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Le magnat de la mode Peter Nygard accusé de viol par 10 femmes dans une action au civil

Plan serré de Peter Nygard, souriant.

Peter Nygard possède un empire de plusieurs millions de dollars dans la fabrication et la vente de vêtements, dont le siège social est à Winnipeg.

Photo : Associated Press

Radio-Canada

Dix femmes intentent une poursuite civile contre le magnat canadien de la mode Peter Nygard et demandent à un tribunal de l’État de New York de certifier leur demande de recours collectif. Elles accusent l’homme d’affaires originaire de Winnipeg de les avoir violées dans sa villa des Bahamas et de mener un « réseau de trafic humain ».

Avertissement : Ce texte contient des détails explicites de nature sexuelle. Peter Nygard nie toutes les allégations, qui n'ont pas été prouvées devant un tribunal.

Trois des plaignantes avaient 14 ans, et trois autres, 15 ans, au moment des viols présumés, qui se seraient produits entre 2008 et 2015.

Les plaignantes, qui ne sont pas nommées dans la poursuite « pour protéger leur identité en raison de la nature sensible et du contenu hautement personnel » qu’on y trouve, demandent des dommages pour les viols qu'elles auraient subis.

Selon la poursuite, Peter Nygard « a recruté, séduit et appâté des enfants et des femmes jeunes, impressionnables et souvent pauvres, avec de l’argent comptant et de fausses promesses de contrats lucratifs en tant que mannequins pour les agresser, les violer et les sodomiser ». Aucune accusation criminelle n’a été portée en rapport avec ces allégations.

Dans une déclaration écrite jeudi, l’avocat de Peter Nygard, Jay Prober, nie « vigoureusement » ces accusations qu’il qualifie de « complètement fausses [et] sans fondement ». « Peter Nygard est impatient d’exposer cette arnaque et de laver sa réputation une fois pour toutes. »

Peter Nygard possède un empire de plusieurs millions de dollars dans la fabrication et la vente de vêtements, dont le siège social est à Winnipeg. Selon le site web de l’entreprise Nygard international, la société privée du magnat de la mode possède plus de 170 boutiques en Amérique du Nord.

Des allégations de corruption

Selon la poursuite, Peter Nygard aurait drogué des femmes avec des psychotropes versés dans leurs boissons. Il serait parvenu à maintenir le secret autour de ses agissements en intimidant les plaignantes et en soudoyant les autorités et des politiciens des Bahamas.

Il aurait aussi « payé des gens avec des fonds de sa société, pour intimider ses anciennes "petites amies" en crevant les pneus de leurs voitures, en allumant des incendies, en payant la police pour qu’elle menace de les arrêter et en les faisant suivre ».

Une dispute qui s’étend sur 10 ans

L'avocat de Peter Nygard indique que son client « s’attendait à cette poursuite », qui s’inscrit, selon lui, dans une suite de tentatives effectuées depuis une dizaine d'années par son ancien voisin des Bahamas, le milliardaire américain Louis Bacon, pour salir sa réputation.

Ce qui a commencé par une simple plainte relative au bruit s’est transformé en une cascade de poursuites déposées par les deux hommes dans divers tribunaux de plusieurs pays.

La poursuite la plus récente de Peter Nygard contre Louis Bacon, déposée en novembre 2019 à New York, allègue que ce dernier « a embauché une équipe d’avocats et d’enquêteurs privés » pour amener des témoins « à faire de faux témoignages [...], de fausses déclarations [...] dans l’intention de nuire à Peter Nygard ».

Peter Nygard dit que les allégations contenues dans la poursuite déposée jeudi sont une réponse à celle qu’il a intentée en novembre contre Louis Bacon, alléguant que les plaignantes ont été « payées pour faire de fausses déclarations ».

Des sauteries hebdomadaires

Les plaignantes affirment que les viols se sont produits dans la villa des Bahamas de Peter Nygard pendant ou après ce que ce dernier appelait des « pampers parties ».

Son personnel avait pour instruction de recruter des jeunes femmes pour ces sauteries hebdomadaires, selon la poursuite. Une fois dans le domaine, elles auraient été fichées et photographiées. Peter Nygard aurait utilisé ces informations pour choisir ses victimes potentielles. Selon la poursuite, Peter Nygard posséderait une base de données de plus de 7500 femmes et filles mineures.

La poursuite détaille les agressions que les 10 plaignantes disent avoir subies : viol vaginal, viol anal, sexe oral. Peter Nygard aurait aussi demandé aux femmes d’uriner ou de déféquer dans sa bouche.

Une des victimes présumées, qui avait 14 ans au moment des faits, selon la poursuite, dit que Peter Nygard a commencé par lui montrer des images pornographiques et lui a demandé d’employer un jouet sexuel sur lui avant de la violer, « lui causant une douleur et un traumatisme extraordinaires ».

La poursuite indique que Peter Nygard aurait payé ses victimes des dizaines de milliers de dollars après chaque viol.

La société de Nygard aurait financé toutes les « pamper parties » en transférant de l’argent du compte en banque canadien de la compagnie vers les Bahamas en le faisant transiter par New York, selon la poursuite.

« Quand Peter Nygard a appris qu’il y avait une enquête sur son réseau de trafic humain, il s’est tourné vers des tactiques de violence, d’intimidation, de corruption et de pots-de-vin pour tenter de faire taire ses victimes et de maintenir sa combine », lit-on dans la poursuite.

Étant donné qu’il y a une prescription de 10 ans sur des causes de ce genre dans l’État de New York, les plaignantes demandent qu'on leur permette de procéder même s'il s'est passé plus de 10 ans depuis les faits dénoncés, citant les facteurs qui les ont empêchés de porter plainte jusqu'ici, comme les menaces, l’usage de la force, la honte, la peur, ainsi que la faiblesse des lois qui protègent mal les victimes.

Un juge doit autoriser le recours collectif pour qu'il puisse aller de l'avant.

Aucune des allégations dans cette poursuite n’a été prouvée devant un tribunal.

Avec des informations de Timothy Sawa

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