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Les dépenses militaires en forte hausse dans le monde

Cette photo de missiles balistiques lancés par la Corée du Nord a été dévoilée le 7 mars 2017 par la North Korea's Korean Central News Agency (KCNA).

Des tirs de missiles lors d'un exercice militaire en Corée du Nord.

Photo : Getty Images / STR / Getty

Agence France-Presse

Les dépenses militaires mondiales ont connu l'an dernier leur hausse la plus élevée depuis dix ans, sur fond de rivalités croissantes et de ce que le chef de l'État allemand a qualifié de « dynamique destructrice » au plan mondial.

La progression a atteint au total 4 %, selon le rapport annuel de l'Institut international d’études stratégiques (IISS) publié peu avant le début de la Conférence sur la sécurité de Munich.

En ouverture de cette grand-messe annuelle internationale sur les questions de défense, le président allemand Frank-Walter Steinmeier a planté le décor.

Année après année, nous nous éloignons de l'objectif d'une coopération internationale visant à créer un monde pacifique. L'idée d'une compétition des grandes puissances [...] imprègne la réalité sur toute la planète.

Walter Steinmeier, président de l'Allemagne
Un avion-chasseur moderne américain est stationné sur une piste d'atterrissage.

Vue de face d'un chasseur américain Raptor F-22 construit par Lockheed Martin.

Photo : Getty Images / U.S. Air Force

Les dépenses militaires ont augmenté avec la sortie des économies de la crise financière (de 2008) et sous l'effet d'une perception accrue des menaces, a relevé pour sa part le directeur général de l'Institut international d'études stratégiques.

La mort du traité FNI sur les forces nucléaires intermédiaires (portée de 500 à 5500 km) en 2019 et l'extinction potentielle du traité New Start sur les armes nucléaires intercontinentales en 2021 bouscule l'ordre international post-guerre froide, tout comme la montée en puissance de la Chine ainsi qu'une série de crises régionales, de l'Ukraine à la Libye.

Les États-Unis et la Chine en tête

Un membre d'équipage fait des signaux au  pilote d'un chasseur F-18.

Un chasseur F/A-18 se prépare à décoller du pont du porte-avions américain Nimitz dans le nord du golfe d'Arabie.

Photo : Reuters / Hamad I Mohammed

Dans un tel contexte, les deux plus gros budgets militaires mondiaux, ceux des États-Unis (685 milliards de dollars) et de la Chine (181 milliards), poursuivent leur croissance exponentielle, avec une hausse de 6,6 % dans les deux pays en 2019 par rapport à 2018.

Les dépenses américaines ont augmenté à elles seules de 53,4 milliards de dollars l'an dernier; c'est l'équivalent du 7e budget mondial de la défense, après ceux de l'Arabie saoudite (3e), de la Russie (4e), de l'Inde (5e), du Royaume-Uni (6e), mais avant celui de la France (8e).

En Europe, les inquiétudes liées à la Russie continuent d'alimenter la croissance des dépenses avec une hausse de 4,2 % par rapport à 2018, souligne également John Chipman.

Les armes hypersoniques changent la donne

Des chars lanceurs de missiles défilent dans la rue.

L'armée chinoise exhibe ses nouveaux lanceurs de missiles supersoniques DF-17 lors d'un défilé militaire à Pékin en octobre dernier.

Photo : afp via getty images / GREG BAKER

L'accroissement massif des capacités militaires chinoises – missile balistique intercontinental DF-41 susceptible de toucher tout point des États-Unis, avion de combat J-20A, missiles, drones, etc. – est une source majeure d'inquiétude aux États-Unis comme auprès de leurs partenaires en Asie-Pacifique.

La Chine s'est aussi lancée, comme la Russie, dans le développement d'armes hypersoniques susceptibles de déjouer les défenses antimissiles adverses, met en garde l'institut londonien.

Lors du défilé marquant le 70e anniversaire du régime communiste le 1er octobre 2019, Pékin a présenté en grande pompe un lanceur, le DF-17, qui doit emporter à l'avenir un planeur hypersonique.

L'armée russe a annoncé en décembre la mise en service de ses premiers missiles hypersoniques Avangard, l'une des nouvelles armes vantées par le président Vladimir Poutine comme invincibles et indétectables.

Un missile exposé dans une foire commerciale.

Une femme nettoie le tapis sur lequel repose un missile de croisière supersonique Brahmos développé conjointement par la Russie et l'Inde.

Photo : afp via getty images / OLGA MALTSEVA

En Europe, les interrogations grandissent devant le risque de désengagement des États-Unis, de plus en plus centrés sur l'Asie-Pacifique, même si ces derniers ont renforcé pour l'heure leur présence militaire dans l'est du continent face à la Russie, tout comme dans le Golfe face aux menaces iraniennes.

Les pays membres de l'OTAN , Allemagne en tête, sont aussi budgétairement sous la pression du président américain Donald Trump qui leur réclame un effort plus massif pour arriver à l'objectif de dépenses égales à 2 % du PIB.

Après Donald Trump en 2018, le président français Emmanuel Macron a en outre semblé jeter le doute à son tour sur l'engagement de solidarité collective au sein de l'Alliance en cas d'agression de l'un de ses membres, rappelle l'IISS.

Il a aussi ébranlé ses partenaires en estimant l'OTAN en état de mort cérébrale.

Deux des trois puissances nucléaires de l'Alliance (la troisième étant le Royaume-Uni) ont ainsi semé l'incertitude sur cette question clé de la sécurité collective, souligne John Chipman.

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