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Google Maps modifie les frontières selon le pays où la recherche est faite

Le logo de Google Maps superposé à une carte géographique.

Selon l’endroit à partir duquel est effectuée une recherche, les frontières des territoires contestés partout sur le globe apparaissent différemment sur Google Maps.

Photo : Google

Radio-Canada

Crimée, Cachemire, Corée… Selon l’endroit à partir duquel est effectuée une recherche, les frontières des territoires contestés partout sur le globe apparaissent différemment sur Google Maps. L’entreprise redessine les cartes sous la pression politique et suivant un processus opaque de ses responsables, selon ce que rapporte le Washington Post.

Impossible de sous-estimer l'influence de Google dans la vision que l’on se fait du monde, avec plus de 80 % des parts de marché dans le domaine des cartes virtuelles, et plus d’un milliard d’utilisateurs et utilisatrices. 

Bien que les cartes soient censées apporter de l’ordre à un monde aux frontières parfois malléables, le processus décisionnel de Google dans sa représentation des territoires est souvent enveloppé de mystère, même pour ceux et celles qui travaillent à mettre à jour ces cartes au quotidien.

Un processus opaque

Ce processus est influencé non seulement par l’histoire et les lois locales, mais aussi par les humeurs changeantes des diplomates, des chefs politiques et des propres têtes dirigeantes de Google, selon des personnes qui ont parlé au Washington Post sous le couvert de l’anonymat.

Notre but est toujours de fournir la carte la plus exhaustive et la plus fidèle possible en se fiant à la réalité sur le terrain, affirme Ethan Russel, directeur de la gestion des produits pour Google Maps, dans une déclaration relayée par la porte-parole Winnie King. 

Nous demeurons neutres sur les enjeux de régions et de frontières contestées, et nous déployons tous les efforts nécessaires pour représenter objectivement ces territoires contestés à l’aide d’une ligne frontalière grise et pointillée. Dans les pays qui ont des versions locales de Google Maps, nous suivons la législation locale.

Des implications potentiellement dangereuses

Depuis près de 70 ans, l’Inde et le Pakistan se livrent des batailles sporadiques, mais souvent mortelles, pour le contrôle des régions montagneuses du Cachemire. Des dizaines de milliers de personnes ont trouvé la mort dans ce conflit, qui perdure à ce jour. 

Toutefois, les internautes qui effectuent une recherche Google Maps en Inde pourraient croire – avec raison – que ce conflit est bel et bien chose du passé, puisque les frontières qui apparaissent sur l’application montrent un Cachemire en plein contrôle indien. 

Ailleurs, les internautes qui procèdent à la même recherche voient une ligne frontalière pointillée, qui suppose une admission que le conflit est toujours en cours. 

Les exemples de ce type sont légion ailleurs dans le monde. Pensons à l’étendue d’eau entre le Japon et la péninsule coréenne. Pour presque tout le monde, elle est connue sous le nom de mer du Japon, mais pour la population de la Corée du Sud qui effectue une recherche dans Google Maps, elle est répertoriée comme étant la mer de l’Est.

Même chose pour le cours d’eau séparant l’Iran de l’Arabie saoudite, qui prend le nom de « golfe Persique » ou de « golfe Arabique » selon l’emplacement de la personne faisant la recherche. 

D’autres applications de cartographie impliquées

Google n’est pas la seule entreprise à fournir des cartes à géométrie variable. L’an dernier, Apple a révisé ses cartes pour montrer la Crimée comme faisant partie intégrante de la Russie (lorsque la recherche provient de Russie), apparemment sous la pression de Moscou. 

Cette modification a causé un tollé alors que des représentantes et représentants européens condamnent depuis longtemps l’annexion de la péninsule par la Russie. 

Deux cartes de la Crimée Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La frontière de la Crimée apparaît en pointillé (zone contestée) lorsque la recherche est effectuée à partir d'Ukraine, mais comme une ligne pleine lorsque la recherche provient de Russie (zone non contestée).

Photo : Washingon Post / Google Maps

« Malheureusement, cela légitime l’occupation illégale de la Crimée par la Russie », a affirmé en entrevue Oleksii Makeiev, directeur politique du ministère des Affaires étrangères en Ukraine. 

« Apple et les autres devraient avouer qu’ils ont été pressés d’effectuer ces changements et les condamner. Autrement, ils sous-tendent que cela fait partie de leurs valeurs et font beaucoup de mal à leur image en Ukraine. »

Avec les informations de Washington Post

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