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Coronavirus : 1400 morts en Chine, un premier cas en Afrique

Un infirmier pousse le fauteuil roulant d'une dame âgée dans le corridor d'un hôpital.

En raison d'une pénurie, ce n'est pas tout le personnel soignant qui dispose de combinaisons et de masques de protection.

Photo : Reuters / China Daily

Agence France-Presse

Le bilan de l'épidémie du nouveau coronavirus a avoisiné vendredi les 1400 morts en Chine, et le premier cas de contamination en Afrique a été constaté en Égypte.

Le ministère égyptien de la Santé a annoncé vendredi avoir enregistré le premier cas sur le continent africain. Le porteur de la maladie, qui n'est pas égyptien, a été hospitalisé en quarantaine.

Près de 64 000 cas de contamination ont désormais été enregistrés en Chine, dont au moins 1716 parmi les médecins et infirmiers qui travaillent au contact des malades, selon la Commission nationale de la santé, qui fait office de ministère.

Les autorités ont révélé que six membres du personnel soignant étaient décédés, et ont souligné les risques que le personnel court dans des hôpitaux débordés.

La grande majorité (1102) de ces contaminations en milieu hospitalier ont eu lieu à Wuhan (centre), chef-lieu de la province de Hubei et berceau de l'épidémie de pneumonie virale COVID-19 (abréviation de coronavirus disease 2019).

Cette annonce survient une semaine après la mort, causée par le virus, d'un médecin qui avait tenté d'alerter les autorités, mais avait été réprimandé par la police. Son décès avait provoqué la colère sur les réseaux sociaux.

Des médecins et des infirmiers au chevet de patients dans une salle remplie de lits.

Les hôpitaux débordent, ce qui place les travailleurs de la santé dans des situations à risque.

Photo : Reuters / China Daily

En raison d'un afflux de patients dans les hôpitaux du Hubei et d'une pénurie de fournitures de protection (masques, combinaisons intégrales), une partie du personnel soignant se trouve à la merci d'une contamination.

La Commission nationale de la santé a fait état vendredi de 121 nouveaux décès en Chine lors des dernières 24 heures, ce qui porte le total à 1380 morts.

La Chine concentre 99,9 % des décès dus au coronavirus enregistrés dans le monde. Jusqu'à présent, seuls le Japon et les Philippines ont fait état chacun d'un mort sur leur territoire.

La lutte contre le virus constitue un grand test pour le système et les capacités de gouvernance du pays, a reconnu vendredi le président Xi Jinping. L'épidémie a révélé des lacunes et insuffisances, a-t-il concédé, appelant à améliorer le système de santé national, propos qu'il a tenus lors d'une réunion du Parti communiste chinois (PCC).

Washington déplore un manque de transparence

Du côté américain, après avoir initialement félicité Pékin pour son travail très professionnel, la Maison-Blanche a pris ses distances jeudi.

Nous sommes un peu déçus du manque de transparence de la part des Chinois.

Larry Kudlow, principal conseiller économique du président Donald Trump

M. Kudlow a notamment regretté que Pékin ait, selon lui, décliné des propositions américaines d'envoyer des experts en Chine.

En réaction, un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Geng Shuang, a souligné vendredi que Pékin faisait preuve de transparence depuis le début de l'épidémie.

La Chine a toujours considéré une coopération avec les États-Unis de manière positive et ouverte, a-t-il affirmé.

Larry Kudlow devant des micros et des caméras à la Maison-Blanche.

Larry Kudlow, conseiller économique du président américain, a accusé la Chine de ne pas collaborer suffisamment avec les États-Unis.

Photo : Getty Images / Drew Angerer

L'OMS a pris vendredi la défense de Pékin, affirmant que le gouvernement chinois coopère avec [elle], invite des experts internationaux, a partagé des séquences [du virus], continue à oeuvrer avec le monde extérieur.

Nouvelle méthode, nouveaux chiffres

Les autorités sanitaires du Hubei ont annoncé jeudi à la surprise générale un élargissement de leur définition des personnes atteintes de pneumonie virale COVID-19.

Jusqu'à présent, un test de dépistage était indispensable pour déclarer un cas confirmé. Dorénavant, les patients dont le diagnostic a été établi cliniquement, notamment par une simple radiographie pulmonaire, seront aussi comptabilisés.

Nouvelle méthode, nouveaux chiffres

Cette nouvelle méthode a automatiquement gonflé le nombre de morts et de personnes officiellement infectées, ce qui a conduit jeudi à l'annonce de plus de 15 000 nouveaux cas de contamination, et vendredi de plus de 5000.

Ces chiffres dépeignent une situation plus grave que ce qui avait été signalé jusqu'à présent, mais ne représentent pas un changement significatif de la trajectoire de l'épidémie, a tempéré le chef du département des urgences sanitaires de l'OMS, Michael Ryan.

La ville de Wuhan, où est apparu en décembre le nouveau coronavirus, et la province environnante de Hubei restaient vendredi coupées du monde par un draconien cordon sanitaire en vigueur depuis plus de trois semaines.

Les deux chefs du PCC pour le Hubei et Wuhan, fustigés par l'opinion publique pour leur gestion de la crise, ont été limogés jeudi.

Centaines de cas, vingtaine d'États

Ailleurs dans le monde, l'épidémie de COVID-19 maintient les autorités en alerte, avec plusieurs centaines de cas confirmés de contamination dans une vingtaine d'États.

Les personnes malades aux États-Unis qui présentent des symptômes de grippe, mais dont le test de dépistage de la grippe est négatif, en subiront un du nouveau coronavirus, ont annoncé vendredi les Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC) américains.

Le principal foyer d'infection hors de Chine reste le paquebot de croisière Diamond Princess, en quarantaine au Japon près de Yokohama : 218 cas de contamination y ont été confirmés, dont 44 nouveaux cas annoncés jeudi.

Les autorités japonaises ont commencé vendredi à évacuer du bateau certains passagers âgés et de santé fragile, dont les tests de dépistage du nouveau coronavirus se sont révélés négatifs.

Les centaines de passagers d'un navire de croisière américain, le Westerdam, ont pu débarquer vendredi au Cambodge : le bateau avait erré en mer plus de 10 jours, car cinq ports asiatiques lui interdisaient d'accoster par crainte du coronavirus.

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