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Avion abattu en Iran : les boîtes noires pourraient être transférées à Paris

Le reportage de Philippe-Vincent Foisy.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Radio-Canada

Les boîtes noires du vol d'Ukraine International Airlines, abattu le 7 janvier par un missile iranien peu après son décollage de Téhéran, pourraient finalement être analysées en France, a affirmé vendredi le ministre des Affaires étrangères du Canada, François-Philippe Champagne.

Cette déclaration survient après l’entretien qu’il a eu avec son homologue iranien, Javad Zarif, en marge d'une conférence sur la sécurité mondiale à laquelle tous deux assistent à Munich, en Allemagne.

Selon le ministre Champagne, les Iraniens, qui refusaient depuis l’accident que les boîtes noires soient transférées à l’extérieur du pays pour être analysées, auraient changé d’avis et discuteraient maintenant de les envoyer à Paris.

Le Bureau d'enquêtes et d'analyses pour la sécurité de l'aviation civile, basé à Paris, est considéré comme le meilleur du monde en ce qui a trait à ce genre d’analyse. C’est notamment lui qui a analysé les boîtes noires du vol 302 d'Ethiopian Airlines qui s’est écrasé l’an dernier et qui a conduit à l’interdiction de vol des Boeing 737 MAX.

Lors de nos premières discussions avec l'Iran, il s'agissait de savoir comment acquérir les capacités nécessaires pour effectuer des téléchargements et des analyses en Iran. Après 30 jours, il faut arriver à la conclusion que cette capacité n'existe pas en Iran, et donc nous devons trouver une autre voie.

François-Philippe Champagne, ministre des Affaires étrangères du Canada

M. Champagne aurait aussi déclaré à M. Zarif qu'une véritable enquête est la meilleure chance pour l'Iran de prouver que ceux qui pensent que l'attaque était intentionnelle ont tort. Il lui aurait répété que le meilleur antidote aux théories du complot est la transparence.

Cette rencontre entre les deux ministres des Affaires étrangères était la deuxième depuis l’écrasement de l’avion. L’autre avait eu lieu le 17 janvier, à Oman.

Les compensations financières

Lors de leur discussion, les deux hommes ont également parlé des compensations financières que l’Iran compte verser aux familles des victimes de l’écrasement.

Nous avons été catégoriques, et je pense que les Iraniens comprennent qu'il devrait y avoir une indemnisation complète et juste pour chaque citoyen qui a perdu la vie dans cet avion.

François-Philippe Champagne, ministre des Affaires étrangères

Jusqu'à présent, l’Iran a proposé d’offrir 106 000 $ par victime, un montant qui est considéré comme insuffisant par les pays qui ont perdu des citoyens dans l’accident – le Canada, l’Ukraine, la Suède, l’Afghanistan et le Royaume-Uni.

Par ailleurs, l’Iran refuse de reconnaître la double nationalité et considère la plupart des 57 Canadiens tués dans l'accident comme des citoyens iraniens.

Trudeau jugé trop amical

Le premier ministre canadien, Justin Trudeau, a participé pour un court moment à la rencontre entre les deux ministres, une entorse au protocole qui veut qu’un premier ministre ne se mêle pas des discussions entre ministres des Affaires étrangères, mais qui visait à montrer que les Canadiens prennent cette enquête très au sérieux.

Des photos prises lors de cette rencontre, où l’on voit Justin Trudeau, souriant, serrant la main de Javad Zarif et lui touchant le dos de l'autre main, ont cependant fait fuser les critiques sur les réseaux sociaux. Plusieurs Irano-Canadiens ont rappelé que Javad Zarif représentait le pays responsable de l’attaque qui a tué des dizaines de Canadiens.

Avec les informations de CBC

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