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Blocage des voies ferrées : Ottawa prône le dialogue, les provinces, un règlement rapide

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Une voiture et une barricade avec des manifestants sont installées sur la voie ferrée.

Le reportage de Philippe Leblanc.

Photo : La Presse canadienne / Lars Hagberg

Radio-Canada

Le ministre des Transports, Marc Garneau, a de nouveau souligné l’importance du dialogue avec les manifestants autochtones opposés au projet Coastal GasLink qui bloquent les voies ferrées au pays, vendredi après-midi, au sortir d’une rencontre avec ses homologues des provinces et des territoires. De leur côté, les autorités provinciales demandent à Ottawa d'adopter une position ferme et de régler le problème rapidement.

Délaissant le terme illégal qu’il avait utilisé vendredi matin pour parler des blocages, Marc Garneau a plutôt voulu mettre en avant la réconciliation, qu’il avait déjà jugée essentielle à la résolution du conflit.

Nous sommes tous conscients du besoin de régler ce problème. Nous sommes tous conscients du fait qu’il faut faire respecter la loi. Nous sommes tous aussi conscients du fait qu’il faut se tourner vers la réconciliation. Et on marie les deux en ce moment.

Le ministre fédéral des Transports, Marc Garneau

Soulignant que le ministre des Services aux Autochtones, Marc Miller, tenait des discussions actives avec les Mohawks de Tyendinaga qui bloquent les voies du CN près de Belleville, en Ontario, M. Garneau a dit croire que l’approche fédérale était la meilleure.

En fait, le ministre Miller rencontrera les manifestants de Tyendinaga samedi matin, à l'endroit où ils protestent, au passage à niveau du chemin de fer du Canadien National (CN) sur la route Wyman.

C’est une situation complexe. […] Nous allons de l'avant, soutient Marc Garneau.

Je peux vous dire que nous faisons preuve de leadership. Plusieurs ministres fédéraux se réunissent tous les jours pour parler de la situation. Le premier ministre [actuellement à l’étranger] est complètement au fait. On est en contact continuellement avec les compagnies de chemins de fer, avec les compagnies qui transportent les biens sur le système ferroviaire et avec les peuples autochtones également, a précisé le ministre des Transports.

Marc Garneau rejette totalement l’idée d’une intervention de la GRC, suggérée par le chef conservateur démissionnaire Andrew Scheer, qui disait vouloir dénoncer une situation ridicule.

Selon M. Garneau, cette suggestion indique un manque de compréhension de la complexité de cet enjeu.

Marc Garneau parle au micro, avec des ministres en arrière-plan.

Marc Garneau parle aux médias après la rencontre des ministres des Transports, accompagné de ses homologues provinciaux.

Photo :  Radio-Canada

Intervention rapide demandée par les provinces

Au terme de cette rencontre des ministres des Transports canadiens, à laquelle participaient aussi des représentants autochtones, plusieurs provinces ont fait des déclarations enjoignant à Ottawa d'agir avec célérité pour garder l’économie canadienne à flot.

Je suis très préoccupée par le fait que le gouvernement fédéral n’a pas encore pris le temps d’aller visiter ces blocages. Je pense qu’il est essentiel que le gouvernement fédéral fasse preuve de leadership. Il faut fixer un échéancier.

La ministre ontarienne des Transports, Caroline Mulroney

Même chose du côté de son homologue de la Saskatchewan, Greg Ottenbreit, qui demande au fédéral d'adopter une position ferme sur cette question.

Il a aussi demandé aux corps policiers de faire tout ce qui est en leur pouvoir pour mettre un terme à ces activités dangereuses et illégales, tout en respectant le droit de protester.

Les lois doivent être respectées.

Le ministre de la Voirie et de l'Infrastructure de la Saskatchewan, Greg Ottenbreit

Quant au premier ministre du Québec, François Legault, il a écrit sur Twitter avoir parlé avec le premier ministre Justin Trudeau et lui avoir dit qu’il était urgent qu’il intervienne pour qu’il mette fin au blocage des voies ferrées.

De Munich, en Allemagne, où il participe à une conférence sur la sécurité mondiale, M. Trudeau a ajouté que tous partageaient les mêmes préoccupations et s'étaient engagés à travailler ensemble.

L'opposition reproche à Justin Trudeau de gérer cette crise de l'étranger, où il se trouve depuis une semaine.

Liberté d'expression ou activités illégales?

Vendredi matin, le ministre Marc Garneau avait été un peu plus tranchant envers le blocage du système ferroviaire, même s'il avait souligné vouloir respecter le droit de manifester.

Je dois dire que je suis profondément préoccupé par les manifestations qui empêchent délibérément l’exploitation des chemins de fer par des activités illégales, a-t-il dit, reprenant une expression utilisée par Andrew Scheer le jour précédent.

Jeudi, M. Scheer avait en effet soutenu dans un tweet que Justin Trudeau avait peur de les dénoncer [les manifestants] pour ce qu’ils sont : ILLÉGAUX.

Le ministre des Transports a cependant exprimé le désir de respecter la démocratie.

Je vais être clair : la liberté d'expression et le droit de manifester pacifiquement sont parmi les droits les plus fondamentaux dans une démocratie comme le Canada, et ils doivent être respectés et protégés, a-t-il ajouté.

D'Allemagne, Justin Trudeau a déclaré pour sa part qu'il ne lui revenait pas d'ordonner aux forces de l'ordre de déloger les manifestants qui bloquent des voies ferrées.

On n’est pas un pays où les politiciens peuvent ordonner à la police de faire quelque chose d’opérationnel, a-t-il déclaré.

Un message partagé par le ministre de la Sécurité publique, Bill Blair, qui a affirmé vendredi qu’il n'était pas dans ses prérogatives de diriger des opérations policières.

L’indépendance de la police est essentielle afin que le public continue d’avoir confiance en nos institutions, a-t-il déclaré, ajoutant que le gouvernement était déterminé à protéger le droit constitutionnel de manifester des Canadiens tout en faisant respecter la primauté du droit.

Économie fragilisée

Un tableau de la gare Centrale montre que les liaisons sont annulées.

Les liaisons ferroviaires de VIA Rail étaient annulées vendredi à Montréal.

Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiorz

Des manifestants bloquent depuis près d'une semaine plusieurs lignes ferroviaires du pays pour appuyer les opposants au projet de gazoduc Coastal GasLink en Colombie-Britannique, causant de graves torts au transport de marchandises.

Le barrage près de Belleville, en Ontario, qui bloque la seule voie principale reliant l’Ouest canadien à l’est du Canada et au centre des États-Unis, a d'ailleurs contraint le CN, propriétaire des voies ferrées, à interrompre ses services dans l'est du pays.

VIA Rail a pour sa part suspendu ses activités jusqu'à la fin des blocages, laissant en plan des milliers de voyageurs.

Le CN a bien obtenu une injonction de la Cour supérieure de l'Ontario pour empêcher les Mohawks de Tyendinaga de manifester. La Police provinciale de l'Ontario n'a cependant pas entrepris de faire appliquer l'injonction jusqu'ici, et dit qu'elle continue de souhaiter un dénouement pacifique.

Le blocage mis en place à Diamond, à l'ouest de Winnipeg, a cependant été levé jeudi grâce à une autre injonction obtenue par le CN.

Le gouvernement fédéral et celui du premier ministre de la Colombie-Britannique, John Horgan, ont aussi pu obtenir la fin du blocage de la voie ferrée près de New Hazelton, dans le nord de la province, en promettant de participer à une rencontre sur l'impasse au sujet de la construction du gazoduc Coastal GasLink.

Je demeure optimiste qu’une approche semblable pourra mener à un résultat tout aussi positif en Ontario et au Québec. De toute évidence, il s’agit d'une période difficile, et il y a du pain sur la planche.

Marc Garneau, ministre des Transports

Les chefs héréditaires Wet'suwet'en n'ont pas donné leur consentement au projet Coastal GasLink, mais la compagnie l'a cependant obtenu de la part de 20 conseils de bande élus des Premières Nations le long du tracé, dont cinq qui représentent la communauté Wet'suwet'en.

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