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La désinformation aggrave les épidémies

Deux études récentes montrent que les fausses informations sur les épidémies tendent à circuler plus rapidement que les vraies.

Une femme regarde son téléphone. Elle porte un masque facial.

La désinformation sur les réseaux sociaux peut aggraver les épidémies.

Photo : Reuters

Des études d'une équipe de chercheurs britanniques montrent comment les « fausses nouvelles » sur les épidémies ont pour effet d’accélérer la propagation de maladies infectieuses.

Les deux études (Nouvelle fenêtre), publiées respectivement dans la revue Simulation : Transactions of the Society for Modelling and Simulation International et dans la Revue d'épidémiologie et de santé publique, se basent sur des modèles informatiques pour analyser la façon dont la circulation de fausses informations peut aggraver la propagation de la grippe, de la variole du singe, ainsi que du norovirus, qui est responsable notamment de la gastro-entérite.

Les auteurs des études considèrent que leurs résultats peuvent aussi s’appliquer au coronavirus.

Une des coauteures des études, la Pre Julii Brainard de l’Université d’East Anglia à Norwich en Angleterre, explique avoir choisi ces trois virus, car leur mécanisme de propagation est bien documenté. Un des paramètres de notre modèle est de savoir combien de gens chaque personne malade va infecter. Nous avions besoin de vraies données pour faire ça, explique-t-elle.

La contagion de la désinformation

Pour étudier l’influence des fausses nouvelles sur la propagation des virus, les chercheurs se sont basés sur une étude précédente qui comparait la vitesse à laquelle se propagent les vraies informations et les fausses informations sur le réseau social Twitter. [Les chercheurs] ont trouvé que les gens partageaient les informations incorrectes beaucoup plus souvent. Ils ont regardé les raisons pour lesquelles la mauvaise information était plus contagieuse et plus intéressante à partager, dit la Pre Brainard.

Les chercheurs de l’Université d’East Anglia ont ainsi pu développer un algorithme pour déterminer à quelle vitesse circulerait l’information sur les trois virus étudiés.

L'équipe s'est ensuite intéressée aux moyens de réduire la propagation de la désinformation et à son effet sur les épidémies. Les chercheurs ont constaté que la diffusion accrue d’information réelle et l’éducation à la désinformation avaient pour effet d’immuniser une partie de la population contre ces fausses nouvelles et, par conséquent, réduisaient l’ampleur des épidémies.

Des exemples réels

La Pre Brainard souligne que la désinformation a eu des effets réels sur l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest. Un tweet avait circulé, prétendant que le sel pouvait guérir l’Ebola, raconte-t-elle. Quelques personnes l’ont pris au sérieux et se sont dit : “Je n’ai pas besoin d’aller chez le médecin pour mes symptômes étranges. Je vais essayer cela en premier”. Cela a mené à des délais avant de recevoir des soins, et avec une maladie aussi contagieuse, c’est dangereux.

Un professionnel de la santé administre un vaccin.

Un homme est vacciné à Goma, en République démocratique du Congo, contre le virus Ebola.

Photo : Reuters / Olivia Acland

Les auteurs des études constatent aussi que le mouvement antivaccin, qui a pris de l’ampleur grâce aux réseaux sociaux, a mené à une résurgence des cas de rougeole à travers la planète.

Les chercheurs notent également que la circulation de fausses informations sur les réseaux sociaux est due en partie à la perte de confiance du public envers les autorités. Dans les dernières années, il y a eu un rejet de ce qu’on peut appeler l’establishement ou les sources d’informations officielles, surtout en ce qui concerne la santé et la politique, indique la Pre Brainard. Elle dit espérer que les autorités en santé publique tireront des leçons des travaux de son équipe.

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