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  • Envoyé spécial
  • Conseil de sécurité de l'ONU : un dernier sprint intense

    Justin Trudeau parle au micro lors d'une conférence.

    Le premier ministre Justin Trudeau a participé à la Conférence de Munich sur la sécurité, qui réunit des dirigeants et des représentants du monde entier.

    Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

    Huit jours, quatre pays, trois continents et plus d'une vingtaine de rencontres bilatérales : Justin Trudeau rentre au pays après avoir fait la promotion de la candidature canadienne pour un siège au Conseil de sécurité, tandis que la campagne entre dans son « sprint final ».

    Il ne reste que quatre mois avant le vote très serré de juin. L'Irlande, la Norvège et le Canada s'affrontent afin d'obtenir deux des sièges non permanents.

    Ambassadeur du Canada à l'ONU depuis 2016, Marc-André Blanchard a participé au voyage. Il était là quand le premier ministre rencontrait les chefs d'État pour discuter de nombreux enjeux, dont la candidature canadienne, qui était en toile de fond lors de ces discussions.

    Habituellement, à la fin de la discussion, le premier ministre dit : "Je suis ici parce que je veux vous demander votre appui; voici ce que nous voulons faire au Conseil de sécurité; voici pourquoi nous pensons que vous avez intérêt comme pays à appuyer le Canada", a-t-il raconté en entrevue au balado Mêlée politique.

    Ni lui ni Justin Trudeau n'ont voulu dire combien d'appuis ils ont obtenus au cours de la dernière semaine. Seul le Sénégal a publiquement affirmé qu'il voterait pour le Canada, mais ce vote était déjà acquis, a expliqué Justin Trudeau. Ça fait longtemps qu’on a l’appui du Sénégal, a-t-il affirmé vendredi lors de sa conférence de presse à Munich pour conclure son voyage.

    La pression est grande.

    En 2010, les conservateurs de Stephen Harper avaient mordu la poussière et avaient dû abandonner lors du deuxième tour face au Portugal. Les libéraux les avaient alors grandement critiqués et ils ont fait de cette victoire une promesse électorale.

    Mais les observateurs canadiens estiment que le Canada s'est lancé beaucoup trop tard dans la course, que son budget d'aide au développement n'est pas suffisant et qu'il est peu présent dans les missions de maintien de la paix.

    L'ambassadeur du Canada à l'ONU rejette ces critiques. D'après Marc-André Blanchard, quel que soit le résultat du vote en juin, la campagne était nécessaire pour la diplomatie canadienne. Qu'on perde ou qu’on gagne, ça aura valu la peine, parce que ça nous a permis de regarder chacune de nos 192 relations bilatérales et de voir s’il y avait de la chair autour de l'os dans chacune d'entre elles, explique-t-il. Je peux vous dire qu'il y a des régions où on s'est aperçu que c'était assez mince, par exemple avec l'Asie centrale, qui à certains égards est en grande croissance. On s'est dit : voilà une opportunité pour le Canada!

    Une foule de personnes applaudissent. L'objectif focalise sur un homme portant des lunettes.

    Marc-André Blanchard, l'ambassadeur du Canada à l'ONU, était présent à une entrevue que Justin Trudeau a accordée lors de sa visite à Dakar, au Sénégal.

    Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

    Malgré les critiques, les responsables canadiens font preuve d'un optimisme prudent. Ce n'est pas gagné d'avance, mais ce n'est pas non plus perdu, dit M. Blanchard. Les observateurs à l'ONU vont vous le dire : le Canada est dans la course et c'est très difficile à prédire.

    Il explique que l'élection à laquelle participe le Canada est l'une des plus compétitives de l'ONU. Le pays fait partie du groupe des « États d’Europe occidentale et autres États », qui est formé de 28 pays d’Europe occidentale, ainsi que de l’Australie, d'Israël et de la Nouvelle-Zélande. Et les élections dans ce groupe sont souvent très serrées.

    Le programme de l'ambassadeur sera très chargé au cours des prochaines semaines. D'ici juin, il devra s'assurer que le Canada obtienne 129 votes pour remporter l'élection au premier tour. M. Blanchard précise qu’il concentrera ses efforts principalement à New York, au siège des Nations unies, parce que c’est là qu’une grande partie du vote se joue.

    Il y a trois décideurs principaux pour le vote : le chef d’État, le ministre des Affaires étrangères et mes collègues ambassadeurs à New York, dit-il. On établit qu’entre 15 à 40 % des votes seront décidés par mes collègues. Comme on dit en langage électoral, le ground game, le terrain, sera beaucoup à New York au cours des prochains mois.

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