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La transmission de maladies entre wapitis et bétail comporte un risque pour les humains

Des vaches dans un champs en Alberta.

Les troupeaux de bétail du sud de l'Alberta contractent des maladies transmises par la faune sauvage.

Photo : Vincent Bonnay

Radio-Canada

Selon une nouvelle étude albertaine, le bétail peut contracter des maladies des animaux sauvages, et les humains courent aussi le risque d'être infectés.

Des chercheurs de l'Université de l’Alberta et de l'Université de Calgary estiment qu’il est commun de voir des animaux sauvages et des bovins d’élevage se transmettre des maladies. Cette situation est notamment observable dans le sud de la province où ces animaux se mêlent souvent dans les pâturages des ranchs. Plus les animaux interagissent, plus les risques de transmission sont élevés.

Parmi les maladies les plus répandues figurent la maladie du charbon, la tuberculose bovine, la brucellose et de nombreuses variétés de vers. Certaines sont des zoonoses et peuvent donc être transmises d’animaux à humains, explique Mark Boyce, l’un des scientifiques ayant participé à l’étude.

Cela fait des années que des recherches sur la transmission de maladies entre espèces sont réalisées dans la province. Dans cette nouvelle étude, les chercheurs se sont particulièrement intéressés aux contreforts du sud des Rocheuses. Ils ont étudié les bovins de 16 ranchs différents et ont compilé des données venant de wapiti, à l’aide de dispositifs GPS.

La rencontre entre les animaux a certainement mené à un risque d’infection entre la faune sauvage et le bétail.

Mark Boyce, chercheur à l’Université de l’Alberta

Cela leur a permis de voir que l’hiver était la période pendant laquelle les espèces avaient le plus de risques de se croiser. Cela correspond au moment où les wapitis descendent des montagnes pour trouver de la nourriture plus substantielle, comme le foin, et pour lécher les blocs de sel présents dans les pâturages.

Mais le danger est aussi palpable au début du printemps, lorsque les bovins un peu trop curieux lèchent les veaux mort-nés infectés.

Un wapiti.

Si les contacts entre wapitis et bovins se poursuivent, les premiers pourraient réintroduire la brucellose dans les troupeaux de bétail du sud de l'Alberta.

Photo : Rick Price Photography

Risques pour les humains

Une fois qu’un bovin est infecté, il existe un risque de transmission pour les humains si ceux-ci consomment le lait non pasteurisé ou la viande pas assez cuite de l’animal. Toutefois, selon le gouvernement fédéral, ces transmissions restent rares et sont facilement traitables, souvent avec des antibiotiques.

Le bétail canadien est, globalement, débarrassé de la brucellose depuis les années 1980, même si le pays déclare 10 cas par an durant les 10 dernières années. Cependant, les wapitis qui, au départ, avaient été infectés par les vaches, pourraient réintroduire la maladie dans les troupeaux du sud de l’Alberta.

Si un cas d’infection est repéré dans un troupeau, l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) met en place des mesures de lutte contre la maladie (Nouvelle fenêtre) consistant notamment en l’élimination des animaux malades, la décontamination de la ferme et la compensation financière pour la perte de revenus.

Surveillance accrue des troupeaux

Karen Schmid, directrice de la recherche et production des Producteurs de boeuf de l’Alberta, pense qu’il est très important que les propriétaires terriens soient au courant du genre d’animaux sauvages qui fréquentent leurs espaces. Or, selon l’un des auteurs de l’étude, Marko Musiani, le manque de main-d'œuvre dans les ranchs rend cela difficile.

La faune sauvage tend à éviter les humains, mais vu qu’il y a moins d’hommes dans les ranchs, elle rencontre le bétail de façon plus libre.

Marko Musiani, biologiste de l’Université de Calgary

Pour les chercheurs, si la nourriture et les blocs de sel du bétail sont installés plus près des bâtiments, cela pourrait dissuader les wapitis de s’approcher et de manger la nourriture des bovins. Ils pensent également que les troupeaux devraient être rapprochés des fermes pendant l’hiver et la saison de mise bas, pour plus de surveillance.

Marko Musiani précise tout de même que le consommateur ne peut pas faire grand-chose pour éviter de contracter la maladie. Il ajoute que c’est au gouvernement fédéral et aux fermiers que revient la tâche de surveiller et de contrôler le bétail.

Avec les informations d'Elise von Scheel

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