•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le ministre Miller rapporte de « modestes progrès » après sa rencontre avec les Mohawks

Un contenu vidéo est disponible pour cet article
Un groupe de personnes marchent dans la neige près de voies ferrées où des drapeaux autochtones flottent dans le vent.

Les explications de Camille Feirensen et Philippe Leblanc.

Photo : La Presse canadienne / Lars Hagberg

Radio-Canada

Le ministre des Services aux Autochtones, Marc Miller, est sorti de sa rencontre avec les manifestants mohawks de Tyendinaga, près de Belleville, en Ontario, rapportant que de « modestes progrès » ont été faits. Les deux parties ont discuté pendant plus de 10 heures samedi pour tenter de débloquer les barrages ferroviaires qui touchent le pays.

Nous avons fait des progrès modestes en ouvrant le dialogue, a déclaré le ministre Miller en sortant du centre communautaire mohawk où s'est tenue la réunion à huis clos, qui a elle duré près de 8 heures. Ce fut une discussion productive, a-t-il ajouté, sans préciser s'il s'était entendu avec les manifestants pour lever le blocage de la voie ferrée du Canadien National (CN) au passage à niveau de la route Wyman.

Nous avons parlé ouvertement, franchement, douloureusement des fois et parfois avec humour. Mais, il y a encore beaucoup de travail à faire.

Marc Miller, ministre des Services aux Autochtones

Selon le ministre, la priorité repose sur le projet de gazoduc en Colombie-Britannique.

La priorité est mise sur la Colombie-Britannique. Il faut donc travailler rapidement. Mais si et quand nous résolvons cela, j'espère que cela sera résolu dans le cadre d'un processus pacifique parce que les personnes dans cette salle veulent la paix, a-t-il déclaré.

Un ton de mea culpa

Le ministre s’est par ailleurs montré compréhensif et a dénoncé le racisme envers les Autochtones.

Ce qui m'a inquiété au cours de la semaine dernière, c'est la montée du racisme contre des gens incroyables qui nous ont aidés dans les moments difficiles. Leurs relations avec nous sont caractérisées par des alliances et, dans certains cas, nous avons rompu nos promesses. Les gens ont besoin de le comprendre.

Marc Miller, ministre des Services aux Autochtones

Marc Miller a également indiqué qu'il compte discuter avec Justin Trudeau dans la soirée. J'ai quelques messages à transmettre au premier ministre que je vais contacter ce soir et je vais discuter avec mon cabinet des prochaines étapes. Ce n'est pas facile. Personne n'a dit que ça le serait.

Le ministre des Services aux Autochtones, Marc Miller

Le ministre des Services aux Autochtones Marc Miller s'est adressé aux médias avant la rencontre avec les manifestants.

Photo : Radio-Canada

Plus tôt samedi, le ministre Miller s'était rendu sur les lieux où les manifestants protestent depuis une dizaine de jours autour des voies ferrées. À son arrivée, le ministre s’était adressé aux journalistes, exprimant son espoir [...] d’ouvrir un dialogue entre personnes et entre peuples qui se sont arrêtés de dialoguer et de parler.

On le voit partout au pays, il faut entretenir un dialogue à la fois ouvert et respectueux sans se cacher les vraies affaires. Donc c’est la raison pour laquelle je suis ici aujourd’hui, c’est pour rentrer dans un dialogue honnête, difficile, pénible parfois, et les écouter.

Marc Miller, ministre des Services aux Autochtones

Si on ne règle pas nos affaires de la bonne façon, ça va continuer, a ajouté Marc Miller, estimant que la rencontre avec les manifestants pourrait durer plusieurs heures.

Un premier échange tinté de scepticisme

Lors d’un premier échange entre les Mohawks et le ministre, avant de se réunir à huis clos, le manifestant mohawk Seth LeFort, qui répond au nom de Kanenhariyo, n’a pas caché sa méfiance, craignant que le gouvernement vienne démanteler les barricades sous couvert de dialoguer. On craint peut-être qu'il s’agisse d’un stratagème, qu'il y ait peut-être un désir de venir ici et de parler, mais qu'il y ait un autre objectif. J’espère que ce n’est pas le cas.

Un Autochtone parle au ministre derrière une table.

« Il y a beaucoup de peur chez mon peuple parce que votre pays ne nous a pas très bien traités », a déclaré le manifestant mohawk Kanenhariyo au ministre des Services aux Autochtones, Marc Miller.

Photo : APTN

Kanenhariyo a rappelé les sombres pages de l’histoire canadienne avec les Autochtones. Ils sont blessés. On leur a manqué de respect et ils ont peur, peur que vous n'en ayez pas fini avec nous, que vous complotiez pour nous ramener votre armée. On a vu ça avant à Caledonia et en 1990 avant ça, a-t-il rappelé, faisant référence à la crise d'Oka. Les mots sont puissants, mais les actions ont un sens, a-t-il déclaré.

Les manifestants ignorent une injonction

Malgré la prolongation d'une injonction obtenue par le CN, les manifestants continuent de protester contre le projet de gazoduc Coastal GasLink, par solidarité avec certains membres de la Nation Wet'suwet'en en Colombie-Britannique.

Les Mohawks refusent le passage des trains à Tyendinaga jusqu'au départ des agents de la GRC du territoire de Wet'suwet'en, où le gouvernement emploie des policiers militarisés pour escorter les ouvriers de Coastal GasLink qui construisent un nouveau gazoduc, peut-on lire dans un communiqué publié vendredi par les Mohawks.

Des manifestants brandissent un drapeau mohawk.

Les manifestants autochtones refusent de lever leur barrage, malgré une rencontre le 11 février avec des représentants de la Police provinciale.

Photo : Radio-Canada / Rozenn Nicolle

La Police provinciale de l'Ontario (PPO) n'a pas entrepris de faire appliquer l'injonction pour l'instant et dit qu'elle continue à souhaiter un dénouement pacifique.

Jeudi, le ministre Marc Miller avait prié les manifestants de mettre fin à la protestation et aux barricades sur les voies ferrées dès que possible et avait proposé à la Nation mohawk de le rencontrer samedi, ce que les Mohawks avaient accepté vendredi.

Un manifestant le poing en l'air.

Les manifestants bloquent les voies ferrées par solidarité avec les chefs héréditaires des Wet’suwet’en qui s'opposent au projet de gazoduc Coastal GasLink, en construction en Colombie-Britannique.

Photo : Radio-Canada / Rozenn Nicolle

La manifestation, qui dure depuis 10 jours, bloque le trafic des trains VIA Rail partout au pays et celui de marchandises opérées par le CN dans l'Est du Canada. VIA Rail a indiqué vendredi soir que 299 trains avaient été annulés depuis le début des manifestations et plus de 63 000 passagers avaient été touchés par les perturbations ferroviaires. Le CN a déclaré de son côté qu'en date du 10 février, des marchandises d'une valeur de 1,7 milliard de dollars avaient été retardées. Le CN a déploré l'impact des perturbations sur ses revenus et ses activités et a averti qu'il pourrait y avoir des mises à pied d'employés.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !