudente, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) juge quant à elle qu'il est « beaucoup trop tôt » pour faire des prévisions.

Une équipe internationale d'experts de l'OMS doit arriver à Pékin ce week-end pour une mission commune avec leurs homologues chinois.

Ils réaliseront des inspections sur le terrain, passeront en revue les mesures de prévention, visiteront des centres de recherche et formuleront des recommandations pour contenir l'épidémie, a précisé un porte-parole du ministère chinois de la Santé, Mi Feng.

La Chine fait gagner du temps au monde. Nous ne savons pas combien de temps, a de son côté déclaré le directeur général de l'OMS Tedros Adhanom Ghebreyesus, dans un discours samedi à Munich où se déroule une conférence internationale sur la sécurité.

Nous demandons à tous les gouvernements, toutes les compagnies et tous les médias de travailler avec nous pour faire retentir le niveau d'alarme requis sans attiser les flammes de l'hystérie, a-t-il ajouté.

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