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L’armée tente de définir ce qu'est une « conduite haineuse » pour repérer les extrémistes

Plan serré de Patrik Mathews vêtu de l'uniforme de l'armée. Il est dehors en hiver. L'arrière-plan montre un autre soldat de dos et des véhicules de l'armée.

Patrik Mathews, un ancien réserviste de l’armée canadienne soupçonné d’appartenir à un groupe néonazi appelé The Base, a été arrêté aux États-Unis.

Photo : Radio-Canada / archives CBC

Radio-Canada

Les forces armées canadiennes tentent toujours de définir le terme de « conduite haineuse » pour pouvoir plus facilement repérer les suprémacistes blancs dans leurs rangs et prendre des mesures adéquates.

Dans une entrevue accordée à CBC/Radio-Canada, des dirigeants des forces armées canadiennes ont indiqué avoir trouvé des façons d’améliorer les choses et travaillent en vue d'apporter des changements. Ils espèrent pouvoir annoncer davantage de détails dans les prochains mois.

Je comprends que, de l'extérieur, cela paraît opaque, mais c'est pour des raisons de confidentialité que nous ne pouvons divulguer aucune information, dit le brigadier général Sylvain Ménard, chef d'état-major pour les opérations pour le personnel militaire, au quartier général du ministère de la Défense nationale, à Ottawa.

Le fait d'être ici aujourd’hui pour démystifier et expliquer ce que nous faisons, c’est une manière de dire que, en fait, nous sommes ouverts et transparents.

Yvonne Thompson, Sylvain Ménard et Liam McGarry sont assis à une table de réunion.

La brigadière générale Yvonne Thompson (à gauche), le brigadier général Sylvain Ménard, chef d'état-major pour les opérations du personnel militaire (au centre), et le brigadier général Liam McGarry, commandant du groupe d’instruction de la génération du personnel militaire (à droite).

Photo : Radio-Canada / Pierre-Paul Couture

L’arrestation de l’ex-réserviste Patrik Mathews par le FBI et de trois autres hommes soupçonnés d’appartenir au groupe néonazi The Base, a soulevé des questions sur la présence d’extrémistes dans les rangs des forces de l’ordre canadiennes.

Le mois dernier, le tribunal fédéral américain du Maryland a poursuivi Patrik Mathews, 27 ans, pour possession illégale d’une arme à feu, de transport d’une arme à feu et de munitions avec l’intention de commettre un crime. Il comparaîtra devant le tribunal mardi après-midi.

S’il est jugé coupable, il pourrait passer jusqu'à 90 ans en prison aux États-Unis.

Selon les documents des tribunaux, l’ex-réserviste aurait été pris en vidéo, à partir d'une caméra cachée par les autorités fédérales américaines, alors qu’il disait qu’il voulait attaquer les manifestants d’un rassemblement proarmes en Virginie pour y déclencher une guerre civile.

Définir une « conduite haineuse »

À l’heure actuelle, les actes qualifiés de « conduites haineuses » ne sont pas définis de façon claire dans le traitement des cas de dérapages. Pour les codifier, il faut travailler en collaboration avec le système de justice militaire, estime Sylvain Ménard.

D'ici là, il est plus difficile pour l'armée de prendre des sanctions contre ses membres et de maintenir des données, dit-il.

Nous évoluons tout comme la société canadienne évolue. La nécessité d'ajuster notre langage fait partie des problèmes que nous sommes en train de gérer, dit pour sa part la brigadière générale Yvonne Thompson, qui s’occupe notamment de la discipline auprès des militaires.

Selon le colonel à la retraite Michel Drapeau, ce processus prend trop de temps.

Cela a pris plusieurs années à l'armée pour définir le harcèlement sexuel. Elle ne savait pas ce que c’était. Il n’y a pas d’excuse en 2020 pour ne pas savoir ce genre de choses, affirme-t-il depuis son cabinet juridique à Ottawa.

Entre 2013 et 2018, 16 personnes ont été identifiées comme membres de groupes haineux dans les forces armées canadiennes, et 35 repérées pour des comportements haineux ou racistes.

Jusqu’au 5 décembre 2019, rien n’est ressorti de 8 de ces cas. Quinze membres qui font toujours partie des forces armées ont fait l'objet de mesures disciplinaires ou ont suivi des séances de counseling. Trois ont été renvoyés à cause de leur comportement, et sept enquêtes sont toujours en cours.

Avec des informations de Karen Pauls

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