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Réforme de l'immigration : Québec jette les bases d'une consultation

Simon Jolin-Barrette, ministre de l’immigration, en mêlée de presse.

« Je prends l'entière responsabilité des erreurs qui ont été commises », avait affirmé le ministre de l’immigration Simon Jolin-Barrette en novembre au sujet de sa réforme du Programme de l'expérience québécoise.

Photo : Radio-Canada / Daniel Coulombe

Hugo Lavallée

Critiqué pour sa tentative de réformer le Programme de l'expérience québécoise (PEQ) de manière unilatérale, le gouvernement entreprendra sous peu une consultation auprès des représentants du marché du travail et de ceux du milieu de l'éducation.

Le PEQ permet aux travailleurs temporaires et aux étudiants étrangers déjà sur le territoire d’obtenir un certificat de sélection en 20 jours ouvrables, un délai beaucoup plus court que celui auquel font face les autres candidats à l’immigration.

Dans un document de consultation rendu public vendredi, le ministère met de l’avant quatre questions auxquelles il invite les acteurs du milieu à répondre par l’entremise de mémoires :

  • Sur la base de quels critères devrait-on sélectionner les candidats à l’immigration?

  • Quelles conditions favoriseraient l’établissement d’immigrants en région?

  • Les certificats de sélection devraient-ils être octroyés prioritairement sur la base de la formation ou de l’expérience de travail québécoise?

  • Devrait-on exiger une expérience de travail d’au moins une année des candidats au PEQ?

Le document met en exergue la popularité fulgurante que le programme a connue depuis sa création en 2010. En effet, 86 % de tous les certificats de sélection délivrés en 2019 l’ont été par l'intermédiaire du PEQ.

En fait, le PEQ est si populaire que ceux qui tentent d’obtenir un certificat de sélection du Québec par le truchement du Programme régulier des travailleurs qualifiés (PRTQ) − qui vise à accueillir des immigrants en fonction des besoins du marché du travail − s’en trouvent pénalisés. À cela s’ajoute la pression exercée sur l’ensemble des candidats à l’immigration par la réduction des seuils migratoires.

Dans cette optique, le nombre de travailleurs qualifiés, qui seraient invités à présenter une demande dans le PRTQ par Arrima, pourrait être considérablement limité en 2020. Cette situation pourrait ainsi restreindre la capacité du ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Inclusion à sélectionner des personnes immigrantes pour répondre à des besoins très ciblés de la part des entreprises.

Extrait du Document de consultation sur le Programme de l’expérience québécoise

C’est pourquoi une réflexion sur le PEQ s’impose et qu’un juste équilibre pourrait être rétabli entre les deux programmes, peut-on lire dans le document. Tout indique que le nombre de personnes admises par l’intermédiaire du programme sera réduit. Plus encore, sa popularité obligera le ministère à revoir son engagement de traiter les demandes complètes reçues [...] en 20 jours ouvrables.

Plus de travailleurs temporaires et d’étudiants

Le document confirme que les deux bassins de personnes potentiellement admissibles au PEQ ont connu une forte croissance.

Le nombre de titulaires de permis octroyés en vertu du Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET) a considérablement augmenté ces dernières années; en fait, ce nombre a presque doublé de 2015 à 2019, passant de 11 625 à 20 535.

Cette croissance a été particulièrement marquée entre 2018 et 2019, alors que le gouvernement de la CAQ réduisait les seuils d’immigration québécois.

Le nombre de permis octroyés en vertu du PTET est passé de 17 690 à 20 535, mais la hausse pourrait être encore plus élevée, puisque les chiffres pour octobre, novembre et décembre 2019 manquent toujours.

Le nombre d’étudiants étrangers a lui aussi considérablement augmenté de 2013 à 2019. La croissance du nombre de permis octroyés est particulièrement marquée entre 2017 et 2019, passant de 38 020 à 48 945, ce qui représente plus de 10 000 étudiants additionnels en deux ans.

Le document souligne que l’augmentation continue du nombre d’étudiantes et d’étudiants étrangers implique une croissance du nombre de diplômes décernés et donc de personnes admissibles au PEQ selon les critères actuels.

En novembre dernier, le ministre de l’Immigration avait voulu resserrer l’accès au PEQ en favorisant certains secteurs de l’économie. La réforme proposée, qui devait s’appliquer aux étudiants étrangers déjà sur le territoire québécois, avait suscité de vives critiques, forçant le gouvernement à reculer. Ce dernier avait toutefois maintenu son intention de réviser le programme au terme de consultations.

Tout citoyen est invité à transmettre un mémoire au ministère de l’Immigration d’ici le 13 mars par courriel. Il nous a été impossible de connaître la date prévue du dépôt de la réforme. Le ministre Simon Jolin-Barrette, révèle son cabinet, souhaite avant tout consulter et prendre le pouls auprès des différents acteurs du milieu économique et de l’éducation pour à terme proposer une nouvelle formule gagnante.

Alex Boissonneault, Mathieu Dion et Hugo Lavallée sont correspondants parlementaires

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