•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

L’Alberta reconnaît le droit à la consultation d’une association communautaire métisse

Une vue aérienne de Fort McKay.

La communauté métisse de Fort McKay, près de Fort McMurray, compte environ 120 membres.

Photo : La Presse canadienne / Jeff McIntosh

Radio-Canada

L’Association communautaire des Métis de Fort McKay (ACMFM) , dans le nord de l’Alberta, aura désormais son mot à dire sur les projets d’exploitation des ressources naturelles qui la touchent. Tandis qu’elle crie victoire, d’autres groupes métis dénoncent une tentative de diviser leurs voix.

L’ACMFM représente 124 personnes qui vivent à quelques kilomètres au nord de Fort McMurray. Désormais, elle devra être consultée sur tous les projets miniers ou énergétiques qui concernent sa communauté. C’est la première association métisse locale à obtenir ce droit.

« Je suis très excité, nous attendions ce moment depuis longtemps », dit l’avocat de l’ACMFM, Dwayne Roth.

Il explique qu’il aura fallu trois ans de travail avec neuf ministères différents pour passer à travers le processus d’approbation provincial, appelé « affirmation crédible de droits autochtones ».

« Nous avons fait beaucoup de recherche généalogique pour montrer que les membres de la communauté actuelle sont historiquement connectés aux gens qui vivaient dans et autour de Fort McKay avant la date indiquée par le gouvernement, soit l’an 1900 », dit-il.

La communauté métisse de Fort McKay a été la première communauté métisse du pays à devenir propriétaire de ses terres, en 2018. En mai dernier, elle s’est également dotée de sa propre constitution et de sa propre structure de gouvernance.

Selon Dwayne Roth, cette nouvelle étape vient confirmer le droit d’autogouvernance de la petite communauté.

« La vraie victoire ici, c’est qu’il n’y a pas de tierce partie ou d’organisation externe qui pourra arriver et clamer qu’elle représente la communauté métisse de Fort McKay en matière de consultations », dit-il.

Avant jeudi, seuls les huit établissements métis reconnus de l’Alberta (appelés settlements en anglais ») avaient obtenu le droit d’être consultés sur les projets d'exploitation de ressources naturelles.

La Nation métisse de l’Alberta conteste la légitimité de l’ACMFM

La Nation métisse de l’Alberta (NMA) croit qu’il aurait dû en rester ainsi. Dans un communiqué, elle s’est dite « outrée et choquée » par la décision du gouvernement de légitimer une organisation « antidémocratique et discrétionnaire comme l’ACMFM ».

Selon la présidente de la NMA, Audrey Poitras, certains membres de l’ACMFM sont aussi membres du local 124 de la NMA, mais pas tous, et quelques-uns d’entre eux ne vivent même pas à Fort McKay ou dans les environs. Elle dit ne pas comprendre comment cela peut constituer « une communauté d’ayant droit métis ».

« Nous ne laisserons pas le gouvernement de l’Alberta diviser unilatéralement la Nation métisse de l’Alberta pour servir ses propres intérêts », a-t-elle écrit dans le communiqué. « Ce qui arrive présentement en Colombie-Britannique montre que les gouvernements doivent faire affaire avec les gouvernements légitimes des personnes autochtones et pas avec les autres ».

L’avocat de la NMA, Jason Madden, dit explorer ses recours pour faire infirmer la décision du gouvernement. Il envisage, par exemple, de demander une révision judiciaire.

La NMA a pour mandat de représenter les 42 000 Métis de l’Alberta.

D'après les informations de Tiphanie Roquette et Tricia Kindleman

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !