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Les manifestants de Tyendinaga acceptent de rencontrer le ministre Miller

Un camion équipé d'une déneigeuse et d'autres véhicules stationnent devant une voie de chemin de fer. Plusieurs manifestants se trouvent sur le lieu.

Des membres de la Première Nation mohawk de la réserve de Tyendinaga bloquent les voies ferrées du CN à Tyendinaga en soutien aux Wet'suwet'en, qui luttent contre la construction d'un gazoduc dans le nord de la Colombie-Britannique.

Photo : La Presse canadienne / Lars Hagberg

Radio-Canada

Les manifestants mohawks de Tyendinaga, qui continuent de protester autour des voies ferrées près de Belleville, en Ontario, ont accepté de rencontrer le ministre des Services aux Autochtones, Marc Miller, samedi.

La rencontre se tiendra à 10 h au passage à niveau du chemin de fer du Canadien National (CN) sur la route Wyman, là où les manifestants bloquent la voie ferrée.

Le ministre Miller avait proposé jeudi une réunion avec la Nation mohawk, tout en demandant de cesser de bloquer l'accès aux voies ferrées.

Le ministre a demandé de "polir la Chaîne d'alliance en argent", l'un des accords originaux entre les Mohawks et la Couronne, afin de régler les problèmes du Canada et des Mohawks. [...] Les Mohawks ont accepté de le rencontrer, a communiqué la Nation, qui a par ailleurs invité ses partisans à assister à l'événement qu'elle qualifie d'historique.

Les manifestants protestent contre le projet de gazoduc Coastal GasLink, en solidarité avec certains membres de la Nation Wet'suwet'en.

Le CN obtient la prolongation d'une injonction

La Cour supérieure de l'Ontario a prolongé vendredi une injonction obtenue par le CN contre des manifestants mohawks de Tyendinaga.

Le CN, qui a annoncé une interruption progressive de ses services dans l'est du Canada, était de retour devant la Cour supérieure de l'Ontario vendredi matin. La compagnie ferroviaire demandait le maintien d'une injonction intérimaire obtenue la semaine dernière pour mettre un terme aux manifestations. L'ordre de la cour restera maintenant en vigueur indéfiniment.

Dans ses arguments, l'avocate de CN, Marina Sampson, a déclaré que la perturbation avait causé un préjudice irréparable, déplorant que le CN et son chemin de fer soient utilisés comme un pion.

L'impact se fait sentir partout au pays, a-t-elle plaidé, mentionnant le CN, VIA Rail, les clients du CN, les industries dépendantes de la voie ferrée, et des milliers et des milliers de ses passagers.

Par ailleurs, selon un affidavit soumis au nom du CN, en date du 10 février, des marchandises d'une valeur de 1,7 milliard de dollars avaient été retardées. Le CN décrit l'impact des perturbations sur l'entreprise, ses revenus et ses activités, et avertit qu'il pourrait y avoir des mises à pied d'employés.

La Police provinciale de l'Ontario (PPO) n'a pas entrepris de faire appliquer l'injonction jusqu'ici, et dit qu'elle continue de souhaiter un dénouement pacifique.

De son côté, VIA Rail a annulé son service presque partout au pays jusqu'à la fin des manifestations près des chemins de fer.

Ailleurs au pays, des blocages ont été levés au Manitoba et dans le nord de la Colombie-Britannique. Lors d'un point de presse vendredi matin en marge d'une rencontre avec ses homologues ministres des Transports des provinces et territoires, le ministre fédéral Marc Garneau s'est réjoui de voir une amorce de dialogue qui a mené à la reprise des trains en Colombie-Britannique.

Je demeure optimiste qu’une approche semblable pourra mener à un résultat tout aussi positif en Ontario et au Québec, dit-il.

Sur le terrain en Ontario, les manifestants continuent de se faire entendre et d’exprimer leur opposition au projet de gazoduc Coastal GasLink.

Blaine Grass, l’un des protestataires, regrette que les choses en soient arrivées là. C’est une triste situation, pour être honnête, a-t-il confié vendredi matin à l’émission Metro Morning, de CBC à Toronto.

La rencontre proposée par le ministre Miller est, selon lui, un début. Il ne dit pas, toutefois, si le groupe de manifestants a l’intention de quitter les lieux prochainement.

C’est dommage qu’on ait eu à se rendre à ce point là pour que le gouvernement vienne nous parler, ajoute-t-il. On a pourtant envoyé de nombreux papiers au gouvernement par le passé pour tenter de négocier, essayer d’avoir des discussions.

Personnellement, j’espère que les choses vont revenir à la normale le plus vite possible.

Blaine Grass

Discrétion pas synonyme d'inaction

La PPO continue de surveiller la situation, et Blaine Grass estime pour sa part que les échanges entre les manifestants et la police ont été bons et respectueux jusqu'ici.

Si la PPO fait usage de son pouvoir discrétionnaire pour viser la désescalade, ça ne signifie pas pour autant qu’elle n’agit pas, selon Bill Dickson, porte-parole. La police, souligne-t-il, suit son Cadre de référence pour la préparation des services policiers en cas d’incident critique concernant les Autochtones.

Causer des inconvénients

Des résidents du voisinage sont allés rencontrer les manifestants jeudi soir pour leur apporter des couvertures et de la nourriture. On voulait simplement montrer notre soutien, dit July O'Neill. C’est important, ce qui se passe ici. On devrait tous revendiquer et soutenir les Premières Nations. Ils essaient de protéger notre terre. C'est ce qu'on devrait tous faire.

La seule manière d’amener les gens à écouter, c’est de causer des inconvénients, soutient-elle.

Pour Blaine Grass, ce mouvement de protestation a aussi des implications plus larges, pour l’environnement et les générations futures. Vous voyez les niveaux des eaux qui montent, les arbres qui meurent, les choses qui se passent partout dans le monde. Si on ne commence pas à se tenir debout maintenant, on n’aura peut-être plus de monde demain matin.

Je manifeste pour mes enfants et mes petits enfants. Et je suis désolé que ça ait mené à ça. Il n’y a pas de ressentiment, mais c’est important qu’on se lève maintenant.

Avec des informations de Camille Feireisen et de CBC

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