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Des pompiers dénudés font monter la température avec leur calendrier

Une photo d'un pompier, torse nu et musclé, devant un camion du service d'incendie.

Une Ville de l'Ontario dit aux pompiers de baisser le feu sur leur calendrier de charité torride ou ils risquent de perdre le soutien municipal.

Photo : La Presse canadienne / Aaron & Tara Photography

La Presse canadienne

La Municipalité de St. Catharines, dans le Sud de l’Ontario, demande à ses pompiers de se rhabiller sur les photos de leur calendrier annuel, sans quoi elle cessera de soutenir cette initiative de collecte de fonds.

Chaque année, des membres de l'Équipe de lutte contre les incendies de St. Catharines se déshabillent et montrent leurs muscles sur des photos pour la bonne cause. Les fonds récoltés grâce à la vente de leurs calendriers sont reversés à des œuvres caritatives.

Mais la Municipalité estime que les modèles qui posent sur ces photos devraient se couvrir davantage, ou bien ne pas porter leurs uniformes, car les ressources de la Ville ne devraient pas être utilisées pour la publication d’images d'employés torse nu.

Selon le directeur général adjoint de la Ville, David Oakes, il ne s’agit pas de décourager un acte de bienfaisance, mais plutôt de faire respecter des normes de respect et de dignité en milieu de travail.

Il explique qu’il a réfléchi sur cette question quand un employé de la Ville s’est plaint, récemment, d’un calendrier qui représentait des femmes partiellement déshabillées et qui a été affiché dans un établissement municipal. Il a alors estimé qu’il fallait sévir contre les images de personnes dénudées, qu’il s’agisse d’hommes ou de femmes.

Bien que la Ville ne finance pas ces calendriers, elle a autorisé les pompiers à utiliser sa propriété sur les photos. Cette nouvelle décision de la Ville signifie donc que les pompiers auront désormais l’interdiction d’organiser des séances photo dans les casernes de la Ville et ne pourront pas utiliser d’équipement, d’uniformes, ou même afficher des logos dans ces mises en scène, si une partie de leur corps est dénudée.

Ils peuvent se servir de biens et propriétés de la Ville s'ils s'habillent de façon plus conservatrice, résume David Oakes.

Ryan Madill, président de l’Association professionnelle des pompiers de St. Catharines, explique que le service des incendies publie des calendriers de façon intermittente depuis environ 25 ans. Au cours des dernières années, le calendrier a présenté des pompiers torse nu et une pompière est également apparue en soutien-gorge de sport.

Le calendrier 2020 compte 12 photos d’hommes musclés posant avec différents accessoires de lutte contre les incendies. Mais avec les nouvelles restrictions de la ville, M. Madill ignore si les pompiers publieront une édition 2021 du calendrier.

Je ne peux pas dire si la Ville a tort ou a raison, mais tous ceux qui ont participé au calendrier étaient volontaires, et nous n'avons reçu aucune plainte de la part du public, affirme-t-il.

C’est malheureux que nous perdions un moyen de générer des revenus pour des œuvres de charité.

Ryan Madill, président de l’Association professionnelle des pompiers de St. Catharines

L'an dernier, l'équipe de lutte contre les incendies a amassé 18 000 $ pour des services de santé mentale à St. Catharines, avec la vente de calendriers et l’organisation d’un défilé de mode. Ces initiatives servent non seulement de sensibilisation communautaire, mais aussi à susciter la bonne humeur, selon lui.

Ryan Madill ajoute que les pompiers prennent de leur temps, en dehors de leurs heures de travail, pour préparer des séances photo, entretenir leur corps, promouvoir le calendrier lors d'événements et signer des autographes pour le public.

Bien souvent, les gens n'interagissent avec leurs pompiers qu'en cas d'urgence, note Rob Hyndman, président de l'Association des pompiers professionnels de l’Ontario, qui a lui-même posé plusieurs fois pour un calendrier à Sudbury.

C'est pourquoi les pompiers, partout dans la province, se servent des calendriers comme prétexte pour dévoiler une facette un peu plus personnelle à leurs communautés, estime M. Hyndman.

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